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29 Apr

Cigarettes et chocolat chaud

Publié par Platinoch  - Catégories :  #comedies dramatiques

Un grand merci à Diaphana ainsi qu’à l’Agence Darkstar pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Cigarettes et chocolat chaud » de Sophie Reine.

 

Cigarettes_chocolat_chaud« Si l’assistante sociale vous interroge, soyez malines et bien élevées : catho et hétéro ! »

 

Denis Patar est un père aimant mais débordé qui se débat seul avec l’éducation de ses filles, Janis 13 ans et Mercredi 9 ans, deux boulots et une bonne dose de système D. Un soir Denis oublie, une fois de trop, Mercredi à la sortie de l’école. Une enquêtrice sociale passe alors le quotidien de la famille Patar à la loupe et oblige Denis à un « stage de parentalité ». Désormais les Patar vont devoir rentrer dans le rang…

 

« On l’appelle par son prénom parce que quand on dit Papa on a envie de dire Maman derrière »

 

Cigarettes_Gustave_KervernSophie Reine se découvre une passion pour le cinéma, un peu par hasard, à l’adolescence. Ce qui la pousse à intégrer une école de cinéma pour apprendre le métier de monteuse. Après avoir fait ses gammes en officiant sur de nombreux courts-métrages et autres documentaires (pour Solveig Anspach notamment), Sophie Reine s’impose au cours des années 2000 comme une monteuse de renom, travaillant pour des réalisateurs tels que Jacques Nolot (« La chatte à deux têtes », « Avant que j’oublie »), Samuel Benchetrit (« J’ai toujours rêvé d’être un gangster »), Laurent Cantet (« Foxfire ») ou encore Cédric Jimenez (« La french »). Mais plus encore, on la connait surtout pour son étroite collaboration avec le réalisateur Rémi Bezançon pour lequel elle a assuré le montage de ses cinq premiers films, décochant ainsi le César du Meilleur montage pour « Le premier jour du reste de ta vie » en 2009. C’est d’ailleurs sur ce film que sont nées ses premières velléités de s’essayer à la réalisation. Ce qu’elle fit en 2009 avec le court-métrage « Jeanine (ou mes parents n’ont rien d’exceptionnel) ». Ecrivant son propre scénario en parallèle à ses activités de monteuse, elle signe son premier long, « Cigarettes et chocolat chaud » en 2016. Le film, en partie autobiographique, fait le tour des festivals et décroche plusieurs récompenses, à Gijon et à Cahors notamment.

 

« Grandir c’est difficile, tu es comme un petit carré de rubik’s cube qui cherche sa place »

 

Cigarettes_chocolatDans la famille Patar, à défaut de mère, il y a le père, Denis, veuf et un peu largué, qui tente tant bien que mal de maintenir l’équilibre avec ses deux filles, Janis, atteinte du syndrome Gilles de la Tourette, et Mercredi, apprentie catcheuse et infestée de poux. Tirant son titre d’une chanson de Rufus Rainwright, « Cigarettes et chocolat chaud » dessine ainsi le portrait sensible d’une famille hors normes, à la fois à la dérive mais malgré tout soudée et heureuse. A l’évidence, Sophie Reine lorgne ici du côté des Feel good movies américains, type « Little miss Sunshine » ou « Garden state », usant de la fantaisie et d’une certaine poésie décalée et colorée pour traiter avec beaucoup de tendresse de sujets plus graves. En l’occurrence ici, le deuil. Et plus spécifiquement de la question de savoir comment retrouver un équilibre familial quand l’un de ses membres a disparu. En la matière, la réalisatrice milite pour un droit à l’anticonformisme et à la légèreté, rappelant que le bonheur est protéiforme et qu’il ne répond pas à une recette unique. En filigrane, elle esquisse également un joli portrait de père courageux qui tente - maladroitement - de faire face et de protéger ses filles autant que possible de la méchanceté du monde des adultes. Assurément attachante, cette comédie douce-amère doit beaucoup à la fraicheur de ses comédiens (notamment à la bonhommie de Gustave Kervern et à la justesse de la jeune Héloïse Dugas). Seul bémol toutefois, le récit qui s’étire un peu inutilement en longueur dans son dernier tiers et qui se perd sur la fin dans un excès de pathos (la longue dépression de l’ainée, le retour au cimetière...) et de guimauve, abimant un peu de fait la petite musique plutôt plaisante qui se dégageait du film jusqu’alors.

 

Camille_cottin_cigarettes

 

**

 

Le DVD : Le film est proposé en version originale française (5.1). Aucun sous-titrage n’est proposé.

 

Côté bonus, le film est accompagné d’un Making of (30mn), du court-métrage de la réalisatrice « Jeanine, ou mes parents n'ont rien d'exceptionnel » (17mn), du module « Patar, pas Patar » (2 mn) ainsi que d’une bande-annonce.

 

Edité par Diaphana, « Cigarettes et chocolat chaud » est disponible en DVD ainsi qu’en blu-ray depuis le 18 avril 2017.

 

Le site Internet de Diaphana est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!