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31 Jan

Mémoires de jeunesse

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Drames, #Films de guerre

Un grand merci à TF1 Vidéo ainsi qu’à Thierry Videau pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le dvd du film « Mémoires de jeunesse » de James Kent.

« Je dois m’engager. Y aller. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de participer à un évènement de cette envergure. Je ne peux pas me décharger sur les autres. »

 

Printemps 1914. Jeune femme féministe à l’esprit frondeur, Vera Brittain est résolue à passer les examens d’admission à Oxford, malgré l’hostilité de ses parents particulièrement conservateurs. Décidée à devenir écrivain, elle est encouragée et soutenue par son frère et sa bande d’amis – et notamment par le brillant Roland Leighton dont elle s’éprend. Mais les rêves de Vera se brisent au moment où l’Angleterre entre en guerre et où tous les jeunes hommes s’engagent dans l’armée. Elle renonce alors à écrire pour devenir infirmière. Tandis que la jeune femme se rapproche de plus en plus du front, elle assiste avec désespoir à l’effondrement de son monde.

 

« Roland ne mourra pas jeune. Il est né pour accomplir de grandes choses »

 

Passionné d’Histoire et par les grandes figures du vingtième siècle, l’anglais James Kent a tout d’abord débuté une carrière de documentariste par laquelle il obtint une certaine reconnaissance. De quoi attirer l’attention de la télévision qui fit progressivement appel à lui comme réalisateur de fictions historiques, qu’il s’agisse de séries en costumes ou de téléfilms consacrés à la vie de personnalités (H.G. Wells, Margareth Thatcher ou encore Vida Winter). Avec « Mémoires de jeunesse », il franchit une nouvelle étape en réalisant son premier long de cinéma. Le film est une adaptation du best-seller éponyme de la célèbre féministe et pacifiste britannique Vera Brittain (1893-1970), qui fut considéré à sa sortie en 1933 comme le témoignage et le cri de toute une génération sacrifiée. Ce dernier avait déjà fait l’objet d’un projet d’adaptation cinématographique avorté en 1934 avant d’être adapté une première fois en minisérie pour la BBC en 1979.

 

« J’ai senti au beau milieu de ce paysage de désolation une présence bien plus grande que tout le reste. Alors j’ai su, mon cher ami, que je te reverrai. Dans ce monde ou dans l’autre. »

 

Les films de guerre se sont longtemps bornés à la Seconde guerre mondiale et à la Guerre du Vietnam, probablement en raison de leur caractère plus contemporaines et plus glorifiantes. Plus lointaine, plus inhumaine, la Première guerre mondiale a toujours eu quelque chose d’indicible. D’inmontrable. De tabou. Passées les années 30 (« A l’ouest rien de nouveau », « Les croix de bois », « La grande illusion », « Sergent York »), les films consacrés à ce conflit se sont faits de plus en plus rares (citons « Les sentiers de la gloire », « Johnny s’en va t’en guerre », « Gallipoli », « Fort Saganne », « La vie et rien d’autre »). Jusqu’à l’approche du centenaire de ce conflit, qui semble avoir relancé l’intérêt des cinéastes pour cette période. « Mémoires de jeunesse » s’inscrit donc dans cette logique du témoignage. Du devoir de mémoire. Avec beaucoup de délicatesse, James Kent tisse donc un joli film historique, comme seuls les britanniques savent les faire, avec une très belle reconstitution de l’époque (type « Downton Abbey »), des beaux paysages de landes et un maniérisme exquis (qui rappelle un peu le « Bright star » de Jane Campion). La force du film tient également à sa vision générale du conflit : il ne comporte à proprement parler aucune véritable scène de bataille. Au contraire, il s’intéresse principalement à cette génération sacrifiée. A cette jeunesse fauchée, brisée, alors que l’avenir s’ouvrait devait elle. A ces jeunes hommes, talentueux, pleins d’ambitions et d’espoirs. A ces jeunes femmes, pleines de rêves et d’amour. A ces familles, qui porteront à jamais le chagrin des vies brisées. C’est avant tout à eux que ce film rend un vibrant et émouvant hommage. D’ailleurs le titre original, « Testament of youth », semble beaucoup plus éloquent. « Mémoires de jeunesse » est également un magnifique portrait de femme libre, progressiste et engagée, à une époque où la condition féminine n’était pas avancée. Il rend également un vibrant hommage à leur courage et à leur engagement dans ce terrible conflit. Pour son premier film, James Kent signe donc un coup de maitre, « Mémoires de jeunesse » étant à la fois un magnifique film historique, pacifiste, et un drame bouleversant.

 

****

Le dvd : le film est proposé en VF et en VO. Des sous-titres optionnels en français et en français pour les malentendants sont également proposés. Côté bonus, un court making-of vient compléter cette édition.

 

Edité par TF1 Vidéo, « Mémoires de jeunesse » est disponible en dvd et en blu-ray dans les bacs depuis le 27 janvier 2016.

 

La page Facebook de TF1 Vidéo est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!