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11 Jan

Autopsie d'un meurtre

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers, #Films de procès

Un grand merci à Carlotta pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Autopsie d’un meurtre » d’Otto Preminger.

 

Autopsie_d_un_meurtre

« La loi morale n’est qu’un mythe. Et celui qui tue en croyant qu’elle existe s’achète une cellule à vie »

 

Paul Biegler, avocat blasé qui passe plus de temps à la pêche que dans les tribunaux reçoit un appel de Laura Manion qui le sollicite pour défendre son mari. Ce dernier, le Lieutenant Frederick Manion a assassiné celui qui avait violé sa femme. Le procès débute, mais rapidement la situation se complique. D’un côté, les témoignages ne concordent pas avec les faits, d’un autre, le Lieutenant Manion ne coopère pas… Face à cet imbroglio, Biegler aura bien du mal à déceler les réelles motivations du meurtrier, de sa femme et de la victime…

 

« Comment un jury peut-il faire abstraction de ce qu’il a entendu ? C’est impossible ! »

 

Autopsie_d_un_meurtre_Ben_Gazzara

En cette fin de décennie des 50’s, le cinéma américain se découvre une passion soudaine pour les films de procès. Il faut dire que la chasse aux sorcières du Sénateur McCarthy et de sa Commission des activités anti-américaines aura laissé des séquelles durables au sein de la société américaine. Au point que l’industrie du cinéma, qui fut particulièrement ciblée, mettra un point d’honneur à tenter de réveiller les consciences de ses concitoyens en proposant des films centrés sur l’importance morale d’avoir une justice équitable. C’est ainsi que se succèdent sur les écrans des films fondamentaux comme « Douze hommes en colère » (Lumet, 1957), « Procès de singe » (Kramer, 1960), « Le temps du châtiment » (Frankenheimer, 1961) ou encore « Du silence et des ombres » (Mulligan, 1962). C’est dans ce contexte qu’Otto Preminger, jusqu’alors spécialiste du film noir (« Laura », « Mark Dixon détective », « Un si doux visage »…), réalise en 1959 « Autopsie d’un meurtre », adaptation du best-seller éponyme de Robert Traver publié l’année précédente.

 

« Répondez simplement aux questions et laissez les plaisanteries aux avocats ! »

 

Autopsie_d_un_meurtre_Lee_Remick

Un auteur pas tout à fait comme les autres car se cachait derrière ce nom d’emprunt John D. Voelker, l’un des juges de la Cour suprême de l’Etat du Michigan (et qui joue d’ailleurs le rôle du juge dans le film). Un détail loin d’être anodin tant le récit brille par son souci d’authenticité. Construit autour d’une banale affaire de meurtre, le film est ainsi une réflexion sur les motivations du crime. Avec au centre la question de savoir s’il existe des circonstances atténuantes - ici un motif passionnel - à défaut d’être véritablement disculpantes. Construit en deux parties clairement distinctes, « Autopsie d’un meurtre » se concentre tout d’abord sur le personnage de l’avocat du meurtrier et à son travail pour préparer sa défense (entretiens avec les différents protagonistes, recherches et études d’anciennes jurisprudences...), avant de consacrer sa seconde partie au déroulement du procès lui-même. Comme à son habitude, Preminger n’hésite pas à transgresser les acceptions du code de censure (notamment en évoquant le viol de l’épouse de l’accusé, son comportement, sa sexualité ou encore ses sous-vêtements) pour mieux mettre le public américain face à ses propres contradictions (machisme, facilité à justifier le viol de la femme de par son comportement léger). Et même s’il se montre parfois cynique (l’attitude de l’accusé, le duel très formel et formaliste des avocats et les manipulations auxquelles ils se livrent), le film n’en demeure pas moins un plaidoyer pour une justice plus humaine et pédagogique que bassement punitive. Si on pourra peut-être lui reprocher d’être un peu trop bavard, le film brille néanmoins par la qualité de ses interprètes, James Stewart, Lee Remick et George C. Scott en tête.

 

Autopsie_d_un_meurtre_James_Stewart

 

***

 

Le blu-ray : Le film est présenté dans une nouvelle restauration 4k, en version originale américaine (5.1 et 1.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné de « Otto Preminger And The Dangerous Woman » : portrait d’Otto Preminger réalisé par André S. Labarthe (2012, 58 min.), de « Actualités : reportage TV sur le tournage du film dans l’état du Michigan » (5 min.) et d’une Bande-annonce.

 

Edité par Carlotta, « Autopsie d’un meurtre » est disponible en édition prestige limitée à 2 000 exemplaires comprenant le blu-ray et le DVD du film ainsi que des goodies (fac-similé du livre « Anatomy of A Motion Picture » de Richard Griffith (132 pages, en anglais), un portfolio de 5 photos d’époque, l’affiche du film (40 x 60)) depuis le 30 octobre 2019.

 

Le site Internet de Carlotta est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!