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13 Jan

Résistance (Bitva za Sevastopol)

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films de guerre

Un grand merci à Seven7 de m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le dvd du film « Résistance » de Sergei Mokritsky.

« Je n’ai jamais tué un homme. Je n’ai tué que des fascistes »

En 1941, Hitler décide de s’emparer du port stratégique de Sébastopol.

 

L’aviation et l’artillerie allemandes vont pilonner sans relâche le dernier bastion de l’armée rouge.

 

Sous ce déluge de feu, une jeune femme russe va se révéler être une tireuse d’élite hors pair et semer la panique dans le camp allemand. Les combats vont être meurtriers.

 

Blessée par un éclat d’obus, elle va continuer à se battre sur le terrain diplomatique pour changer le cours de l’histoire.

 

« Elle était investie d’un talent indispensable à tout tueur d’élite : le don de ne pas se faire remarquer »

 

La seconde guerre mondiale a donné lieu à pléthore de films. Dont l’écrasante majorité a été produite par les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou la France. Naturellement, ces films traitent essentiellement des batailles menées par les alliés occidentaux, chacun glorifiant la bravoure de ses hommes et leur sacrifice. De fait, rares ont été sur nos écrans les films traitant du front de l’est et des batailles en terres soviétiques. Alors même que c’est sur ces terres que cette guerre fut la plus meurtrière et la plus terrible. On se souvient bien sûr du « Le temps d’aimer et le temps de mourir » de Sirk. Des « Croix de fer » de Peckinpah. Ou plus récemment encore « Les insurgés » de Zwick. Mais le film le plus marquant dans ce domaine reste sans doute « Stalingrad » de Jean-Jacques Annaud qui rendait hommage à Vassili Zaïtsev et à travers lui à la bravoure des snipers soviétiques. Avec « Résistance », Sergei Mokritsky rend hommage à une autre héroïne de la lutte armée soviétique, en l’occurrence Lyudmila Pavlichenko, qui fut créditée de 309 victoires en tant que tireur d’élite.

 

« C’est tellement dommage que les gens ne voient pas la femme qui est en vous »

 

De prime abord, « Résistance » revêtait un intérêt cinématographie certain : celui de voir enfin un film russe traitant des batailles du front de l’est. Une partie pas forcément facile, puisque les batailles évoquées ici (Odessa et Sebastopol) se sont soldées par des défaites pour l’Armée Rouge. Sur la forme, le résultat s’avère satisfaisant. Sans être omniprésentes et hyper spectaculaires, les scènes de bataille sont correctes, sans jamais trop verser dans le réalisme gore, tandis que la reconstitution de l’époque demeure de bonne facture. Sur le fond en revanche, le résultat est plus compliqué. On sait en effet que la Russie est en proie à un nationalisme exacerbé qui se traduit souvent par la prise de libertés historiques. En la matière, on s’étonnera de cette vision de l’Ukraine soviétique des années 30 particulièrement insouciante et opulente, dans laquelle la suspicion, la peur et la famine (quid de la grande famine ukrainienne de 1933 ?) ne semblent pas exister. Il en va de même avec l’humanisme et la bienveillance qui semblent de mise, même au sein de l’Armée Rouge (qui sacrifia sciemment et sans scrupule des centaines de milliers d’hommes dans des batailles perdues d’avance). Alors bien sûr, quelques détails sont là pour nous rappeler le caractère autoritaire du régime de l’époque (le superviseur de la tournée américaine, le commissaire politique qui décide le retour immédiat de l’héroïne sur le front comme acte de propagande alors qu’elle est grièvement blessée, la petite fille qui interprète un violent appel au meurtre des allemands). A cette vision quelque peu édulcorée de la réalité historique, il faut ajouter le parti pris un peu discutable de donner une importance par moment prépondérante à la vie sentimentale de l’héroïne plutôt qu’au récit de guerre. Un équilibre scénaristique difficile, qui rapproche un peu « Résistance » d’un film comme le « Pearl Harbour » de Michael Bay. Au final, on se retrouve avec un film pas désagréable à regarder mais qui laisse quand même un peu le spectateur sur sa faim. Mokritsky réalise cependant un bel hommage à la bravoure de ces hommes et ces femmes qui se sont sacrifiés pour défendre leur pays. Et un joli portrait de femme.

 

**

Le dvd : Le film est proposé en VF et VO. Des sous-titres optionnels français sont également disponibles. Côté bonus, un deuxième dvd contenant le documentaire « La 2e Guerre Mondiale » soit 2 heures d’archives sur le conflit le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité.

 

Edité par Seven7, « Résistance » est disponible en dvd et en bluray. Le film sera disponible dans les bacs le 18 janvier 2016.

 

Le site internet de Seven7 est disponible ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!