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26 Jan

Violence au Kansas

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Westerns

Un grand merci à Sidonis Calysta pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Violence au Kansas » de Melvin Frank.

 

Violence_au_Kansas

« Vous l’avez humilié. Il faudra qu’il vous tue un jour. Mais pas avant que je ne lui en donne l’ordre ! »

 

Marqué au fer rouge par la guerre contre le Mexique, Cam Bleeker s’évade de prison pour rejoindre la ferme où l’attendrait sa femme. Quand il y parvient, sérieusement blessé, il découvre que celle-ci est morte, et que les lieux sont désormais habités par une jeune veuve et ses deux enfants. Si Sam entreprend de s’établir auprès d’eux, les autorités le rattrapent. Contre sa liberté, le gouverneur lui propose un marché : capturer le hors-la-loi Luke Darcy…

 

« C’est tout ce que tout un chacun peut espérer. Un peu de temps. »

 

Violence_au_Kansas_Nicole_Maurey

D’abord connu pour la qualité de son écriture, Melvin Frank mènera une première carrière fructueuse de scénariste, formant pendant près de trente ans un redoutable tandem avec son camarade Norman Panama. A quatre mains, ces deux-là écriront une trentaine de films, pour l’essentiel des comédies romantiques ou musicales qui connaitront de jolis succès populaires. A l’image de « La princesse et le pirate » (1944, avec Bob Hope), « Un million clé en main » (1948, avec Cary Grant et Myrna Loy) ou encore « Noël blanc » (1954, avec Bing Crosby et Danny Kaye). Au début des années 50, le tandem se frottera également à la réalisation (« Le grand secret » en 1952, « Le bouffon du roi » en 1956), toujours à quatre mains, avant de progressivement s’émanciper l’un de l’autre. Ce qui n’empêchera pas Melvin Frank de mener, en solo, une honorable carrière de réalisateur ponctuée de quelques succès tardifs (« Une maitresse sur les bras, une femme sur le dos » en 1973 qui lui vaudra son unique nomination à l’Oscar du Meilleur réalisateur, ou plus tard le méconnu mais très amusant « La duchesse et le truand »).

 

« Je me charge de mes ennemis quand c’est nécessaire. Je l’ai toujours fait »

 

Violence_au_Kansas_Jeff_Chandler

Pour sa première réalisation en solo, Melvin Frank se frotte donc à l’univers du western avec « Violence au Kansas ». Un choix d’autant plus surprenant qu’il s’était jusqu’ici construit la réputation d’être l’un des spécialistes du registre de la comédie légère. La dimension dramatique et la sécheresse formelle de ce « Violence au Kansas » n’en seront donc que plus étonnantes. On y suit un prisonnier en cavale qui se voit offrir un marché par le gouverneur : sa grâce contre la capture de Luke Darcy, un chef de gang local qui met avec sa bande l’état du Kansas à feu et à sang. Toute ressemblance avec le célèbre criminel William Quantrill (« L’escadron noir », « Kansas en feu », « La femme qui faillit être lynchée ») n’étant peut-être pas tout à fait fortuite. Il en ressort un western pour le coup assez original, basé sur une intrigue d’espionnage et d’infiltration, dont l’intérêt principal réside dans la confrontation entre deux personnages dominants et charismatiques : d’un côté un ancien meneur de la guerre contre le Mexique, de l’autre un stratège ambitieux qui rêve de conquérir par la force et la manipulation le pouvoir politique et l’État du Kansas. Et contre toute attente, leur relation – mâtinée de respect mutuel, de méfiance et de rivalité - prendra une tournure inattendue et ambigüe à souhait, jusqu’à devenir quasi passionnelle. Contre toute attente, ce « Violence au Kansas » se révèle donc plein d’audace et plutôt plaisant, offrant un rôle d’une belle complexité à Jeff Chandler. Dommage dès lors que Fess Parker (qui incarnera plus tard pour Disney Davy Crockett à la télévision) n’ait à lui opposer que la fadeur de son jeu. On regrettera également la relative mollesse de la mise en scène qui prive un peu le film d'un souffle qui l’aurait certainement rendu plus mémorable.

 

Violence_au_Kansas_Fess_Parker

 

**

 

Le blu-ray : Le film est présenté en version restaurée dans un Master Haute-Définition, en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné d’une présentation du film par Patrick Brion et d’un documentaire sur Jeff Chandler par le même Patrick Brion.

 

Edité par Sidonis Calysta, « Violence au Kansas » est disponible en DVD ainsi qu’en blu-ray depuis le 25 janvier 2020.

 

Le site Internet de Sidonis Calysta est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!