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26 Jan

Guy

Publié par Platinoch  - Catégories :  #comedies dramatiques

Un grand merci à StudioCanal pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Guy » d’Alex Lutz.

 

Guy

« C’est peut-être ringard si c’est joli »

 

Gauthier, un jeune journaliste, apprend par sa mère qu'il serait le fils illégitime de Guy Jamet, un artiste de variété française ayant eu son heure de gloire entre les années 60 et 90. Celui-ci est justement en train de sortir un album de reprises et de faire une tournée. Gauthier décide de le suivre, caméra au poing, dans sa vie quotidienne et ses concerts de province, pour en faire un portrait documentaire.

 

« Tu ne deviens pas artiste, tu nais artiste. C’est un état d’âme, une révolte. Je ne sais pas si j’ai du talent mais je sais que je suis un artiste »

 

Guy_Jamet

Humoriste de talent, Alex Lutz a conquis en une décennie et avec succès le monde de la scène avec ses formidables spectacles ainsi que la télévision où les tribulations quotidiennes de Catherine et Liliane font les beaux jours de Canal +. Seul le cinéma, dernier territoire à conquérir, semble encore lui résister. Car en dépit d'un second rôle remarqué dans « OSS 117 : Rio ne répond plus » il y a déjà prés de dix ans, force est de constater que sa filmographie manque de films marquants et de rôles à la hauteur de son talent. Ce qui a sans doute motivé son passage derrière la caméra en 2015 pour son premier film, le maladroit « Le talent de mes amis », où il interprétait le rôle d’un cadre moyen se rêvant une vie de chanteur populaire.

 

« Chaque concert c’est un peu de temps qui passe »

 

Guy_Alex_Lutz

Trois ans plus tard et sans perdre le rythme, Lutz récidive avec « Guy », son deuxième film, dans lequel il s’octroie cette fois le rôle d’un vieux chanteur populaire fictif, dont la ressemblance avec des chanteurs existants (en vrac, on pense notamment à Michel Sardou pour le franc parler, à C. Jérôme pour le look et à Herbert Léonard pour le côté « osé » des chansons eighties) ne saurait être tout à fait fortuite. Et force est de constater que le comédien réussit une performance exceptionnelle : bien aidé par le maquillage, il disparait littéralement derrière son personnage. Une performance qui n’a d’égale que l’audace formelle de son film, construit comme un documentaire avec fausses images d’archives à l’appui et chansons écrites pour l’occasion « à la manière de », qui donnent véritablement corps à ce chanteur et à son univers. Mais plus encore, à travers les images de ce chanteur sur le déclin, Lutz parvient à capter une certaine vérité sur la vie d’artiste et ses aléas (savoir gérer le succès comme les échecs), l’image publique (se plier au jeu des médias et y dire des platitudes) et sur le temps qui passe en général. Guy Jamet est peut-être un has-been, un chanteur pour mamans, il n’en est pas moins un homme lucide et d’une touchante sincérité lorsqu’il évoque son talent, sa carrière ou ses regrets (la femme qu’il a laissé partir, le père qu’il n’a pas toujours su être). Mais qu’il dise des inepties sur l’évolution de la société ou qu’il reprenne (brillamment) « Montréal » de Charlebois sur scène, il ne laisse jamais indifférent. En creux, le cinéaste rend aussi un hommage nostalgique à la France des Trente glorieuses et à son innocence perdue. Lutz signe là un film étonnement juste et juste étonnant. Et sans aucun doute l’un des meilleurs films français de l’année 2018.

 

Guy_Jamet

 

****

 

Le DVD : Le film est présenté en version originale française (5.1 et 2.0) ainsi qu’en audiodescription. Des sous-titres français pour malentendants sont également prévus.

 

Côté bonus, le film est accompagné des modules Guy à la radio, Guy et ses fans, Guy et Sophie,
Guy et le webmaster.

 

Edité par StudioCanal, « Guy » est disponible en DVD depuis le 9 janvier 2019.

 

Le site Internet de StudioCanal est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!