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02 Jul

L for Leisure

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Inclassables, #experimental

Un grand merci à Shellac pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le dvd du film « L. for Leisure » de Whitney Horn et Lev Kalman.

 

L_for_leisure« Si c’est la fin de l’Histoire, que l’américanisation du monde est courue d’avance et que la plus grande décision qu’il nous restera à prendre sera où aller faire du shopping alors bien sûr, le scénario post-apocalyptique dans lequel on ne pourrait compter que sur notre intelligence ou notre force physique pour survivre devient une alternative beaucoup plus sexy »

 

Dans l’Amérique des années 90, entre drague adolescente, lutte gréco-romaine et sieste mellow, un groupe d’étudiants nous emmène dans son questionnement sur la vie : le spleen américain !?

 

« Le concept de guerre des races, c’est comme la bombe nucléaire. Une fois qu’il a été inventé, on ne peut plus revenir en arrière et le désinventer »

 

L_for_leisure_1Jeunes trentenaires, les deux réalisateurs new-yorkais Lev Kalman et Whitney Horn se sont rencontrés au début des années 2000 sur les bancs de la prestigieuse Université de Columbia, réunis par une même passion pour le Septième art et les arts visuels en général. Malheureusement pour eux, leur université ne propose pas de cursus spécialisé dans les métiers de l’image et de la production cinématographique. C’est donc sur le tas et en amateurs qu’ils apprendront leur métier, en réalisant de façon totalement artisanale et fauchée leurs premiers courts-métrages pour lesquels ils font régulièrement appel à leurs amis pour officier devant et derrière la caméra. Entre 2004 et 2009, ils réaliseront ainsi une poignée de courts-métrages (« Blood stew », « Jazz Christmas », « Dear Santa ») remarqués dans les festivals « underground » pour leur tonalité décalée. Ce qui leur donnera l’opportunité de réaliser deux clips pour le groupe Aa. Après un petit crochet le temps d’une web-série, ils réalisent en 2009 « Blondes in the jungle », un moyen-métrage déjanté sur des adolescentes partant au Honduras sur les traces de la Fontaine de jouvence, primé dans de nombreux festival (Rotterdam, Chicago…). Cinq ans plus tard, ils signent avec « L. for Leisure » leur premier long-métrage.

 

« La biologie ne limite pas nos possibilités. Elle est la preuve que l’Histoire n’est pas finie. Et que ce que l’on appelle des règles ou des lois ne font que décrire ce qui est arrivé avant »

 

L-for_leisure« Leisure ». Ou littéralement, en français, « Loisirs » ou « Temps libre ». Pour leur premier long métrage, Lev Kalman et Whitney Horn décident de suivre un groupe de jeunes durant le temps de leurs études en ne les filmant que pendant leurs vacances. « L. for leisure » est ainsi construit comme une suite d’une dizaine de scénettes, de vignettes, durant lesquelles ces étudiants laissent de côté leurs préoccupation intellectuelles pour se consacrer à des activités plus récréatives et à des préoccupations de leur âge. Sans véritable fil scénaristique conducteur, nous suivons donc cette joyeuse bande faire des indigestions de gâteaux, faire du sport, voyager, ou passer une nuit blanche à tenter de séduire des jeunes filles. Avec en filigrane une évolution des personnages qui passent progressivement vers l’âge adulte. Chaque scénette est ainsi entrecoupée de plans naturalistes et/ou loufoques (scènes de danse ou de luttes) bercés par une douce et euphorique musique électronique. A l’évidence, de par son format étrange, sa structure narrative en forme de puzzle, son côté un peu cheap, sans oublier le jeu parfois un peu approximatif de ses acteurs, « L. for Leisure » relève davantage du cinéma expérimental que du véritable cinéma d’exploitation. Une sorte de cousin très lointain (et beaucoup plus barré et fauché !) du « Boyhood » de Richard Linklater. Avec un humour souvent assez décalé en prime (les tirades sur la fin du monde, les pétards à la noix de muscade). Il n’empêche, en dépit d’un format narratif très particulier et parfois déroutant, il flotte sur ce premier film un véritable vent de liberté, de légèreté et de fraicheur.

 

L_for_leisure_3

 

***

 

Le dvd : Présenté en édition spéciale, dans un très beau coffret rappelant les disques vinyles, le film est proposé en version originale américaine avec sous-titres optionnels français.

 

Côté bonus, le film est accompagné du moyen-métrage « Blondes in the jungle » signé par les mêmes réalisateurs en 2009. Ce dernier est proposé en version originale américaine et, malheureusement, seuls des sous-titres optionnels anglais sont proposés.  Cette très belle édition comprend également un très joli livret en couleur, contenant des interviews des réalisateurs ainsi que la genèse du film, le tout accompagné de photos du film. Il s’agit là, esthétiquement, d’un très bel objet.

 

Edité par Shellac, « L. for Leisure » est disponible en dvd depuis le 5 juillet 2016.

 

Le site Internet de Shellac est ici. Sa page Facebook est ici.

 

L_for_leisure_DVD

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!