Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 Jul

Série noire pour une nuit blanche

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers

Un grand merci à Elephant Films pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Série noire pour une nuit blanche » de John Landis.

 

Serie_noire_pour_une_nuit_blanche« Vous souriez, c’est que la situation n’est pas si désespérée »

 

Ed Okin ne contrôle plus sa vie. Il est insomniaque, sa femme le trompe et son travail est sans intérêt. Une nuit qu'il erre au hasard en voiture, il se retrouve au parking de l'aéroport de Los Angeles. Peu de temps après Diane, une magnifique jeune femme, saute dans sa voiture et la somme de démarrer car ils sont poursuivis par quatre Iraniens. Une folle course poursuite s'ensuit dans les rues de la ville...

 

« Un peu d’affection ? Quelle perversité ! »

 

Into_the_nightCinéphile compulsif, passionné par tout ce qui à trait de près ou de loin au cinéma, le jeune John Landis était dès son plus jeune âge déterminé à faire carrière à Hollywood. Quitte à abandonner prématurément ses études pour intégrer la 20th Century Fox en qualité de coursier. Son audace et sa persévérance sont rapidement récompensées : le jeune homme monte rapidement en grade (cascadeur puis assistant de production) et réalise à 23 ans seulement son premier film « Schlock » (1973) qu’il auto produit. Mais c’est quatre ans plus tard, avec son film à sketchs « Hamburger film sandwich » (1977), que le réalisateur rencontre subitement le succès. Dès lors, les succès s’enchainent (« American college » en 1978, « The Blue brothers » en 1980, « Un fauteuil pour deux » en 1983) et John Landis s’impose comme l’un des rois de la comédie US de ce début des années 80. Michael Jackson fait même appel à lui pour réaliser le clip de son mythique « Thriller ». Un élan quelque peu cassé par « La quatrième dimension » en 1983, durant le tournage duquel un accident se produit lors d’une cascade en hélicoptère, causant la mort accidentelle de trois acteurs (Vic Morrow, le papa de l’actrice Jennifer Jason Leigh et de deux enfants). Une épreuve qui met un frein à la carrière de Landis. Ce dernier revient en 1985 avec « Série noire pour une nuit blanche », hommage aux films noirs des années 50 et premier film sombre (et catarthique?) du réalisateur qui connaitra à cette occasion son premier échec au box-office. Après plusieurs comédies insipides, il retrouvera le succès au tournant des années 90 au côté d’Eddie Murphy avec « Un prince à New-York » (1988) et « Le flic de Beverly Hills 3 » (1994), avant de se retirer peu à peu à la fin des années 90.

 

« La vérité c’est qu’elle avait besoin d’aide et que je me suis retrouvé au bon endroit au mauvais moment »

 

Serie_noire_David_BowieEd est définitivement un homme au bout du rouleau : son travail ne l’intéresse plus, sa femme le trompe et une routine mortelle s’est emparée de sa vie. Au point de ne plus pouvoir dormir. Alors qu’il vagabonde une nuit d’insomnie, il se retrouve soudain embarqué au côté d’une belle blonde en cavale dans une folle course-poursuite à travers Los Angeles. Rêve éveillée ? Cauchemar ? Réalité ? Jusqu’au bout du film, le doute subsistera. Il faut dire qu’un doux parfum d’étrange flottera jusqu’au bout sur cette virée nocturne, peuplée de personnages bizarres (un sosie d’Elvis, une starlette de cinéma nunuche et son producteur camé, une ancienne princesse iranienne...), ponctuée d’apparitions de célèbres figures hollywoodiennes (Jonathan Demme, David Cronenberg, Don Siegel, Paul Mazursky), où tout sonne faux jusque dans les décors en carton pâte des studios de cinéma. Même les tueurs à gages ont des visages étrangement familiers (David Bowie, Roger Vadim). Une faune sauvage que Ed traverse avec détachement et flegme, promenant son allure dégingandée d’un bout à l’autre de la nuit et sauvant à plus d’une reprise la vie de cette poupée trop belle pour lui. Hommage aux grands films noirs ainsi qu’à tout un pan de cinéma hollywoodien (on pense notamment au « Privé » de Robert Altman, à « Chinatown » de Polanski, aux films de Huston...), ce « Série noire pour une nuit blanche » surprend par son ambiance éthérée, par son rythme nonchalant et par son second degré salutaire, qui apparait toujours lorsque le film semble prendre une respiration (génial échange en pleine nuit avec un David Bowie flippant de cynisme, ou ce retournement de situation lorsque l’héroïne se sert d’un policier pour mettre en déroute trois tueurs à gages). Ce qui n’empêche pas le film de s’emballer lors de belles scènes d’action (à l’aéroport notamment, où encore chez un mafieux iranien). Un voyage au bout de la nuit flippant mais étonnamment toujours joyeux et lumineux, souvent jouissif (en dépit d’un scénario un peu trop étiré et dont on finit un peu par perdre le fil) et porté par un duo magique de comédiens magique, à savoir l’excellent Jeff Goldblum et son allure de Droopy et la belle Michelle Pfeiffer qui aura été rarement aussi craquante que dans ce film à dormir debout.

 

Serie_noire_Michelle_Pfeiffer

 

***

 

Le blu-ray : Le film est proposé en version originale américaine et en version française (toutes deux en 2.0). Des sous-titres optionnels français sont également disponibles. Côté bonus, le film est accompagné de deux modules documentaires : « Sound (And Vision) - Partie 2 » : David Bowie par Christophe Conte, journaliste aux Inrockuptibles (10’) et Hommage à David Bowie par Jean-Pierre Dionnet (5’) . Des bandes-annonces et les credits des disques viennent compléter cette très belle édition, agrémentée d’un livret collector « David Bowie et les années 80, la passion de la métamorphose » de Stéphane du Mesnildot des Cahiers du Cinéma (24 pages).

 

Edité par Elephant Films, « Série noire pour une nuit blanche est disponible » est disponible dans une très belle édition combo DVD+Blu-ray depuis le 1er juin 2016.

 

Le site Internet de Elephant Films est ici. Sa page Facebook est ici.

 

Commenter cet article

Archives

À propos

Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!