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02 Dec

Je sais où je vais

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Comédies romantiques

Un grand merci à Elephant Films pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Je sais où je vais » de Michael Powell et Emeric Pressburger.

 

Je_sais_où_je_vais

« Les gens d’ici ne sont pas pauvres : ils n’ont pas d’argent, c’est différent ! »

 

Joan Webster sait ce qu’elle veut : se marier ; et où elle va : en Écosse pour rencontrer son futur époux, un riche industriel d’âge mûr. Mais le trajet apporte son lot d’imprévus, et la voilà obligée de faire halte sur l’île de Mull, où elle va faire une série de rencontres qui vont bouleverser son destin.

 

« Certaines n’attendraient pas un jour pour assouvir leur passion... Et vous prendriez le risque de noyer un jeune homme pour cela ? »

 

I_know_where_i_am_going

Ancien assistant d’Alfred Hitchcock à l’époque du muet, l’anglais Michael Powell débute sa carrière de réalisateur au cours des années 30. Mais il faut attendre la fin des années 30 et sa rencontre avec le scénariste hongrois Emeric Pressburger pour que sa carrière décolle réellement. Les deux hommes aux talents complémentaires et à l’entente artistique parfaite collaboreront durant plus de quinze ans. Ensemble, ils fonderont la « Archer Films Production », société de production indépendante grâce à laquelle ils écriront l’une des plus belle page de l’histoire du cinéma britannique, avec des films comme « 49ème parallèle » (1941), « Colonel Blimp » (1943), « Le narcisse noir » (1947) ou encore « Les chaussons rouges » (1948). Après, l’échec de « A Canterbury tale » l’année précédente, les deux hommes se relancent en 1945 avec « Je sais où je vais », comédie de mœurs plus légère écrite en cinq jours seulement par Emeric Pressburger lors d’un séjour en Écosse. Ecrit pour James Mason, qui déclina finalement la proposition, le rôle principal masculin fut finalement attribué à Roger Livesey. Ce dernier, contractuellement engagé à cette même période par un théâtre londonien, ne fit pas le déplacement avec le reste de l’équipe pour le tournage en Écosse et tourna toutes ses scènes en studio à Londres.

 

« Si je reste, je risque de perdre tout ce que j’ai toujours désiré »

 

Je_sais_où_je_vais_Wendy_Hiller

1945. Après des années de guerre, l’heure est - presque - à l’euphorie de la victoire annoncée des forces alliées sur celles de l’Axe. Six années de guerre meurtrières qui auront laissé le Royaume-Uni exsangue. Après tant d’années de privation, la population se remet donc à rêver de lendemains meilleurs, de prospérité, mais aussi de confort et de consumérisme futile. Partant de ce constat, Powell et Pressburger signent une petite comédie romantique dans l’air du temps en forme de satire sociale, opposant une jeune arriviste de la ville, partie en Écosse pour épouser un riche et vieil industriel fortuné, à un jeune lord écossais désargenté. Reprenant ainsi à leur compte le principe de l’opposition entre le rat des villes et le rat des champs, les deux cinéastes s’amusent à merveille du décalage entre l’héroïne, jeune londonienne mondaine et sophistiquée, et la région rustique et sauvage dans laquelle elle se retrouve coincée malgré elle, le temps d’une formidable tempête qui l’empêche de rejoindre son destin. Un imprévu intolérable pour celle qui a toujours su planifier dans les moindres détails sa propre vie, mais qui lui permettra de faire connaissance avec les gens du cru. Si on s’amuse beaucoup de l’attitude de l’héroïne, dédaigneuse et pleine de préjugés, le film sait aussi se faire tendre quand il s’agit de présenter cette région pleine d’authenticité et de traditions (la scène de la danse notamment) ainsi que ses habitants hauts en couleurs (mentions spéciales pour le colonel dresseur de rapaces et l’amie du héros dresseuse de chiens de chasse). Le film sait aussi se faire riche en émotions le temps d’une impossible traversée en bateau au cœur de la tempête. Au final, les cinéastes nous rappelle que dans la vie l’essentiel n’est pas à vendre et qu’il vaut mieux savoir parfois se laisser porter par le courant plutôt que de tracer son chemin. Désuet mais charmant.

 

Je_sais_ou_je_vais_Roger_Livesey

 

***

 

Le blu-ray : Le film est présenté en version originale anglaise (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné d’une présentation signée du journaliste Jean-Pierre Dionnet (10 min.) ainsi que d’une galerie photos.

 

Edité par Elephant Films, « Je sais où je vais » est disponible en DVD ainsi qu’en combo blu-ray + DVD depuis le 5 décembre 2017.

 

Le site Internet d’Elephant Films est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!