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07 Dec

Le cavalier du crépuscule

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Westerns

Un grand merci à Sidonis Calysta pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Le cavalier du crépuscule » de Robert D. Webb.

 

Love_me_tender

« On pourrait se partager la somme. Après tout qui le saurait ? Sans cela, nous aurions gagné de nos années de guerre qu’un ventre creux... »

 

Le lieutenant Vance Reno, ses deux frères Brett et Ray, le sergent Mike Gavin et quelques-uns de ses hommes, tous membres de l’armée Confédérée, s’emparent de la solde des soldats yankees alors que la guerre de Sécession touche à sa fin. Après le partage du butin, chacun rentre chez soi. Vance apprend que Cathy, sa fiancée, le croyant mort, a épousé son plus jeune frère, Clint. La jeune femme est désolée, mais le mal est fait. La tension monte entre les deux frères…

 

« Le Sud a peut-être capitulé, mais pas nous ! »

 

Love_me_tender_Richard_Egan

Les années 50 voient l’émergence du rock’n’roll. Et derrière lui, le réveil de toute une jeunesse jusqu’ici un peu ignorée par la société de consommation. Icone de cette génération, le chanteur Elvis Presley fait souffler un vent de fraicheur et de modernité sur la société américaine. Accédant en un temps record au statut de star, Presley rêve cependant de cinéma et de conquérir Hollywood. Un souhait que son manager exaucera en lui faisant signer un lucratif contrat de sept films avec la Paramount, y voyant là un formidable moyen d’asseoir la popularité de son poulain et de promouvoir ses nouvelles chansons. En 1956, Elvis Presley tourne donc son premier film, « Le cavalier du crépuscule », dont le titre original « Love me tender » renvoie à la chanson de la star. Réalisé par Robert D. Webb, un vétéran des studios qui a longtemps officié en tant qu’assistant réalisateur avant de devenir sur le tard réalisateur de westerns de série B, « Le cavalier du crépuscule » est un western, alors genre phare du cinéma américain auquel Elvis reviendra à trois reprises (« Les rôdeurs de la plaine » en 1960, « Amour sauvage » en 1961 et « Charro » en 1969).

 

« En amour, il y en a parfois un de trop »

 

Love_me_tender_Debra_Paget

« Le cavalier du crépuscule » est un film assez étrange, qui commence comme un vrai western (une bande de soldats sudistes dévalisent un train contenant la paye des soldats nordistes) et qui peu à peu  évolue vers la tragédie familiale. En effet, de retour de la guerre, l’ainé des fils Reno que l’on croyait mort au combat découvre que sa promise a épousé son plus jeune frère. Le film se construit alors sur une double intrigue : celle de l’argent volé que les nordistes comptent bien récupérer et celle du trio amoureux, l’amour de la belle Cathy finissant par empoisonner les relations entre les deux frères Reno. Et ce alors même que Vance, traqué par la justice, aurait bien besoin de pouvoir compter sur un clan soudé. Malgré un scénario un peu prévisible mais bien maitrisé, ce « Cavalier du crépuscule » se révèle être un western plutôt rythmé et assez plaisant qui, derrière ces figures de tragédie classique, réserve de bonnes scènes d’action, à l’image de l’attaque du train qui ouvre le film, ou celle de la libération des frères Reno. En filigrane, la dimension psychologique des personnages, et notamment l’évolution de Clint, peu à peu à rongé par la jalousie, est plutôt bien traitée. Pour son premier rôle au cinéma, le tout jeune Elvis Presley fait preuve d’un peu de maladresse dans son jeu, ce qui, paradoxalement, sert l’innocence de son personnage. Il illumine même le film le temps de quatre chansons, dont son fameux « Love me tender ». Par sa fragilité adolescente, il offre ainsi un parfait contrepoint à l’interprétation toute en virilité de Richard Egan. Sans être le western du siècle, ce « Cavalier du crépuscule » n’est pas déshonorant et se révèle même être plutôt plaisant à regarder. Une agréable surprise.

 

Love_me_tender_Elvis

 

***

 

Le DVD : Le film est présenté en version restaurée en haute-définition, en version originale américaine (2.0). Des sous-titres français sont également proposés.

 

Côté bonus, le film est accompagné de deux présentations distinctes respectivement signées par Bertrand Tavernier et Patrick Brion.

 

Edité par Sidonis Calysta, « Le cavalier du crépuscule » est disponible en DVD depuis le 1er décembre 2017.

 

Le site Internet de Sidonis Calysta est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!