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05 Apr

The walk: rêver plus haut

Publié par Platinoch

Un grand merci à Sony Pictures Entertainment ainsi qu’à l’Agence Cartel pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le dvd de « The walk : rêver plus haut » de Robert Zemeckis.

 

« Je ne crois pas aux autorisations. Où que j’aille, je me mets en quête de l’endroit idéal où tendre mon fil »

 

Le funambule Philippe Petit, avec l’aide de son mentor, Papa Rudy, et d’une bande de passionnés de tous horizons, va surmonter les pires obstacles, vaincre les trahisons, les dissensions, et prendre les risques les plus insensés pour exécuter le plus fou de tous les paris : passer d’une tour à l’autre du World Trade Center en marchant sur un fil tendu au-dessus du vide…

 

« Tu appelles ça de la haute voltige ? Moi je trouve que ça ne volait pas bien haut ! »

 

Ex-poulain de Steven Spielberg (qui accepte notamment d’être producteur exécutif de ses deux premiers films), Robert Zemeckis accède dès le début des années 80 à la célébrité grâce au succès du film « A la poursuite du diamant vert », comédie d’aventures portée par Michael Douglas. Un succès qui lui ouvre toutes les portes et qui lui permet notamment de réaliser un projet sur lequel il travaille depuis des années et dont aucun studio ne voulait jusqu’alors. Ce sera « Retour vers le futur », premier volet d’une trilogie au succès planétaire qui fera du réalisateur l’un des rois de l’Entertainment américain. Sa carrière se développera au gré de ses deux passions : l’Histoire et le voyage dans le temps (« Retour vers le futur », « Forrest Gump ») et les progrès technologiques, qui lui permettent de repousser toujours plus loin les limites de son imagination débordantes. On lui doit ainsi l’excellent « Qui veut la peau de Roger Rabbit ? », film mêlant dessin-animé et cinéma en prises directes. Il consacrera également la décennie des années 2000 à expérimenter la technologie de la motion capture, dont il restera trois films aux résultats mitigés (« Le Pôle Express », « La légende de Beowulf » et « Le drôle de Noël de Scrooge »). Ce n’est qu’en 2012, après plus de douze ans d’absence, qu’il revient au cinéma en prises réelles avec « Flight ». En projet depuis près de dix ans, son nouveau film « The walk : rêver plus haut » est une adaptation du livre autobiographie du funambule français Philippe Petit, « To reach the clouds », dans lequel il revient sur son plus bel exploit : la traversée sur un fil, en 1974, entre les deux tours du World Trade Center. A noter que cet exploit avait déjà fait l’objet d’un documentaire, « Le funambule », qui avait remporté en 2009 l’Oscar du meilleur documentaire.

 

« J’ai un pied sur le bâtiment, un pied sur le fil, et le monde s’estompe peu à peu »

 

« The walk : rêver plus haut » a un atout majeur : son sujet. Un fait divers marquant, un exploit individuel hors normes et visuellement très cinématographique. Il a également le défaut de ses qualités : un homme qui marche sur un fil, même à plus de 400 mètres au-dessus du sol, ne suffit pas à faire un film. Et cela se sent. A la vérité, le film de Zemeckis souffre d’un gros déséquilibre dans sa construction : sa première partie, qui revient sur l’éveil de Philippe Petit pour l’équilibrisme, se révèle assez laborieuse. Le héros apprend le métier dans un cirque puis dans les rues d’un Paris de carte postale pour touriste (béret, baguettes, vélos, pinard, hommage appuyé au Mime Marceau et en prime Claude François en fond sonore) et le scénario donne un peu l’impression de tourner en rond. Même sa rencontre avec la belle Annie (délicieuse Charlotte Le Bon) ou avec son futur photographe attitré (Clément Sibony) n’apportent pas grand chose si ce n’est à étoffer le décorum. La deuxième partie du film, centrée sur la préparation du « coup » du World Trade Centre et construite comme un film de casse (avec recrutement de « complices »), se révèle déjà plus efficace et plus prenante. Dommage toutefois que le réalisateur fasse le choix de ne pas développer davantage ses personnages secondaires. Mais c’est surtout dans sa troisième et dernière partie que le film prend son envol et trouve sa grâce et sa raison d’être : le héros réussit l’installation de son câble et s’affranchit de toutes les lois (pénales comme gravité) pour réaliser son rêve. En équilibre sur son fil, il enchainera les figures et dans une série de gestes gentiment anarchistes et provocateurs, il sidèrera la foule et se jouera de la police. Là encore, le choix narratif de Zemeckis surprend, le réalisateur optant pour une voix-off omniprésente par laquelle le héros décrit de façon (trop) didactique la moindre de ses sensations, privant un peu le spectateur de son propre ressenti. Vraiment dommage, tant la qualité de la reconstitution des tours et de l’exploit du célèbre funambule s’avère bluffante. Mais il serait injuste de réduire « The walk » à la seule traversée de Philippe Petit. Au fond, le film est aussi (et avant tout) un hommage appuyé aux tours jumelles du World Trade Center, symbole d’une Amérique toute puissante autant que d’une Amérique blessée. Le film est aussi un hommage nostalgique à une époque plus légère et insouciante, où les complots avaient des objectifs aussi simples et positifs que le dépassement de soi et non des visées terroristes et meurtrières. Le pari de Zemeckis était donc risqué, pour ne pas dire casse-gueule. Le résultat est sympathique mais laisse tout de même le spectateur un peu sur sa faim.

 

 

**

Le dvd : Le film est disponible en versions anglaise, française, italienne, ainsi qu’en audiodescription. Des sous-titres optionnels français, anglais, arabe, hindi, italien, néerlandais et polonais sont également proposés. Le film est accompagné d’un bonus, « Les piliers », un documentaire d’une durée de 8 minutes.

 

Edité par Sony Pictures Entertainement, « The walk: rêver plus haut » est disponible en dvd, blu-ray et en combo steelbook blu-ray 3D+blu-ray depuis le 9 mars 2016.

 

Le site Internet de Sony Pictures est ici. Sa page Facebook est ici.

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