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08 Aug

Room

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Drames

Un grand merci à Universal Pictures pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Room » de Lenny Abrahamson.

 

Room_DVD« Même quand on dort on ne sort jamais d’ici »

 

Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu. L’amour de Ma pour Jack la pousse à tout risquer pour offrir à son fils une chance de s’échapper et de découvrir l’extérieur, une aventure à laquelle il n’était pas préparé.

 

« Dehors, le monde est immense, tu n’en croirais pas tes yeux tellement il est grand ! »

 

RoomAprès avoir fait ses armes en réalisant de nombreux spots publicitaires, l’irlandais Lenny Abrahamson avait fait ses grands débuts sur grand écran en 2004 avec « Adam & Paul ». Mais c’est avec son deuxième long-métrage, « Garage » (2007), présenté dans de nombreux festivals (Londres, Turin, et surtout à la « Quinzaine des réalisateurs » à Cannes), que le réalisateur s’est véritablement fait remarquer à l’international. S’en suivront deux films passés un peu inaperçus : « What Richard did » (2012) et « Frank » (2014), pour lequel le réalisateur bénéficiait pour la première fois d’un solide casting de premier plan (Michael Fassbender et Maggie Gyllenhaal). Adaptation du best-seller éponyme de sa compatriote Emma Donoghue - lui-même largement inspiré par les affaires « Fritzl » et « Kampusch » qui avaient secoué l’Autriche au milieu des années 2000 - « Room » marque les grands débuts du réalisateur aux commandes d’une production américaine. Une expérience couronnée de succès puisque le film a notamment été récompensé par l’Oscar de la meilleure actrice décerné à Brie Larson.

 

« On a besoin des autres pour avoir de la force »

 

Brie_Larson_Room« Room » s’ouvre sur une scène assez ordinaire d’enfant qui découvre le monde environnant avec toute l’innocence de son jeune âge. Un placard. Un lit. Des toilettes. Il suffit alors de quelques instants pour se rendre compte que son univers se limite en fait à une pièce close et aveugle, dont les seules ouvertures sur l’extérieur sont un vasistas inaccessible et une télévision. Peu à peu, en quelques scènes, la terrible réalité se met en place. Jack et sa mère vivent reclus, prisonniers de cette minuscule pièce. Coupés du reste du monde. Otages à la merci de l’étrange et inquiétant « Old Nick », dont les irruptions nocturnes dans la pièce viennent à peine perturber le quotidien bien réglé de ses deux occupants. Avec beaucoup de pudeur et de distance, Lenny Abrahamson filme cet étrange et étouffant huis-clos sans jamais chercher à mettre de mots sur l’indicible, se contentant de filmer les rituels du quotidien de cette jeune mère de famille qui tente d’assurer tant bien que mal une enfance « normale » à son fils. Par petites touches discrètes, le réalisateur nous montre pourtant aussi bien la cruauté du geôlier (capable de couper électricité et chauffage en représailles à ses occupants) que le désespoir de l’héroïne (dont on devine les viols réguliers hors champs et qui étouffe ses pleurs à la nuit tombée). Mais la grande force du film réside dans sa construction, qui oppose les scènes d’enfermement aux scènes de liberté retrouvée, après une palpitante évasion dont le petit garçon sera la clé. Ce monde extérieur retrouvé, tant idéalisé, se révèle ainsi tout aussi dur et violent que celui de la captivité, avec ces journalistes en quête d’un scoop omniprésents et ce retour difficile au sein d’une famille brisée par ces sept années de disparition. A l’image de la réaction du père, incapable de poser le regard sur un petit-fils qu’il considère avant tout comme la progéniture du geôlier de sa fille. Avec beaucoup de délicatesse et d’humanité, le réalisateur filme les traumatismes, ce long travail de deuil (de cette jeunesse perdue), d’acceptation et de reconstruction de l’héroïne, magnifiquement interprétée par une Brie Larson bouleversante de retenue. Sans afféteries ni mièvrerie, Lenny Abrahamson signe un film d’une puissance émotionnelle incroyable et nous rappelle que la liberté n’a pas de prix.

 

Room

 

****

 

Le DVD : Le film est proposé en version originale américaine (5.1) ainsi qu’en versions française, allemande, espagnole et italienne (toutes en 5.1). Des sous-titres optionnels français, espagnols, danois, néerlandais, finlandais, allemands, italiens, islandais, norvégiens, suédois et anglais pour malentendants sont également disponibles. Côté bonus, le film est accompagné d’un making-of (12 min.) et du module documentaire « Recréer Room » (4 min.).

 

Edité par Universal Pictures, « Room » est disponible en DVD ainsi qu’en blu-ray depuis le 19 juillet 2016.

 

Le site Internet de Universal Pictures est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!