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11 Nov

La maison des étrangers

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Drames, #Films noirs-Policiers-Thrillers

Un grand merci à ESC Conseils pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « La maison des étrangers » de Joseph L. Mankiewicz.

 

Maison_etrangers« L’homme qui refuse de l’argent est par nature inquiétant »

 

Max Monetti est de retour à New York.

 

Cet ancien avocat vient de purger sept ans de prison.

 

Son père Gino, banquier soupçonné de pratiques frauduleuses, est mort récemment.

 

Les trois autres fils de Gino ont enregistré la banque à leur nom, et, pour eux, le retour de Max n’est pas une bonne nouvelle : leur frère est-il venu se venger ?

 

« ça crée des soucis d’être marié. Surtout à une belle femme. »

 

RobinsonFils d’immigrants allemands, Joseph L. Mankiewicz est envoyé par son père en Allemagne à l’issue de ses études. C’est ainsi à Berlin, dans l’exubérante capitale de la République de Weimar, qu’il se prend de passion pour le théâtre et le cinéma. Il est ainsi embauché en 1928 par la prestigieuse UFA en qualité de traducteur de sous-titres. L’expérience ne dure cependant que quelques mois, Mankiewicz préférant rejoindre son frère scénariste à Hollywood. Grimpant rapidement les échelons, il devient vite scénariste (pour des pointures comme William Wellman et W.S. Van Dyke) avant de devenir producteur. Ce n’est qu’en 1946 qu’il débutera sa carrière de réalisateur avec « Le château du dragon ». Après plusieurs succès critiques, il triomphe en 1949 grâce à l’excellent « Chaines conjugales » pour lequel il est récompensé de deux Oscars (meilleur réalisateur et meilleur scénario). Cette même année, il signe également « La maison des étrangers » qui sortira quelques mois seulement après le triomphe de « Chaines conjugales ». Adaptation d’un roman de Jerome Weidman, le film connaitra deux remakes : « La lance brisée » de Dmytryk (1942) et « The big show » de James B. Clark (1961). A noter qu’Edward G. Robinson obtint pour sa performance de patriarche tyrannique le Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes en 1949.

 

« Nous aurions du rester à Palerme. Là-bas nous avions tout : on s’aimait toi, moi, les enfants. Ici nous n’avons rien. Que de la haine. Nous sommes pauvres. »

 

Conte« La maison des étrangers », c'est celle de la famille Monetti. Une famille de banquiers dont le patriarche, Gino, un ancien coiffeur immigré d’Italie, a bâti un empire financier à la sueur de son front en partant de rien. Un homme craint et respecté tant par la communauté de Little Italy que de ses fils qu’il cantonne avec mépris à des tâches subalternes. On l’aura compris, Mankiewicz peint ici une success story comme l’Amérique les aime tant, reprenant à son compte le mythe du « Self-made man ». Mais en filigrane, il laisse entrevoir une autre réalité américaine : celle des rapports de force violents, des arrangements à la marge de la légalité et de la mafia. Car même sans le nommer expressément, le portrait de Gino et de son attitude en font un parfait parrain. Une sorte de démiurge, bienfaiteur pour les uns et escroc pour les autres. Une ambivalence que l’on retrouve dans chacun des personnages masculins qui, à la lumière des aléas judiciaires qui font imploser le clan, n’apparaissent jamais comme étant véritablement ni blanc ni noir. C’est d’ailleurs ce qui donne tant de puissance et de relief à cette tragédie familiale complexe, qui brasse autant de thèmes (famille, trahison, vengeance) qu’elle ménage de rebondissements. Mais plus encore, derrière le drame, Mankiewicz démythifie littéralement le rêve américain : s’il est en effet possible de bâtir un empire en partant de rien, la course effrénée au dollar (et au pouvoir) est incompatible avec le bonheur (familial ou amoureux) qui lui ne s’achète pas. Le cinéaste signe là une œuvre monumentale, d’une densité et d’une intelligence folles, bien servie qui plus est par une mise en scène magistrale (sublimes mouvements de caméra qui introduisent le flashback, magnifique plan du patriarche qui se débat comme un lion dans la foule de ses accusateurs). Un chef d’œuvre absolu et intemporel.  

 

Hayward

 

****

 

Le DVD : Le film est présenté en version restaurée en haute définition. Il est proposé en version originale américaine (2.0). Des sous-titres français sont également proposés. Côté bonus,  le film est accompagné du module « La maison des étrangers », un entretien avec Olivier Père, directeur du cinéma d’Arte France (30’).

 

Edité par ESC Conseils, « La maison des étrangers » est disponible en DVD ainsi qu’en blu-ray depuis le 2 novembre 2016.

 

Le site Internet d’ESC Conseils est ici. Sa page Facebook est ici.

 

Le DVD de « La maison des étrangers » est disponible ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!