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14 Jun

L'homme que j'ai tué

Publié par Platinoch  - Catégories :  #melodrames

Un grand merci à Elephant Films pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « L’homme que j’ai tué » de Ernst Lubitsch.

 

 
L_homme_que_j_ai_tué

« Vous et moi ne pourront jamais nous comprendre. Des millions de morts nous séparent. Un monde de morts. »

 

1919. Paul, un jeune soldat français rescapé des tranchées, est torturé par le remord d’avoir tué un jeune soldat allemand pendant la Grande Guerre.

Il part alors à la recherche de la famille de ce dernier qui l'accueille d'abord avec méfiance et prend peu à peu la place de celui qui a disparu…

 

« Enfant nous apprenons l'allemand et Les enfants allemands apprennent le français... Et plus tard nous nous entretuons »

 

Broken_lulluby

Grand spécialiste de la comédie de mœurs, du marivaudage et du vaudeville, le grand Ernst Lubitsch s'offre en 1932 avec « L'homme que j'ai tué » son unique incursion dans le genre du mélodrame. Adapté de la pièce éponyme du français Maurice Rostand, son film nous plonge au lendemain de la Première guerre mondiale au cœur d'une Europe dévastée et traumatisée. Toute l'intelligence du film de Lubitsch sera ainsi de ne jamais verser dans le manichéisme. De ne jamais prendre part. Au contraire, il parvient à nous montrer que les traumatismes sont aussi douloureux de part et d'autre, qu'il s'agisse d'un jeune soldat français rescapé de l'enfer des tranchées devant vivre avec des morts sur sa conscience ou de ces familles allemandes pleurant inconsolables la mort de leurs fils. Contre la folie des hommes (au hasard les généraux ayant organisé ce massacre se retrouvant pour la prière ou encore l’Église prête à toutes les absolutions de crime au prétexte de la guerre), le cinéaste imagine au détour d'un pieu mensonge une improbable réconciliation. Et même mieux, une histoire d'amour. Nous rappelant qu'au fond, quelque soit leur nationalité ou leur camp, les hommes ne sont pas si éloignés de part leur passion (ici la musique), leurs préoccupations mais aussi leur bêtise (formidable scène de ragot pour dénoncer le racisme ordinaire à la base de toute guerre). Dix ans à peine après la fin de la guerre, Lubitsch l'allemand signe là avec beaucoup d'audace une merveilleuse fable humaniste et pacifiste, aussi sincère qu'émouvante, dont François Ozon tirera plus de 80 ans plus tard un formidable remake. Il ne se doutait alors pas que moins de dix ans plus tard, ses illusions fraternelles perdues donneraient lieu à la comédie anti nazie « To be or not to be », en plein début de la Seconde guerre mondiale.

 

Broken_lulluby_Lubitsch

 

***

 

Le DVD : Le film est présenté en version originale américaine (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné d’une présentation par Frédéric Mercier (critique à Transfuge), d’une galerie de photos et d’une bande-annonce.

 

Edité par Elephant Films, « L’homme que j’ai tué » est disponible en DVD depuis le 5 juin 2018.

 

Le site Internet de Elephant Films est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!