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23 Apr

Symphonie pour un massacre

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers

Un grand merci à Pathé pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Symphonie pour un massacre » de Jacques Deray.

 

Symphonie_pour_un_massacre

« N’oubliez pas que le temps, c’est plus fort que tout »

 

Un gros coup juteux se profile à l’horizon, pour lequel Jabeke n’a d’autre choix que de s’associer avec quatre autres truands de sa connaissance. Mais alors que le pactole qui doit permettre la transaction est réuni, Jabeke entend faire cavalier seul pour rafler la mise au nez de tous et entreprend ainsi d'attiser la haine et la méfiance entre ses complices.

 

« Vous aidez à recompter ? Faut pas pousser, déjà que je les transporte ! »

 

Symphonie_pour_un_massacre_Charles_Vanel

Cinéaste discret mais prolifique, Jacques Deray restera l’une des figures majeures du cinéma français des années 70 et 80. D’abord grâce à la modernité de son sulfureux thriller « La piscine » (1969). Puis grâce à ses polars énergiques, dans lesquels il dirigea à de nombreuses reprises les deux grandes stars du cinéma français de l’époque, à savoir Alain Delon et Jean-Paul Belmondo. Réunis dans « Borsalino » (1970), il les dirigera ensuite séparément dans des films comme « Un homme est mort », « Borsalino & co », « Flic story », « Trois hommes à abattre », « Le marginal » ou encore « Le solitaire ». Mais cet ancien aspirant comédien, converti très jeune à la réalisation après avoir été l’assistant de cinéastes prestigieux comme Buñuel ou Jules Dassin, dirigera ses premiers films dès le début des années 60. Ainsi, après « Le gigolo » et « Rififi à Tokyo », il réalise en 1963 « Symphonie pour un massacre » d’après le roman « Les mystifiés » d’Alain Reynaud-Fourton dont il signe l’adaptation avec deux autres prestigieux débutants que sont Claude Sautet et José Giovanni.

 

« La sécurité, c’est de voyager comme Monsieur Tout-le-monde. Sans escorte. »

 

Symphonie_pour_un_massacre_Michel_Auclair

De prime abord, l’intrigue du film semble des plus classiques : cinq associés réunissent un magot pour mener une affaire jusqu’à ce que l’un d’entre eux décide finalement de doubler ses associés - en les tuant s’il le faut - pour faire main basse sur le trésor. Mais en début des années 60, Deray surprend par la grande modernité avec laquelle il met en scène cette histoire de gangsters. Exit donc les polars gouailleur à papa façon Georges Lautner ou Jacques Becker. Deray impose ici une ambiance profondément mélancolique appuyée sur un style sobre, sec et acéré, qui ne laisse pas la place à la moindre fioriture. Le microcosme qu’il filme est ainsi peuplé de tricheurs, dépourvus de tout sens de l’honneur et pour qui l’amitié est un luxe inutile. D’entrée, le respect se fait rare et chacun des protagonistes essaye à sa façon rouler l’autre (l’un fricote en douce avec la femme de son associé, l’autre paie sa part sciemment avec des faux dollars...). Et si certains semblent assez riches pour s’éviter d’avoir à s’associer avec de telles canailles, il demeure ce sentiment de ne jamais en avoir assez pour s’arrêter. Il plane ainsi sur le film un sentiment de fatalité. Comme un engrenage morbide et inéluctable duquel aucun des personnages ne saurait se soustraire. En cela, les truands ne sont pas ici de joyeux rustres franchouillards comme chez Michel Audiard, mais des êtres condamnés et en sursis, comme chez Melville. S’il est parfois imparfait, notamment de par certains rebondissements un peu télescopés (le journal trouvé dans la voiture), le film vaut pour son beau casting (comprenant rien de moins que Charles Vanel, José Giovanni ou encore Michel Auclair) porté par un tout jeune Jean Rochefort, formidable dans un contre-emploi et qui trouve là l’un de ses tout premier premier rôle.

 

Symphonie_pour_un_massacre_Jean_rochefort

 

**

 

Le DVD : Le film est présenté dans une nouvelle copie intégralement restaurée en 2K à partir du scan 4K d’un « marron », en version originale française (1.0) ainsi qu’en audiodescription. Des sous-titres français pour malentendants et anglais sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné de « La partition de Symphonie pour un massacre » - présentation du film par François Guérif, auteur de deux ouvrages sur le cinéma policier français et le film noir américain, et Jean-Philippe Guérand, journaliste et biographe, auteur de Jean Rochefort, prince sans rire (30 min).

 

Edité par Pathé, « Symphonie pour un massacre » est disponible en combo collector blu-ray + DVD depuis le 11 avril 2018.

 

Le site Internet de Pathé est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!