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10 Dec

Terreur aveugle

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers, #Epouvante-Horreur

Un grand merci à Carlotta pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Terreur aveugle » de Richard Fleischer.

 

See-no-evil« Elle est bien décidée à ne pas dépendre de nous. Elle a une volonté de fer ! »

 

Suite à une chute de cheval qui a mal tourné, la jeune Sarah perd l’usage de la vue.

 

À sa sortie de l’hôpital, elle retourne habiter chez son oncle et sa tante dans un joli cottage de la campagne anglaise.

 

Un jour que Sarah passe l’après-midi chez son ami Steve, un drame a lieu dans la demeure familiale…

 

« La vie va te devenir difficile si tu t’obstines à éliminer le verbe voir de ton vocabulaire »

 

Terreur-aveugle-FarrowFils de Max Fleischer, pionnier de l’animation, à qui l’on doit les premiers dessins-animés de Popeye et de Betty Boop, Richard Fleischer a quasiment grandit dans l’ambiance feutrée et magique des salles obscures. S’il rêvait de devenir acteur, il débute cependant comme monteur, intégrant par ce biais l’industrie cinématographique. Il faut attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour le voir réaliser ses premiers films, principalement des séries B. Toutefois, le succès de « L’assassin sans visage » (1949) lui permet d’être remarqué et laisse entrevoir un vrai potentiel. Reconnu pour ses grandes qualités de technicien, il mène alors sur près de quarante ans une prolifique carrière de réalisateur, en touchant un peu à tous les genres, du film noir (« Les inconnus dans la ville ») au film d’aventures (« 20 000 lieues sous les mers », « Les Vikings ») en passant par la Science-Fiction (« Soleil vert »), le péplum (« Barabbas ») ou encore le film d’action (« Mr. Majestyk »).

 

« Au secours ! Aidez moi ! »

 

Mia_FarrowAprès une première partie de carrière clairement dédiée au cinéma de genre (films noirs et films d’aventures), Richard Fleischer aborde le tournant des années 60 par le biais d’un cinéma véritablement plus sombre. Mu par une volonté de traquer la part d’ombre et de folie qui existe dans l’esprit de chacun – à commencer par les personnages les plus insoupçonnables – il signe alors une série de films noirs parmi les plus réussis de sa longue filmographie (« Le génie du mal », « L’étrangleur de Boston », « L’étrangleur de Rillington Place »). En 1972, il revient en Angleterre tourner « Terreur aveugle ». Basé sur un scénario minimaliste, le film fait avant tout la part belle à une idée particulièrement efficace : faire d’une jeune fille aveugle la proie d’un impitoyable tueur en série. Une idée puissante et lumineuse qui permet à Fleischer de mettre à profit ses grandes qualités de technicien pour signer un thriller horrifique haletant autant qu’un efficace survival. Adoptant le point de vue de son héroïne, il place sa caméra de façon à nous faire éprouver son ressenti, sa cécité s’apparentant alors à une forme d’enfermement. Tout en laissant la violence hors-champs, le cinéaste installe une ambiance oppressante avec une admirable économie de moyens et à grands coups d’images chocs (l’héroïne évoluant au milieu des cadavres de sa famille sans s’en rendre compte, puis marchant dans la cuisine au milieu des éclats de verre qui jonchent le sol...) témoignant de la barbarie des évènements récents. Dès lors qu’elle réalisera l’horreur de la situation, les décors même les plus familiers sembleront se retourner contre l’héroïne, jusqu’à la nature qui aura rarement paru si hostile (formidable scène de fuite à cheval dans les bois, les branches lui fouettant le visage). Mais la force du récit repose également sur la façon dont Fleischer réussit à donner une aura mystérieuse à son tueur, uniquement identifiable à ses bottes et dont on ne saura rien de ses motivations, le rendant ainsi éminemment diabolique. A ce titre, la seule fausse note du film demeure sans doute de lui avoir donné un visage et une identité dans les ultimes minutes du récit, démythifiant quelque peu la part sombre de ce film au demeurant incroyablement puissant et maitrisé.

 

Terreur_aveugle

 

***

 

Le DVD : Le film est proposé dans un nouveau master restauré HD, en version originale américaine (1.0) et française (1.0). Côté bonus, le film est accompagné d’une préface de Nicolas Saada, de « Fulgurances physiques » : entretien inédit avec Fabrice du Welz (15’), d’une galerie photos et de bande-annonce.

 

Edité par Carlotta, « Terreur aveugle » est disponible en DVD ainsi qu’en blu-ray depuis le 9 décembre 2016.

 

Le site Internet de Carlotta est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!