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03 Dec

La rage au ventre

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Drames

Un grand merci à M6 Vidéo pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le dvd de « La rage au ventre » réalisé par Antoine Fuqua.

« Pour la première fois ce soir, j’ai eu très peur pour toi. Tu ne peux plus boxer comme ça »

 

Orphelin au passé trouble, Billy Hope mène aujourd'hui une vie fastueuse avec sa superbe femme Maureen et sa fille Leila. Il a pu leur offrir cette vie de rêve grâce à ses titres de champion du monde de boxe. Tout ce monde parfait s'écroule lorsque sa femme est tuée. Au fond du trou, Billy est ruiné et perd la garde de sa fille qui lui est retirée, car la justice estime qu'il n'est plus apte à assumer son rôle de père. Alors que son entourage l'a abandonné, Billy tente de se reconstruire auprès de Tick Willis, un ancien boxeur aujourd'hui entraîneur et gérant d'une salle de boxe. Billy va devoir repartir en bas de l'échelle pour regagner la confiance et la garde de sa fille.

 

« Il faut mettre son âme dans ses gants »

 

En une quinzaine d’années, Antoine Fuqua est devenu l’un des spécialistes américains du film d’action. Avec une prédilection pour les univers de ghettos et autres bas-fonds des grandes villes américaines et des êtres qui les peuplent : drogués, paumés, minorités, gangs, petits caïds, etc... Fort du succès de « Training day », qui valait à Denzel Washington l’Oscar du meilleur acteur, le prolifique réalisateur a ainsi enchainé les films avec plus ou moins de réussite (« Les larmes du soleil », « Shooter tueur d’élite », « L’élite de Brooklyn », « La chute de la maison blanche » ou encore « Equalizer »). Alors qu’il travaillait à un projet de biopic du rappeur Tupac Shakur, Antoine Fuqua fut appelé à prendre les rênes de « La rage au ventre ». Un film indirectement inspiré de la vie d’Eminem et qui devait être une suite non-officielle de « 8 mile ». D’ailleurs il était question un temps que le rôle principal échoit au célèbre rappeur avant que celui-ci ne jette finalement l’éponge, se contentant d’en signer la bande musicale.

 

« Je sais que tu souffres mais pour te relever tu dois absolument remonter sur le ring »

 

De tous les sports, la boxe est certainement celui qui est le plus cinégénique. Il faut dire qu’il y a quelque chose de particulièrement héroïque chez ces combattants qui, à l’instar des gladiateurs dans l’arène, montent sur le ring pour gagner leur honneur dans la douleur, la sueur et le sang. Le noble art est ainsi devenu tout naturellement un genre cinématographique à part entière. Avec ses codes, ses fans et ses chefs d’œuvres (« Gentlman Jim », « Requiem pour un champion », « Nous avons gagné ce soir », « Rocky », « Raging bull », ou encore le récent « Warrior »). Spécialiste des films d’action et des héros borderline, Antoine Fuqua se devait de réaliser tôt ou tard un film sur la boxe. « La rage au ventre » est ainsi un peu construit à la manière de « Rocky », le récit débordant largement le ring pour se concentrer principalement sur le destin d’un boxeur. En l’occurrence Billy Hope, un orphelin que la vie n’a pas épargné et qui s’est bâti, match après match, une carrière et un palmarès exemplaire. Une belle revanche sur la vie, jusqu’à ce que le destin ne le rattrape et ne lui fasse tout perdre (famille, fortune, honneur). On l’aura compris, la boxe est ici une métaphore de la vie, un combat durant lequel il se peut que l’on chute, que l’on s’effondre mais dont on pourra toujours se relever à force de courage et d’abnégation. A l’évidence, Anthoine Fuqua semble prendre un réel plaisir à filmer cet univers et nous livre d’ailleurs de très belles scènes de boxe, particulièrement efficaces et bien orchestrées. On a en revanche un peu plus de mal avec le personnage principal, un peu caricatural (Jake Gyllenhaal en mode gangsta rap, avec tatouages et étalage de bling-bling) et pas forcément très sympathique, pour lequel il n’est pas toujours évident d’éprouver de l’empathie. On apprécie davantage le regard critique que le réalisateur porte sur ce milieu, qu’il décrit avant tout comme un business particulièrement cynique. On apprécie également la dimension sociale du film, le portrait de ces quartiers difficiles où la boxe (et le sport en général) apparait comme un apprentissage de la vie (de la rigueur, du travail, du respect) autant qu’un échappatoire pour une jeunesse cherchant à fuir la misère et la rue. Adepte des rôles physiques, Jake Gyllenhaal est habité par son rôle et campe un boxeur très crédible, bien entouré en cela d’un Forrest Whitaker qui retrouve son habituel rôle de vieux sage. A noter les apparitions très brèves mais très convaincantes de Rachel McAdams et de 50 cents.

 

**

Le dvd : Le film est proposé en VF ainsi qu’en VOST. Il est accompagné de scènes coupées, d’un making-of (« Sur le ring ») et d’une interview de son acteur principal, Jake Gyllenhaal.

 

Edité par M6 Vidéo, « La rage au ventre » est disponible en dvd ainsi qu’en bluray (proposé dans une très belle édition steelbook) depuis le 25 novembre 2015.

 

Le site de M6 Vidéo est ici. Sa page Facebook est ici.

 

La bande annonce est consultable ici

 

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Bob Morane 03/12/2015 16:06

Même si ce film mérite sans doute le détoure, je n'ai jamais été fan du genre résumant : boxe = bestialité, toute symbolique de la vie que ce soit, malgré quelques bons films cependant comme l'excellent "Nous avons ce soir"

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!