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14 Apr

Road games

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers

Un grand merci à StudioCanal pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Road games » de Richard Franklin.

 

Road_games

« Conduire un camion ne fait pas de moi un camionneur »

 

Pat Quid, chauffeur routier à l’imagination fertile, accepte à contrecœur un chargement de porc congelé qu’il doit livrer à Perth, à deux jours et demi de trajet.

Mais sur la route, en plus des habitués qu’il côtoie régulièrement, sévit un dangereux psychopathe qui enlève des jeunes femmes, les viole, les tue et les enterre après les avoir démembrées. Quid, aidée de Hitch, une jeune auto-stoppeuse, décide d’attraper le meurtrier…

 

« Celui qui doit mourir pendu ne mourra pas noyé ! »

 

Road_games_Jamie_Lee_Curtis

Grand passionné du cinéma d’Alfred Hitchcock, l’australien Richard Franklin part en Californie étudier le cinéma au sein de la prestigieuse University of South California  où il a pour condisciples les jeunes George Lucas, Robert Zemeckis ou encore John Carpenter. Pour autant, une fois son diplôme en poche, il ne reste pas à Hollywood et repart dans son Australie natale où après plusieurs décennies de balbutiements, la production cinématographique locale est alors en plein essor. Surtout, dépourvu de tout code de censure, le jeune cinéma australien offre à ses réalisateurs un merveilleux espace de liberté artistique et de créativité. Nous sommes alors en plein âge d’or de « L’ozploitation », qui donnera lieu à des films aussi dingues que « Walkabout » (1971), « Wake in fright » (1971) et bien évidemment « Mad Max » (1979). Après plusieurs comédies à tendance érotique, Richard Franklin se fait remarquer grâce au succès du film d’horreur « Patrick » (1978), grâce auquel il peut monter « Road games » (1981) - sorti en France sous le titre « Déviation mortelle » - avec deux vedettes américaines en tête d’affiche, à savoir Stacy Keach et Jamie Lee Curtis.

 

« Je ne cherche pas l’aventure, il y a Disneyland pour cela ! »

 

Road_games_Stacy_Keach

« Road Games » est une étrangeté. Comme une sorte de croisement improbable entre le « Fenêtre sur cour » d’Hitchcock et le « Duel » de Spielberg. Écrit par le scénariste Everett DeRoche, le récit a ainsi été pensé comme un hommage à l’œuvre de Hitchcock et une très libre relecture de son « Fenêtre sur cour », mue par une volonté de lui apporter du mouvement. Le tout ancré dans une mode très eighties prenant pour héros des chauffeurs routiers (« Le convoi », « Maximum overdrive », « Le bras de fer », « Les aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin »...). Ici, un routier américain et une jeune autostoppeuse partiront à l’aventure à travers l’immensité du bush australien à la poursuite d’une camionnette dont ils soupçonnent le conducteur d’être un tueur en série. Ce qui donnera lieu à un road movie particulièrement éprouvant, à la fois âpre et poussiéreux, peuplé de personnages aussi patibulaires les uns que les autres (qu’il s’agisse des clients des bars de fortune le long de la route ou des policiers). Mais toute l’intelligence du scénario est de placer le spectateur dans une position de doute inconfortable : le tueur est-il le mystérieux chauffeur de la camionnette ou bien est-ce le héros qui s’enfonce dans un délire paranoïaque ou , pire, dans le déni ? A l’image de cette incroyable scène de disparition dans les toilettes sordides d’une station service. Car si au fond il n’y a pas mieux que le désert pour faire disparaitre un corps, le bush australien apparait ici comme un espace résolument hostile, qui pèse de tout son poids sur l’intrigue. Porté par une mise en scène hyper efficace et un formidable Stacy Keach, « Road Games » reste un formidable modèle de thriller routier qu’il convient de redécouvrir absolument.

 

Road_games_Richard_Franklin

 

***

 

Le blu-ray : Le film est présenté en version restaurée en Haute-Définition, en version originale anglaise (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné d’une préface de Jean-Baptiste Thoret (9 min.), d’un commentaire audio de Richard Franklin, de « Not quite Hollywood » : interviews de Jamie Lee Curtis, Stacy Keach, Grant Page, Richard Franklin, Everett DeRoche, Vincent Monton et Tom Burstall (1h03) et de « Road Games » revu par Fausto Fasulo (37 min.).

 

Edité par StudioCanal, « Road Games » est disponible dans la collection « Make my day ! » (dont il est le n°8) en combo blu-ray + DVD depuis le 30 janvier 2019.

 

Le site Internet de StudioCanal est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!