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26 Aug

600 miles

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers

Un grand merci à Seven Sept pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « 600 miles » de Gabriel Ripstein.

 

600_miles« Avez-vous d’autres questions à propos de cette arme ? »

 

Arnulfo Rubio fournit des armes à un cartel mexicain extrêmement dangereux. Agent de l’ATF, Hank Harris tente de l’appréhender, mais de ce fait, se fait kidnapper par Rubio. Pensant que Hank possède beaucoup d’informations quant aux enquêtes en cours, Rubio décide de le conduire à ses patrons, mais 600 miles est un long trajet à parcourir…

 

« Tu ne penses vraiment qu’à faire des conneries... On va finir par se faire repérer ! »

 

600_milesRare sur nos écrans, où seuls les films présentés et primés dans les grands festivals internationaux parviennent à se faire une place (« Amours chiennes » en 2000, « Y tu mama tambien » en 2001), le cinéma mexicain reste pour le moins méconnu de par chez nous. Tout juste sait-on que ses réalisateurs et ses scénaristes les plus talentueux ont franchi les frontières pour travailler à Hollywood ou en Europe. A l’image du multi-oscarisé Alejandro Inarritu (« Babel », « Birdman », « The revenant »), d’Alfonso Cuaron (« Gravity »), de Guillermo Arriaga ou encore de Guillermo Del Toro (« Le labyrinthe de Pan », « Hellboy », « Pacific Rim »). Fils du célèbre et prolifique réalisateur mexicain Arturo Ripstein, Gabriel Ripstein était jusqu’ici essentiellement connu pour ses activités de producteurs (notamment des derniers films de son père). Il signe avec « 600 miles » sa première réalisation. A noter que le film a été récompensé du Prix du Meilleur Premier Film au Festival de Berlin et qu’il a été sélectionné en 2016 pour représenter le Mexique dans la course à l’Oscar du meilleur film étranger.

 

« 47 achats la semaine dernière. Il n’y a plus un seul AR15 dans toute la région. A croire qu’ils vont tous s’entretuer ! »

 

600_miles_rothAu cinéma, le Mexique est le plus souvent synonyme de mafias, de cartels et de trafics en tous genres. Avec « 600 miles », Ripstein reprend à son compte cette thématique en replaçant la frontière comme centre névralgique de tous les trafics. Une sorte de zone de tous les dangers, séparant l’offre (les USA) de la demande (le Mexique), où policiers et trafiquants se livrent au jeu mortel du chat et de la souris. Pris en otage suite à une arrestation manquée, un policier américain va ainsi se retrouver contraint de faire la traversée à bord du 4x4 d’un jeune trafiquant mexicain. Le réalisateur nous embarque alors pour un road-movie de 600 miles (965 km) de long. Un périple étrange, dans le huis clos d’une automobile où les deux personnages antagonistes vont être contraints de faire connaissance. Et qui sait, de nouer une alliance de circonstance.  Gabriel Ripstein nous convie ainsi à une étrange balade le long de routes désertiques, formellement lente et épurée (pas de musique, peu de dialogue). Malheureusement pour lui, son film pâtit un peu d’un scénario parfois maladroit et pas totalement maitrisé : ainsi, l’un des deux personnages de trafiquant disparait mystérieusement du film au milieu du récit. Et quand le rythme s’accélère enfin, le réalisateur choisit de clore son film par une fin abrupte et franchement un peu absconse. Mais l’intérêt du film est ailleurs, dans la description faite de ces deux pays, ces deux systèmes antagonistes qui se complètent pour le meilleur et surtout pour le pire. Avec d’un côté les Etats-Unis, où l’on peut acheter en toute légalité plusieurs dizaines de fusils d’assaut, les munitions étant en vente libre dans les supermarchés entre les couches et le ketchup ; et de l’autre côté le Mexique, où la violence des cartels a fini par gangrener jusqu’aux cellules familiales où la solidarité et les liens du sang n’existent plus face à la peur des représailles et à l’appel de l’argent. Un film au discours saisissant mais qui manque un peu de puissance et de maitrise.

 

600miles

 

**

 

Le DVD : Le film est proposé en version originale anglaise et espagnole (5.1) ainsi qu’en version française (5.1). Des sous-titres optionnels français sont également disponibles. Aucun bonus ne vient compléter cette édition.

 

Edité par Seven Sept, « 600 miles » est disponible en DVD ainsi qu’en Blu-ray depuis le 19 août 2016.

 

Le site Internet de Seven Sept est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!