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28 Jan

L'escalier

Publié par Platinoch  - Catégories :  #mélodrames, #Drames

Un grand merci à BQHL Editions pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « L’escalier » de Stanley Donen.

 

L_escalier

« J’ai beau être tout flétri, je me sens toujours jeune à l’intérieur. A l’intérieur, je porte toujours des pantalons serrés »

 

Dans leur salon de coiffure d’un quartier cosmopolite de Londres, Charlie et Harry forment un vieux couple. Bien que faisant toujours front commun pour tenir leurs envahissantes mères à distance, ils traversent une zone de hautes turbulences conjugales. Un rien et ça dégénère, un petit pas de côté et une dispute éclate. S’ils s’aiment toujours, Charlie et Harry se détestent en même temps, de moins en moins capables de se supporter. Quand, dans un élan d’apaisement, Charlie abandonne son égoïsme naturel et manifeste une inhabituelle compassion envers son compagnon, celui-ci ne le reconnaît plus. Ce qui a pour effet de jeter encore un peu plus d’huile sur le feu…

 

« J’aurai tout donné pour être marié. Tout. Jusqu’à mes dents de sagesse ! »

 

L_escalier_Richard_Burton

Danseur de formation, Stanley Donen se destinait à une carrière sur les planches, à Broadway, où il débute à seulement quatorze ans. Mais le hasard en décidera autrement. Sa chance viendra de sa rencontre décisive avec un autre danseur plus aguerri, Gene Kelly, qui sera promis à une grande carrière hollywoodienne. Appréciant ses talents de chorégraphe, c’est d’ailleurs Kelly qui le fera venir à Hollywood où ils réaliseront à quatre mains leurs propres films – « Un jour à New-York » (1949), « Chantons sous la pluie » (1952), « Beau fixe à New-York » (1955) – qui remettront le film musical au goût du jour. Mais au milieu des années 50, les deux hommes mettent un terme à leur collaboration artistique pour se consacrer à des projets plus personnels. Donen se spécialisera ainsi dans la réalisation de comédies sophistiquées, qu’elles soient romantiques (« Drôle de frimousse », « Indiscret ») ou policières (« Charade », « Arabesque »).

 

« Si je vais au ciel, je te promets, il y aura deux toilettes. Et c’est pas moi qui les nettoiera ! »

 

L_escalier_Rex_Harrison

Mais en cette décennie des sixties, alors que l’occident vit sa révolution sexuelle, Stanley Donen se passionne pour le couple en tant qu’entité. Il signe ainsi plusieurs radiographies de couple en crise (« Ailleurs l’herbe est plus verte », « Voyage à deux ») pour mieux en ausculter et en comprendre les failles et les fractures (temps qui passe, lassitude, perte et report du désir…). En 1969, profitant de ce que le Nouvel Hollywood aborde nombre de sujets longtemps considérés comme tabous, il étend son étude à un couple ouvertement homosexuel à l’occasion de « L’escalier ». Adaptation d’une pièce à succès de Charles Dyer créée trois ans plus tôt, « L’escalier » s’intéresse au quotidien d’un vieux couple d’hommes dans la tourmente. A cette occasion, Donen veut montrer le caractère terriblement ordinaire de ce couple, en proie aux mêmes maux que les couples hétérosexuels (peur du vieillissement, routine, perte du désir). Mais à l’évidence, l’audace formelle de son entreprise est quelque peu sabordée par sa représentation très caricaturale de ses personnages (notamment celui campé par Richard Burton, véritable caricature de la folle, un cran au-dessous de la Zaza de « La cage aux folles ») qui cumulent tous les clichés relatifs aux gays (coiffeurs de profession, efféminés, honteux...). Surtout, il en ressort un portrait peu reluisant et peu émouvant, entre désamour et difficultés à s’assumer. D’ailleurs, au final, le film se révèle assez bavard et plutôt triste. Si on retiendra la prestation improbable des deux grandes vedettes - Rex Harrison et Richard Burton - à contre-emploi, on gardera surtout en mémoire le portrait d’une société encore largement intolérante et peu sensible à la question des droits des LGBT, marquée notamment par les poursuites judiciaires à l’encontre de l’un des deux protagonistes coupable de s’être trouvé dans une boite gay lors d’une descente de police. C’est sans aucun doute là que le film trouve sa dimension la plus marquante.

 

L_escalier_Stanley_Donen

 

**

 

Le DVD : Le film est présenté en version restaurée dans un nouveau Master Haute-Définition, en version originale anglaise (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles. Aucun bonus ne vient compléter cette édition.

 

Edité par BQHL Editions, « L’escalier » est disponible en DVD depuis le 9 juillet 2019.

 

La page Facebook de BQHL Editions est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!