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20 Nov

Love & Mercy

Publié par Platinoch

Un grand merci à ARP Selection pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le bluray du film « Love & Mercy » de Bill Pohlad.

« Ça me fait peur de ne pas comprendre d’où l’inspiration vient. Comme si quelqu’un d’autre était en moi. Que ferai-je si ça disparaissait et si je n’y arrivais plus ? »

 

Derrière les mélodies irrésistibles des Beach Boys, il y a Brian Wilson, qu’une enfance compliquée a rendu schizophrène.

Paul Dano ressuscite son génie musical, John Cusack ses années noires, et l’histoire d’amour qui le sauvera.

 

« Nous devons évoluer. Je ne peux pas chanter l’été toute ma vie. On n’est pas des surfeurs. D’ailleurs les surfeurs ne nous aiment pas ! »

 

Bill Pohlad s’était essayé une première fois à la réalisation. C’était en 1990. Le film (inédit en France), s’appelait « Old explorers » et était porté par le vétéran Jose Ferrer. Une expérience sans suite après laquelle Bill Pohlad a œuvré en qualité de producteur. Durant les quinze dernières années, il a ainsi travaillé sur des projets de films indépendants aussi importants que « Into the wild » (Sean Penn), « The tree of life » (Terrence Mallick) ou encore « 12 years a slave » (Steve McQueen). Il a également produit « The Runaways » de Floria Sigismondi, biopic retraçant les débuts des rockeuses Joan Jett et Cherie Currie. « Love & Mercy », évocation de la vie de Brian Wilson, le chanteur du groupe mythique The Beach Boys, est son deuxième film.

 

« N’écoute personne. Chante ce qu’il y a dans ton âme. Ne te laisse pas démonter. N’écoute que toi : c’est toi le génie »

 

La vie des chanteurs et des rockeurs semble être une véritable source d’inspiration pour les cinéastes. Il faut dire qu’il s’agit le plus souvent de personnages très charismatiqueset profondément exaltés. Avec en prime ce mystère qui entoure toujours le génie créatif et qui en font des personnages hors normes. Les biopics se sont ainsi multipliés ces dernières années sur nos écrans, évoquant notamment Johnny Cash (dans l’excellent « Walk the line »), Bob Dylan (« I’m not there »), Ray Charles (« Ray »), James Brown (« Get on up »), Joy Division (« Control ») ou encore Jimi Hendrix (« Jimi : all by my side »). Sans parler des films traitant de rockeurs de fiction (« Crazy heart », « Dreamgirls », « Country strong » ou encore « Ricki and the Flash »).A chaque fois, ces films nous racontent un peu la même histoire, celle de géants qui se révèlent fragiles, faillibles, et qui finissent par chuter de leur piédestal en pleine gloire avant de remonter la pente pas à pas, donnant ainsi lieu à une belle histoire de rédemption. La vie de Brian Wilson, principal interprète des Beach Boys et auteur des mythiques « Good vibrations », « I get around » ou « Wouldn’t it be nice » n’échappe malheureusement pas à cette règle. Marqué dès l’enfance par un père autoritaire et violent (il perd ainsi l’ouïe d’une oreille sous les coups paternels), Brian Wilson sera toute sa vie sujet à des fragilités psychologiques (il est notamment atteint de troubles bipolaires). Après une période « sexe, drogue et rock’n’roll » durant ses années de succès, il connaitra notamment une période terrible de dépression (marquée par une importante prise de poids) à l’issue de laquelle il sera placé sous la coupe d’un médecin autoritaire et malveillant, ne devant son salut qu’au combat que mènera celle qui deviendra son épouse. De manière très intelligente, le film évite toute narration linéaire et privilégie une construction en trois époques différentes qui s’entrelacent, mettant ainsi en miroir les années de gloire (les années 60), de chute (les années 70) et de renouveau (les années 80). Original par sa forme, le film sait également mettre les déboires personnels du héros entre parenthèses pour introduire de belles scènes de créations musicales en studio, qui viennent étoffer le portrait de Brian Wilson, afin de ne pas le réduire à son statut d'épave apathique. Malgré quelques petites longueurs, le film trouve un bel équilibre au son des musiques géniales des Beach Boys. Il offre également un très beau rôle de femme à Elizabeth Banks. A ses côtés, Paul Dano et John Cusack, les deux visages d’une même pièce, livrent tous deux une belle interprétation tout en sobriété. A noter encore une fois l’interprétation puissante de Paul Giamatti en gourou autoritaire. Plus complexe et élaboré sur la forme que la plupart des autres films du genre, « Love & Mercy » est au final un très bon biopic. Et une bonne occasion de redécouvrir les tubes des Beach Boys !

 

***

Le bluray : Le film est proposé en VF ainsi qu’en VOST dans une belle édition riche en bonus. En effet, outre un making-off très intéressant, le film propose des scènes coupées ainsi qu’une featurette consacrée à la genèse du film.

 

Edité par ARP Sélection, « Love & Mercy » sera disponible en dvd et en bluray à partir du 24 novembre 2015.

 

Le site de ARP Sélection se trouve ici, sa page facebook ici.

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Bob Morane 23/11/2015 10:44

Oui un très beau film, magnifiquement interprété qui souffre de quelques longueurs, mais original et quelles musiques !

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!