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09 Aug

Béliers

Publié par Platinoch  - Catégories :  #comedies dramatiques

Un grand merci à ARP Sélection pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Béliers » de Grimur Hakonarson.

 

Beliers_dvd« Nul dans cette nation n’a joué un plus grand rôle et a fait face à des conditions climatiques difficiles que l’union entre l’éleveur et le mouton »

 

Dans la campagne austère d'Islande, un village reculé vit de manière séculaire de l'élevage des moutons. Les paysans, qui constituent une communauté solidaire, aiment leurs moutons comme des enfants et organisent chaque année un concours de la plus belle bête. Gummi et Kiddi, deux frères célibataires âgés et hirsutes, qui vivent dans deux maisons voisines en s'ignorant et en se haïssant, ne se sont plus parlé depuis quarante ans. Malgré cette mésentente, ils gèrent chacun de leur côté, sans se parler, la ferme de leur père disparu, constituée de plusieurs centaines de moutons. Dans ce paysage où la vie et la tradition semblent immuables, une très mauvaise nouvelle tombe comme un couperet : certaines bêtes de la vallée, contaminées par l'importation d'ovins d'Angleterre, sont atteintes de la tremblante du mouton et les services sanitaires seront intransigeants et intraitables. Alors que la torpeur s'installe dans le village et que l'avenir s'assombrit pour tous, les deux frères ennemis seront-ils capables de vaincre leur haine pour surmonter cette épreuve ?

 

« Vous ne vous êtes pas parlé depuis quarante ans. Pourquoi vous rapprochez aujourd’hui ? »

 

beliers_1Longtemps resté dans l’ombre de ses voisins nordiques et scandinaves, le cinéma islandais émerge peu à peu depuis le début des années 2000, avec une production forcément réduite mais dynamique. A l’image des quelques films de ce petit pays sortis sur nos écrans ces dernières années : « 101 Reykjavik » et « Jar city » de Baltasar Kormakur en 2001 et 2006, « Mariage à l’islandaise » de Valdis Oskarsdottir en 2008, « Jitters » de Baldvin Z en 2010 ou encore de « L’histoire du géant timide » de Dagur Kari en 2015. Issu d’une famille d’agriculteurs, Grimur Hakonarson s’oriente très tôt vers le cinéma et la réalisation. Il commence au début des années 2000 en réalisant plusieurs documentaires avant de s’essayer à la réalisation de films de fiction. Après plusieurs courts-métrages, il réalise son premier long - « Sumarlandio » - en 2010. Cinq ans plus tard, il nous reviens avec son deuxième film, « Béliers », inspiré par le monde des éleveurs de moutons islandais qu’il connait particulièrement bien puisque sa famille en est issue (la Tremblante du mouton dont il est question dans le film a même infecté quelques années plus tôt l’élevage de sa nièce). Présenté lors du Festival de Cannes 2015, « Béliers » a été récompensé du Prix « Un certain regard ».

 

« Tu sais ce que tu as fait ? Tu as exterminé la race ancestrale des moutons de la vallée. On se prépare un hiver très dur : plus de moutons. Rien que nous. »

 

beliers_ramsOn connaissait « La famille Bélier ». Voici désormais Les béliers de famille. Loin des sentiers battus, Grimur Hakonarson nous convie à un voyage dans l’arrière-pays islandais. Une région âpre et rurale, au climat particulièrement difficile, où seuls quelques éleveurs et leurs moutons parviennent encore à subsister face aux éléments. Là, deux frères vivent dans deux fermes mitoyennes perdues au milieu de nulle part, sans s’adresser la parole depuis quarante ans. De prime abord plutôt léger, avec ses situations décalées et son humour à froid purement nordique, « Béliers » commence comme une comédie grinçante, avant que le récit ne glisse progressivement vers une tonalité plus dramatique, avec l’apparition d’une maladie qui contraint les éleveurs à faire abattre leurs troupeaux. Et le réalisateur de nous ramener ainsi à difficile et fragile condition de ces éleveurs du bout du monde, passionnés par leur métier mais extrêmement précaires. Oscillant entre permanence entre comédie et tragédie, le film avance sur un ton étonnement joyeux, alternant les moments de pure absurdité comique (le héros qui emmène son frère ivre aux urgences en pelleteuse) et ceux plus volontiers dramatiques (le désarroi des agriculteurs obligés de tuer leurs moutons), pour un finir dans un final rocambolesque et un peu (trop ?) abrupte en forme de fable existentielle. Une sorte de fuite en avant qui permet de mieux se retrouver. Quoi qu’il en soit, le Gramur Hakonorson nous emmène là dans une formidable ballade islandaise, sise dans d’incroyables et immenses paysages sauvages et dont l’humour laisse poindre en permanence une jolie mélancolie teintée de tendresse humaine. A l'image de ses deux héros, gros ours mal léchés mais hyper attachants.

 

rams

 

***

 

Le DVD : Le film est proposé en version originale islandaise. Des sous-titres optionnels français sont également proposés. Côté bonus, outre les traditionnelles bandes-annonces, le film est accompagné de « Braedrabylta », un court-métrage du réalisateur Grimur Hakonorson.

 

Edité par ARP Sélection, « Béliers » est disponible en DVD depuis le 19 juillet 2016.

 

Le site Internet d’ARP Sélection est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!