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03 Jun

Face au châtiment

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Westerns

Un grand merci à Sidonis Calysta pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Face au châtiment » de Gordon Douglas.

 

The_Doolins_of_Oklahoma

« Il ne faut jamais pousser sa chance »

 

1892. Trahie par Wichita, la bande des Dalton est massacrée à Coffeyville. Bill Doolin, l’unique survivant, abat Wichita et prend le maquis. Il dirige une petite bande et échappe à ses poursuivants que dirige le shérif Sam Hughes, achète une ferme près de Clayville, épouse Elaine Burton et tente de mener une nouvelle vie mais ses anciens hommes le retrouvent et le forcent à recommencer leurs méfaits…

 

« Elaine ne peut pas venir avec vous. Vous serez toujours traqué. Aussi loin que vous iriez vous ne pourrez pas fuir votre passé »

 

Face_au_chatiment_Randolph_Scott

Ex-apprenti acteur (il tourne dès l’âge de six ans pour Maurice Costello), Gordon Douglas deviendra, après avoir fait ses classes dans les célèbres studios de Hal Roach (où il est tour à tour figurant, gagman, scénariste puis réalisateur de courts-métrages comiques), l’un des cinéastes hollywoodiens les plus prolifiques, réalisant pas moins d’une centaine de films du milieu des années 30 jusqu’à la fin des années 70.Tâcheron plutôt doué, il signera de nombreux films de genre, se montrant aussi à l’aise dans le registre fantastique (« Zombies on Broadway »), que dans le film noir (« La grande menace », « Le fauve en liberté ») ou le film d’aventure (« Mara Maru »). Mais il restera surtout célèbre pour « I was a communist for the FBI », pamphlet anti-communiste qui lui vaut l’Oscar du Meilleur documentaire, ainsi que pour ses productions luxueuses des années 60 avec Sinatra (« Les sept voleurs de Chicago », la saga des « Tony Rome », « Le détective ») ou James Coburn («  F comme Flint »). Avec « Face au châtiment », il s’essaye en 1948 au genre du western qui deviendra au court des quinze années suivantes son genre de prédilection (« L’homme du Nevada », « Fort invincible », « La maitresse de fer » ou encore « Rio Conchos »).

 

« Quoi que nous fassions il est désormais trop tard : nous serons tous pendus ensemble. Ou séparément. »

 

Face_au_chatiment_John_Ireland

Le western hollywoodien a contribué à créer et à faire connaitre (surtout dans nos contrées éloignées) toute une mythologie de célèbres hors-la-loi et de justiciers ayant écrit en lettres de sang l’Histoire de la conquête de l’ouest. On se souvient ainsi de Billy le Kid (« Pat Garrett et Billy le Kid »), Jesse James (« Le brigand bien-aimé », « Le gang des frères James »), Wild Bill Hickok (« Le bison blanc ») ou encore de Butch Cassidy (« Butch cassidy et le Kid »). Avec « Face au châtiment » Gordon Douglas s’intéresse pour sa part à la figure de Bill Doolin (1958-1896), fondateur du « Wild Bunch », célèbre gang qui dévalisa nombre de banques et de train entre l’Oklahoma et le Missouri durant les années 1890. La grande originalité de son film  réside cependant dans le portrait bienveillant et presque attachant qu’il dresse de Bill Doolin, devenu hors-la-loi par nécessité, après la perte de sa terre. Un personnage tout en nuances, ni tout noir ni tout blanc, qui conserve toujours une part de moralité et d’humanité, refusant de se réjouir de la mort d’un des frères Dalton autant qu’il refuse les effusions de sang inutiles des civils innocents. Loin de l’image du gangster cruel et assoiffé de sang, Doolin se voit même offrir l’illusion d’un possible retour à une vie normale et ordinaire matérialisé par une ferme et une épouse. Mais si le film rejette obstinément toute forme de manichéisme (même le shérif qui traque Doolin et sa bande semble dénué d’animosité), il rappelle aussi que le système ne tolère aucun écart et que tout passage du côté obscur demeure définitif. Un beau film surprenant, mélancolique et plein d’humanité.

 

Face_au_chatiment

 

***

 

Le DVD : Le film est présenté en version restaurée dans un Master Haute-Définition, en version originale américaine (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné de deux présentations respectivement signées Bertrand Tavernier et Patrick Brion, ainsi qu’un court module des deux hommes consacré à Randolph Scott.

 

Edité par Sidonis Calysta, « Face au châtiment » est disponible en DVD depuis le 31 mai 2018.

 

Le site Internet de Sidonis Calysta est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!