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15 Nov

La brune brûlante

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Comédies

Un grand merci à ESC Conseils pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « La brune brûlante » de Leo McCarey.

 

Brune_brulante« Mon problème c’est qu’il n’y a pas de célibataire acceptable dans cette ville ! »

 

Harry Bannermam vit à Putnam's Landing, une petite ville américaine avec sa femme Grace et leurs deux enfants. Les multiples activités civiques de Grace commencent à exaspérer Harry qui se croit délaissé. Alors même qu'Angela, voluptueuse brune s'offre à lui pour le consoler, l'annonce que la ville va devenir le centre d'un projet militaire ultrasecret inquiète la population. Harry est chargé d'aller à Washington pour tenter de dissuader les autorités.

 

« Je ne sais pas si les coïncidences ont un sens, mais elles mènent à des idées drôlement coquines. Voire dangereuses ! »

 

BrulanteNé au sein d’une famille plutôt aisée, Leo McCarey se destinait initialement au métier d’avocat. Mais en dépit d’un bon bagage universitaire, il ne voue que peu d’intérêt à sa profession, lui préférant des activités en lien avec le monde du spectacle. Malheureusement, ni ses tentatives de carrière dans la chanson ou dans la boxe ne rencontrent le succès. Il lui faut attendre le début des années 20 pour intégrer les prestigieux studios Universal, où il gravira très rapidement les échelons, réalisant très vite ses premiers courts-métrages comiques. Mais c’est véritablement avec le célèbre duo Laurel et Hardy, qu’il dirige à de très nombreuses reprises, que McCarey rencontre le succès. Avec l’avènement de l’ère du parlant, le cinéaste réalise ses premiers long-métrages. Il obtient notamment un grand succès en dirigeant les Marx Brothers dans « La soupe au canard », affirmant une veine comique qu’il continuera de développer tout au long de la décennie. Les années 40 marquent un tournant dans la carrière du réalisateur, qui s’ouvre au mélodrame (« Elle et lui ») et à des œuvres plus personnelles, marquée par sa foi catholique (« Les cloches de Sainte-Marie », « La route semée d’étoiles ») et son profond anticommunisme, qui en fera l’un des témoins privilégiés de la commission McCarthy. Moins présent au cours des années 50, il signe un dernier succès grâce à sa sublime reprise de « Elle et lui », porté par Cary Grant et Deborah Kerr, devenu depuis l’un des grands classiques du film romantique.  En 1958, il signe avec « La brune brûlante » son avant-dernier film, inspiré d’un roman de Max Schulmann. L’occasion de réunir à l’écran les jeunes Paul Newman et Joanne Woodward, mariés à la ville depuis peu.

 

« Ma fille, tu as plus de trois cent ans de sang puritain qui coule dans tes veines. Ecoute ce qu’il te dit ! »

 

NewmanAprès quinze années de films plutôt mélodramatiques, McCarey revient à la comédie avec « La brune brûlante ». Un vaudeville étonnamment coquin dans lequel un bon père de famille bien sous tout rapport se retrouve être la proie d’une épouse autoritaire et d’une voisine aussi séduisante que séductrice, bien décidée à lui faire tourner la tête. Mais plus encore, en brossant le portrait fantaisiste de cette petite communauté huppée de la banlieue résidentielle de New York, le cinéaste signe une farce particulièrement acide, pointant les travers de la middle class américaine conservatrice et WASP. A commencer par ce qu’elle génère de frustrations (sexuelles pour Harry et Angela, existentielles pour Grace l’épouse emprisonnée dans sa vie de mère au foyer, ou encore professionnelles pour les militaires stationnant loin du front). On s’amuse ainsi de ma façon dont le pourtant très conservateur McCarey maltraite les symboles de la toute puissance américaine : le « mâle » type est ici un personnage plutôt veule et faible manipulé par ces dames, tandis que la prestigieuse armée se révèle dirigée par une bande de brutes ignares et mal dégrossies. Les femmes ne sont pas en reste, leur conduite semblant dictées par leurs seule hormones (telle l’adolescente franchement libidineuse) et leur jalousie chronique. Si l’ensemble se révèle plutôt léger  et plaisant, le film demeure cependant très inégal, la seconde partie du film, qui relègue la « Brune brûlante » du titre au second plan, se révélant plus terne et laborieuse. Surtout, l’humour du film, très burlesque et décalé, semble avoir quelque peu vieilli. Une comédie surprenante donc, plutôt rafraichissante et au charme suranné.

 

McCarey

 

**

 

Le DVD :  Le film est présenté dans une version restaurée en haute définition. Il est proposé en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles. Côté bonus, le film est accompagné de « La brune brûlante, dernier feu d’artifices », présentation du film par Olivier Père, directeur du cinéma d’Arte France (20’).

 

Edité par ESC Conseils, « La brune brulante » est disponible en DVD depuis le 2 novembre 2016.

 

Le site Internet d’ESC Conseils est ici. Sa page Facebook est ici.

 

Le DVD de « La brune brûlante » est disponible ici.

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Bob Morane 21/12/2016 11:04

Je me suis beaucoup amusé dans ce burlesque satirique avec un Paul Newman étonnant dans lune comédie d'autant plus coquine

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!