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07 Feb

Jeanne d'Arc

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films Politiques-Historiques

Un grand merci à l’Atelier d’images et à The Corporation pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray de « Jeanne d’Arc » de Victor Fleming.

« Connaissez-vous la prophétie ? On dit qu’une pucelle de Lorraine sauvera la France »

France 1428. Jeanne, jeune et innocente paysanne, est guidée par des voix célestes. Elle est alors convaincue que la volonté de Dieu est de libérer la France de l’oppression anglaise. Portée par sa foi et son courage, elle demande une audience auprès de Charles VII, le dauphin de France pour pouvoir lever une armée. Découvrez l’incroyable histoire de Jeanne d’Arc, sainte libératrice de France au destin tragique.

« J’ai parlé haut et fort pour que l’on me suive. Je croyais la victoire belle. Elle s’avère horrible. »

De façon très étonnante, le mythe de Jeanne d’Arc a réussi à traverser les âges et les époques sans prendre (trop) de rides. De tous temps, il a en tous cas réussi à passionner les artistes et les conteurs de tous bords, qu’ils soient peintres (Ingres), auteurs (Péguy, Voltaire, Brecht) ou cinéastes (Cecil B. DeMille, Preminger, Rivette ou encore Besson). Encore jeune comédienne (et pas encore star de Cinéma), la jeune Ingrid Bergman interprète sur les planches la pièce « Joan of Lorraine » de Maxwell Anderson, tombant ainsi sous le charme de ce personnage de femme libre et jusqu’au-boutiste, qui, comme elle, endura une jeunesse ponctuée de difficultés (Ingrid Bergman perdit notamment ses parents alors qu’elle n’était encore qu’une enfant) et de pauvreté avant de connaitre un destin hors normes. Dès son arrivée à Hollywood, à la fin des années 30, Bergman rêve de reprendre le rôle de la Pucelle d’Orléans sur grand écran. En vain. Ce n’est qu’une fois libérée de son contrat avec le producteur David O. Selznick qu’elle pourra développer ce projet de façon indépendante. L’actrice créera ainsi pour l’occasion sa propre société de production et engagera le réalisateur Victor Fleming, le spécialiste des épopées en Technicolor qui est alors l’une des valeurs sûres de l’époque (il signa coup sur coup quelques années plus tôt « Le magicien d’Oz » et « Autant en emporte le vent ») et dont ce sera le dernier film (il décède deux mois après la fin du tournage). Nommé sept fois aux Oscars (dont meilleure actrice pour Bergman et meilleur acteur dans un second rôle pour José Ferrer), le film remportera deux statuettes (meilleurs costumes et photographie). Il marque surtout la fin d’un cycle puisqu’un an plus tard, Ingrid Bergman quittera Hollywood pour l’Europe, abandonnant mari et enfants pour Roberto Rossellini, provocant un vif scandale qui lui vaudra d’être blacklistée à Hollywood pendant près de sept ans.

« Pour moi vous êtes plus qu’une reine. Vous êtes la France. Et la France est à vous. Vous avez trouvé une France agonisante et vous l’avez abreuvé de victoires. Vous avez formé une nouvelle Nation. »

« Jeanne d’Arc » est un film d’un autre temps. D’une époque où l’on se servait du Technicolor pour donner vie à des fresques historiques épiques dotées d’une dimension morale et religieuse particulièrement prégnante. Comme à son habitude, Victor Fleming découpe son film en de nombreuses scénettes reprenant dans l’ordre chronologique les principaux évènements constitutifs de l’épopée de Jeanne d’Arc, de sa jeunesse à Domrémy jusqu’au bûcher de Rouen. Très bien documenté et très respectueux des détails, le film livre une fresque particulièrement minutieuse et fidèle de la vie de la célèbre Pucelle et de sa légende. Toutefois, aussi respectueux soit-il, le film souffre également du côté quelque peu austère de son sujet. Ainsi, si la première moitié du film, consacrée à la construction et à l’ascension du mythe de Jeanne (son départ de Lorraine, la libération d’Orléans, le couronnement de Charles VII) se révèle plutôt prenante, la seconde partie, consacrée au procès et aux doutes de Jeanne, se fait plus statique, même si elle a le mérite de montrer finement l’iniquité de ce dernier. En dépit des affres du temps, qui lui ont donné un petit coup de vieux (les scènes de bataille notamment), le film brille par la beauté de ses décors et de ses costumes (très belle reconstitution) ainsi que par la performance habitée de son interprète principale, Ingrid Bergman. Et annonce indirectement les grandes fresques historico-bibliques qui fleuriront sur les écrans au cours de la décennie suivante.

 

***

Le blu-ray : « Jeanne d’Arc » est proposé dans une très belle et très riche édition. Tout d’abord, le film est disponible dans ses deux versions, à savoir la version cinéma (100 min.) et surtout la version intégrale et restaurée (145 min.). Dans les deux cas, le film est présenté en VO avec des sous-titres français. Côté bonus, le film est accompagné d’un entretien avec Marine Baron (biographe d’Ingrid Bergman), d’une analyse des deux montages du film et de divers documents d’archives, notamment des extraits d’interviews d’Ingrid Bergman et de sa fille Isabella Rossellini, ou encore une chronique radiophonique datant de la sortie du film en 1949.

Edité par l’Atelier d’Images et The Corporation, « Jeanne d’Arc » est disponible en dvd et en blu-ray. Le film est disponible dans les bacs depuis le 2 février 2016.

La page Facebook de The Corporation est disponible ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!