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05 Jan

Les Vikings

Publié par Platinoch

Un grand merci à Rimini Editions pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Les vikings » de Richard Fleischer.

 

Les_Vikings

« Le pire pour un Viking serait de mourir sans tenir une épée et de ne pas aller au Walhalla »

 

Au Xème siècle, les Vikings sèment la terreur sur les côtes d'Angleterre. Ragnar, le chef viking, tue le roi et viole la reine. Cette dernière donne naissance à Eric qui sera capturé par les Vikings et élevé comme esclave. Devenu adulte, il affronte Einar, le fils de Ragnar, et le défigure en lançant contre lui son faucon. Quelques temps plus tard, Morgana, la future reine d'Angleterre, est enlevée par Einar qui cherche à la séduire, mais elle tombe amoureuse d'Eric.

 

« Si un esclave peut me priver d’une reine et vaincre un ennemi trop rusé pour qu’une nation s’en empare, c’est qu’il se montrera bientôt plus mortel adversaire de l’Angleterre que les Vikings »

 

Les_vikings_Tony_Curtis

Monument du cinéma populaire, Richard Fleischer aura su traverser sans anicroche un demi-siècle de cinéma américain. Avec à la clé, l’une des filmographies les plus riches, les plus variées et, disons-le, les plus intéressantes des cinéastes de l’après-guerre. Car s’il fut d’abord cantonné à des petits polars de série B pour le compte de la RKO, le réalisateur saura s’émanciper dès les années 50 en touchant à presque tous les genres, du mélodrame au western en passant par le péplum et la science-fiction. Mais au-delà de sa passion pour les personnages de criminels déviants et pervers (« La fille sur la balançoire », « L’étrangleur de Boston », « L’étrangleur de Rillington Place », « Le génie du mal ») et pour les mondes corrompus et/ou déclinants (« Soleil vert », « Mr. Majestyk », « Les flics ne dorment pas la nuit »), Richard Fleischer restera surtout, pour le grand public, le cinéaste des grandes fresques d’aventures spectaculaires. Un registre dans lequel il se révèle grâce à l’excellent « 20 000 lieues sous les mers » qu’il réalise en 1954 pour Disney (et sur lequel il rencontre Kirk Douglas) et auquel il continuera de revenir régulièrement (« Barrabas », « Conan le destructeur », « Kalidor, la légende du talisman »). Quatre années après avoir adapté le classique de Jules Verne, Kirk Douglas fera appel au cinéaste pour diriger « Les Vikings », adaptation du roman éponyme de Edison Marshall dont il a acheté les droits et qu’il souhaite produire via sa toute jeune société, Bryna Production.

 

« Si je ne peux avoir votre amour, je me contenterais de votre haine »

 

Les_Vikings_Kirk_Douglas

Construit comme une tragédie classique (la rivalité de deux frères qui s’ignorent et que tout oppose), « Les Vikings » est un film marquant et quasi révolutionnaire en ce qu'il fait entrer, visuellement, le film d'aventures - ici médiévales - dans une ère de modernité. Exit donc les films de cape et d'épée tels qu'on les connaissait alors avec le rigolard Errol Flynn ou le taciturne Stewart Granger, et dans lesquels les combats à l'épée demeuraient proprets et bien réglés. Fleischer, lui, propose de sortir du cadre imposé et d'offrir une vraie représentation de la violence et de la cruauté. A l'image de cette longue scène d'ouverture où le massacre du campement royal se conclut par un viol à peiné voilé. La suite ne sera qu'un déchainement de violence, allant des jeux tribaux (le lancée de haches sur une femme pour vérifier sa fidélité) aux tortures infligées aux prisonniers (ici par noyade). Même les héros du film n'en sortiront pas indemnes, se retrouvant défigurés, mutilés, ou, mieux, dévorés par les loups, trop aveuglés par leur folie vengeresse. Mais c'est aussi cette violence, particulièrement stylisée, qui fait la force et le charme de ce grand film d'aventures par ailleurs extrêmement bien documenté (la reconstitution des décors et des drakkars a ainsi été supervisée par de véritables historiens par souci d’authenticité) et ultra spectaculaire (formidable scène finale d'attaque du château). Le tout porté par un formidable casting (Kirk Douglas, Tony Curtis et Ernest Borgnine). Un film immense, intemporel, de ceux qui nous font rester toute notre vie de grands enfants amateurs de grands spectacles.

 

Les_vikings_Janet_Leigh

 

****

 

Le DVD : Le film est présenté dans un nouveau Master Haute-Définition, en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné des modules documentaires « Un conte norvégien » : making of rétrospectif raconté par Richard Fleischer (27 min.), Interview d’époque de Kirk Douglas (6 min.), « Les vikings, de la réalité au rêve » : interview audio de Bruce et Mark Fleischer, fils du réalisateur, avec des images inédites du tournage du film au château de Fort la Latte, en Bretagne (20 min.), « Richard Fleischer raconte Les Vikings » : rencontre en 1996 avec le réalisateur par Christophe Champclaux et Linda Tahir (28 min.), Bande-annonce d’époque (3 min.).

 

Edité par Rimini Editions, « Les vikings » est disponible en édition collector blu-ray + DVD + livre « L’énigme Richard Fleischer » par Christophe Chavdia (164 pages) depuis le 4 décembre 2018.

 

La page Facebook de Rimini Editions est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!