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30 Jan

Pour qui sonne le glas

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films de guerre, #mélodrames

Un grand merci à Elephant Films pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Pour qui sonne le glas » de Sam Wood.

 

Pour_qui_sonne_le_glas

« Tout homme doit se battre pour ce en quoi il croit »

 

Durant la guerre civile, Robert Jordan vient en Espagne combattre pour la République. Il est chargé de faire sauter un pont que gardent les fascistes. Conduit dans les montagnes, il fait la connaissance d’un petit groupe de républicains qui l’aidera dans sa mission. Le chef Pablo est peu combatif et c’est sa femme Pilar qui prend le commandement. L’Américain rencontre également une jeune fille recueillie par Pilar, Maria. Entre les deux êtres pris dans les passions de l’Histoire, va naitre un amour aussi bref que lumineux.

 

« Approche petit capitaine : on t’emmène avec nous ! »

 

Pour_qui_sonne_le_glas_Akim_Tamiroff

Figure majeure de la littérature américaine du vingtième siècle, Ernest Hemingway fut aussi - avec Scott Fitzgerald et Dos Passos - l'une des figures de proue de ce qu'on appela la « Génération perdue », à savoir ces auteurs américains venus se perdre sur le vieux continent – et plus généralement à Paris –  au temps des années folles. Aventurier puis reporter, il arpentera ainsi longuement cette vieille Europe, devenant l'un des témoins privilégiés des troubles qui agitent alors le continent, depuis les tranchées de la Première guerre mondiale jusqu'aux batailles inégales de la guerre d'Espagne. C'est d'ailleurs cette guerre si particulière, où les forces de l'Axe affrontent les brigades internationales comme dans une répétition générale de la seconde guerre mondiale à venir, qui lui inspira son célèbre roman « Pour qui sonne le glas » dont l’adaptation cinématographique sera signée par Sam Wood en 1943. Prolifique réalisateur des années 20 jusqu’aux années 40, le nom de Sam Wood reste parfois un peu injustement attaché au registre de la comédie et à celui des Marx Brothers pour lesquels il réalisa plusieurs films (« Un jour aux courses », « Une nuit à l’opéra »). Pour autant, le cinéaste fut aussi un spécialiste du mélodrame et des sujets plus graves, à l’image de son célèbre « Au revoir, Mr. Chips » (1939). 

 

« Il nous faut vivre notre vie pendant le temps qu’il nous reste »

 

Pour_qui_sonne_le_glas_Gary_Cooper

« Pour qui sonne le glas » est ainsi une plongée plutôt réaliste dans le maquis républicain au temps de la Guerre d’Espagne, dans laquelle on suit un jeune idéaliste américain, combattant des Brigades internationales, venu mener une mission quasi suicide contre un pont stratégique tenu par les franquistes. Comme dans le roman d’Hemingway, Sam Wood y décrit à la fois l’inégalité du conflit et des belligérants (l’équipement et l’organisation de l’armée républicaine frisant l’amateurisme en comparaison de l’armée franquistes), le fatalisme des combattants républicains, comme résignés à se sacrifier pour la cause qu’ils défendent (très belle scène où une poignée de combattants se retrouve pris au piège dans la montagne) et l’urgence de la situation qui exacerbe les sentiments (amour, camaraderie, mais aussi peur et rivalités) au point que tous paraissent plus forts. Soit tous les ingrédients du parfait mélodrame poignant en Technicolor. Mais difficile de ne pas voir aussi dans ce film produit et sorti en 1943 une dimension propagandiste, qui rappelle subrepticement au détour de quelques détails (le récit par Maria des exactions et de la violence dont font preuve les franquistes, alliés de l’Axe) ce contre quoi les américains se battent pendant cette guerre. Sous couvert de ce combat, on s’étonnerait presque de trouver un réalisateur aussi réactionnaire que Sam Wood aux commandes d’un film pro-républicains espagnols. Une grande fresque mélodramatique devenue mythique de par son couple vedette (Gary Cooper et Ingrid Bergman) dont on reprochera seulement sa mise en scène un peu empesée (dans la lignée de celles de DeMille ou Flemming) dans ses décors de carton pâte.

 

Pour_qui_sonne_le_glas_Ingrid_Bergman

 

**

 

Le blu-ray : Le film est présenté en version longue et restaurée dans un Master Haute-Définition, en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné d’une présentation par Eddy Moine, journaliste (14 min.), de « À propos d’Hemingway : la mort, l’Espagne & Hollywood » par Frédéric Mercier, critique à Transfuge (33 min.), d’une Bande-annonce et d’une Galerie de photos.

 

Édité par Elephant Films, « Pour qui sonne le glas » est disponible en combo blu-ray + DVD depuis le 12 novembre 2019.

 

Le site Internet de Elephant Films est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!