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26 Dec

Le procès Paradine

Publié par Platinoch

Un grand merci à Carlotta pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Le procès Paradine » d’Alfred Hitchcock dans le cadre de la sortie du coffret « Alfred Hitchcock - Les années Selznick ».


 

The_Paradine_Case

accusée d’avoir tué son mari. Il tombe amoureux de sa cliente qui n’a aucun mal à la convaincre de son innocence.

Cependant, peu avant l’ouverture du procès, Keane s’aperçoit que Mme Paradine était la maîtresse de son valet d’écurie…

 

« Je vous connais assez pour savoir que vous serez toujours prêt à sacrifier un être inférieur pour marquer un point »

 

Proces_Paradine_Gregory_Peck

En venant en Amérique, Alfred Hitchcock avait initialement signé un contrat portant sur trois films avec le producteur américain David O. Selznick. Mais en dépit de l’efficacité d'Hitchcock, qui réalise en moyenne au moins un film par an, il lui faudra près de sept ans pour mener son contrat à son terme. Il faut dire que les relations entre les deux hommes sont très compliquées : Selznick se montre autoritaire et omniprésent, laissant peu de place à la liberté créative de son réalisateur. Après « Rebecca » (1940) et « La maison du Docteur Edwardes » (1945), les deux hommes auraient du achever leur collaboration avec « Les enchainés » (1946). Mais effrayé par la pression du FBI autour de la production du film, Selznick préféra finalement en revendre les droits à la RKO. Hitchcock devait donc un dernier film à son producteur avant de retrouver sa liberté. Ce sera donc « Le procès Paradine » (1947), adaptation du roman éponyme de son compatriote Robert Smythe Hichens, qui lui est imposé par Selznick lui-même. Ce dernier veut plus que jamais avoir le contrôle sur le film : il impose son casting alors que Hitchcock voulait Laurence Olivier et Greta Garbo, réécrit lui-même des scènes en cours de tournage et impose son montage contre celui du réalisateur. Le film, qui explose de fait son budget, échappe progressivement à Hitchcock qui a de toute façon la tête ailleurs, et notamment sur la société de production qu’il est en train de monter pour pouvoir réaliser librement les films qu’il veut. Le film décrocha néanmoins une nomination pour l’Oscar de la Meilleure actrice dans un second rôle pour Ethel Barrymore.    

 

« Inutile que je vous dise que Dieu seul ou le Diable sait ce qu’elle a en tête »

 

Proces_Paradine_Louis_Jourdan

Avec « Le procès Paradine », Hitchcock délaisse quelque peu l’univers de ses films d’espionnage pour s’offrir une incursion dans le film de procès. Un genre cinématographique américain s’il en est qui explosera au cours de la décennie suivante (« Douze hommes en colère », « Témoin à charge », « Autopsie d’un meurtre »...). Avec au cœur de son récit, la mort suspecte d’un ancien colonel héros de guerre devenu aveugle. Keane, avocat réputé pour sa droiture morale, devra défendre la belle et mystérieuse veuve du défunt. L’a-t-elle tué ? Dans ce film sur les apparences où le bonheur conjugal n’est qu’un leurre, le cinéaste sonde ici l’âme humaine à la recherche de ses failles et de sa vulnérabilité. Devenant l’objet de ses fantasmes passionnés, Madame Paradine fera tourner la tête de Keane qui, aveuglé par ses sentiments, en perdra recul et discernement. Soit l’éternel bras-de-fer entre passion et raison. Reste qu’en dehors de quelques belles prestations d’acteurs (Gregory Peck, Charles Laughton, Louis Jourdan), de la beauté vénéneuse d’Alida Valli et de quelques plans d’anthologie (notamment le procès, filmé par quatre caméras qui quadrillent l’espace), le récit, qui repose largement sur des éléments provenant du film noir, patine largement de rebondissements ampoulés en révélations prévisibles. Rien de bien palpitant donc, pour le spectateur, autre que ce dilemme moral qui s’étend sur un peu plus de deux heures. On a connu Hitchcock plus inspiré (si tant est qu’il ait véritablement maitrisé ce projet) qu’avec ce film qui restera comme une œuvre largement mineure au sein de sa formidable filmographie.

 

Proces_Paradine_Alida_Valli

 

**

 

Le blu-ray : Le film est présenté dans un nouveau Master HD, en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné de « Réminiscences » analyse du film par Laurent Bouzereau (16 min.), ainsi que par le décryptage du film extrait des entretiens Hitchcock/Truffaut.

 

Edité par Carlotta, « Le procès Paradine » est disponible au sein du coffret ultra collector (n°7) en DVD ou blu-ray, incluant également les films « Rebecca », « La maison du Docteur Edwardes » et « Les enchainés », ainsi que le livre de 300 pages « La conquête de l’indépendance » réalisé en association avec les Cahiers du Cinéma, depuis le 29 novembre 2017.

 

Hitchcock_Selznick_Coffret_Blu-ray
Hitchcock_Carlotta

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!