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08 Feb

Les collines de la terreur

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Westerns

Un grand merci à Sidonis Calysta pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Les collines de la terreur » de Michael Winner.

 

Les_collines_de_la_terreur

« On ira en enfer s’il le faut mais on aura la peau de ce métis. Et on en fera un feu de joie ! »

 

Nouveau Mexique, 1873. Pardon Chato tue le shérif qui l’avait rudoyé. Quincey Whitmore qui a pourchassé Cochise quelques années plus tôt, se lance sur la piste de Chato à la tête d’une milice de treize hommes. Chato entraîne la patrouille dans le désert et ayant l’impression qu’il a semé ses adversaires, il part capturer des chevaux. Mais les poursuivants trouvent le repaire de Chato, et violent sa femme. De gibier, Chato devient alors le chasseur…

 

« Ce n’est pas des hommes, c’est des animaux. Je ne sais pas ce que Dieu avait dans la tête quand il a crée les indiens »

 

Chato_land_Jack_Palance

Réalisateur venu de la télévision où il fit les beaux jours de la BBC à la fin des 50’s, Michael Winner s’impose comme l’un des réalisateurs les plus en vue du cinéma anglais des années 60 grâce notamment à ses comédies populaires portées par l’acteur Oliver Reed (« The jokers » en 1967 et « Hannibal Brookes » en 1969) ainsi que par le drame sportif « The games » en 1970 interprété par Ryan O’Neal et Charles Aznavour. De quoi attirer l’attention d’Hollywood qui lui offre l’opportunité de venir réaliser son premier film américain, en l’occurrence le western « L’homme de la loi » (1971) avec Burt Lancaster. Il enchainera quelques mois plus tard avec un second western, « Les collines de la terreur », sur lequel il rencontre Charles Bronson, célèbre second couteau hollywoodien (« Les sept mercenaires », « La grande évasion », « Propriété interdite », « Les douze salopards ») devenu une vedette depuis son exil européen (« Adieu l’ami », « le passager de la pluie », « Soleil rouge » et surtout « Il était une fois dans l’ouest »). Le film marque ainsi le début de leur prolifique collaboration (six films) dont on retiendra notamment « Le flingueur » et les trois premiers volets de la cultissime saga « Un justicier dans la ville ».

 

« On ne peut pas se battre contre une ombre »

 

Chato_land_Charles_Bronson

« Les collines de la terreur », c’est un peu le voyage dont on ne revient pas. L’équipée sauvage de tout ce que l’Amérique compte de rebus xénophobes, suprématistes, crétins sanguinaires et criminels sadiques, engagés dans une improbable chasse à l’homme à travers le désert. Une odyssée morbide et dantesque pour traquer un indien coupable d’avoir tué un shérif blanc raciste en état de légitime défense. L’occasion inespérée pour chacun de sauver les apparences et d’assouvir son fantasme : qu’il s’agisse de rendosser l’uniforme pour livrer une dernière bataille ou simplement de s’offrir un beau scalp d’indien. Mais trop certains de leur supériorité – raciale comme numérique – les miliciens blancs se livreront à d’abominables exactions (viol de la femme de Chato et assassinat de son frère suivi de la profanation de sa dépouille) qui retourneront la situation en leur défaveur jusqu’à les transformer eux-mêmes en proies. A l’évidence, Winner construit ici une trame dont les thèmes - la violence aveugle et l’injustice qui génèrent la soif de vengeance, lé héros seul contre la société - préfigurent ceux qui feront le succès du « Justicier dans la ville ». Surtout, derrière la thématique de l’agression, il dénonce de façon symbolique la politique américaine au Vietnam et les exactions qui y sont menées à l’encontre des populations locales. Avec un formidable Bronson pourtant mutique et son formidable casting de seconds couteaux (Jack Palance, James Whitemore, Richard Basehart...), Winner signe avec « Les collines de la terreur » un film âpre et jouissif, dont la violence et les prises de positions participent à la démythification alors en cours du western et d’une certaine idée de l’Amérique.

 

Les_collines_de_la_terreur_Charles_Bronson

 

****

 

Le blu-ray : Le film est présenté en version restaurée dans un Master HD, en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné de deux présentations respectivement signées Patrick Brion et François Guérif.

 

Edité par Sidonis Calysta, « Les collines de la terreur » est disponible en DVD ainsi qu’en  blu-ray depuis le 23 janvier 2018.

 

Le site Internet de Sidonis Calysta est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!