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05 Jan

Obsessions

Publié par Platinoch

Un grand merci à ESC Editions pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Obsessions » de Julien Duvivier.

 

Obsessions

« Tu te crois maudite ? Il y a un remède à cela : l’amour »

 

Un homme, obsédé par un rêve, consulte un ami qui lui lit trois récits dans lesquels le rêve et les prédictions ont eu une influence prépondérante. Dans le premier, une jeune fille laide approche le jeune homme qu’elle aime, à la faveur d’un bal masqué. Dans le second un homme devient assassin malgré lui, et dans la troisième, un acrobate a rêvé qu’il se tuerait en faisant son numéro à la vue d’une certaine femme brune.

 

« Pourquoi devrais-je tuer quelqu’un ? »

 

Flesh_and_Fantasy_Duvivier

Cinéaste phare et figure du cinéma français des années 30 , période à laquelle il empile alors les succès (« La bandera », « La belle équipe », « Pépé le Moko », « Un carnet de bal »), Julien Duvivier se voit ouvrir en grand les portes d’Hollywood où il part en 1938. Mais l’expérience de « Toute la ville chante et danse » se révèle décevante et il préfère finalement rentrer en France où il tournera aussitôt le superbe « La fin du jour ». Toutefois, la guerre et surtout la capitulation changent la donne. Peu enclins à travailler avec l’occupant, il préfère s’exiler outre-Atlantique et reprendre le chemin d’Hollywood. Mais les studios rêvent avant tout de voir Duvivier refaire - à la sauce américaine - ses précédents succès. S’il refuse ainsi de faire le remake de « Pépé le Moko », il signe cependant avec « Lydia » (1941) le remake de « Un carnet de bal ». Sa carrière américaine se poursuivra encore le temps de trois films : « Six destins » (1942), « Obsessions » (1943) et « L’imposteur » (1944) sur lequel il retrouvera son acteur fétiche Jean Gabin, lui aussi en exil aux Etats-Unis, avant que la Libération ne sonne l’heure de rentrer en France.

 

« Le péché consiste à nous mêler de ce qui ne nous regarde pas »

 

Obsessions_Edward_G_Robinson

Fort du succès du film à sketches « Six destins » qu’il réalise en 1942, Julien Duvivier réitère l’expérience l’année suivante avec « Obsessions ». Un film construit autour de trois segments et centré sur la thématique du rêve et de son interférence avec la réalité. Trois histoires - deux originales et une adaptation de la nouvelle « Le crime de Lord Arthur Savile » d’Oscar Wilde - qui apparaissent comme autant de fables dans lesquelles le rêve se révèle être tour à tour merveilleux, cauchemardesque ou salvateur. Ainsi, dans le premier segment à la tonalité fantastique, une jeune femme aigrie et au physique ingrat se voit offrir un masque pendant Mardi Gras qui lui permet de séduire l’inconnu dont elle est secrètement amoureuse sans lui dévoiler son visage. Dans le deuxième segment, un cartomancien réveille les pulsions meurtrières cachées d’un honorable et riche avocat qui se retrouve soudain dévoré par la volonté de passer à l’acte. Enfin, le dernier segment voit un acrobate funambule faire le rêve prémonitoire de sa chute mortelle et devra apprendre à dompter sa peur pour remonter sur son fil. Si les trois segments sont, chacun à leur manière, très plaisants, c’est sans conteste le deuxième segment qui se révèle être le plus savoureux, du fait de son aspect cynique et vénéneux. Le troisième segment et son caractère prémonitoire se révélant être, quant à lui, le plus poétique et sans doute le plus émouvant. A noter qu’un dernier segment fut tourné puis finalement coupé au montage par le studio qui le recyclera quelques mois plus tard dans le film « Destiny » de Reginald Le Borg. Ces différentes fables nous permettent de croiser du beau monde, comme Edward G. Robinson, Charles Boyer, Barbara Stanwyck, Robert Cummings ou encore Thomas Mitchell. Une nouvelle fois, Duvivier prouve - s’il en était encore besoin - l’étendue de son talent et de sa maitrise formelle.

 

Obsessions_Charles_Boyer

 

***

 

Le DVD : Le film est présenté dans un nouveau Master HD, en version originale américaine (2.0) Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné de « La Poésie noire Julien Duvivier » par Christophe Gans (54 min.) et « Obsessions à la lisière du fantastique » par Eric Bonnefille (25 min.).

 

Edité par ESC Editions, « Obsessions » est disponible en DVD depuis le 28 novembre 2017.

 

Le site Internet de ESC Editions est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!