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21 Apr

Les espions

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers

Un grand merci à Coin de Mire pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Les espions » de Henri-Georges Clouzot.

 

Les_espions

« Moi je n’ai pas d’opinion, j’ai un tiroir-caisse ! »

 

Le docteur Malic est un psychiatre raté. Il n’a que deux malades dans sa clinique délabrée. Il se console en buvant du vin dans le bistrot d’en face. Un soir, un homme l’appelle, il se dit être le Colonel Howard de l’Institut de guerre psychologique des U.S.A. et il lui propose une somme énorme pour héberger un agent qui a besoin de disparaître…

 

« Entre vieux malades on a souvent l’occasion de se rencontrer. Et on se demande toujours lequel des deux enterrera l’autre »

 

Les_espions_Peter_Ustinov

Scénariste de second plan, la carrière d’Henri-Georges Clouzot décolle en plein pendant l’Occupation tandis qu’il devient l’un des principaux artisans de la Continental Films, cette société de production cinématographique à capitaux allemands créée sous l’impulsion de Joseph Goebbels. S’il sera longtemps marqué du triste sceau de la collaboration, cette période lui permettra néanmoins de saisir sa chance et de faire montre de ses talents de réalisateur avec « L’assassin habite au 21 » (1942) et « Le corbeau » (1943). Si son succès perdure après-guerre (« Quai des orfèvres » en 1947), c’est surtout au cours des années 50 que sa carrière atteint les sommets avec « Le salaire de la peur » (1953, qui est récompensé de la Palme d’or à Cannes et de l’Ours d’or à Berlin) puis avec le génialement tortueux « Les diaboliques » (1955). Après un détour par le documentaire avec « Le mystère Picasso » (1956), il revient en 1957 avec « Les espions », adaptation du roman « Le vertige de minuit » de l’auteur tchèque Egon Hostovsky.

 

« Il ne faut jamais parler. Sauf pour faire parler l’autre ! »

 

Les_espions_Curd_Jürgens

Trois ans après le succès de ses « Diaboliques », Henri-Georges Clouzot poursuit dans la même veine sombre du thriller oppressant et sinueux avec « Les espions ». Basé sur un postulat on ne peut plus faustien (un psychiatre accepte d’héberger un mystérieux scientifique recherché en échange d’une importante somme d’argent à même de sauver sa clinique), le film se construit comme un implacable engrenage, sorte de machination machiavélique de laquelle il est impossible de s’échapper. Un récit kafkaïen à souhait qui donne lieu à un étouffant huis-clos dans lequel le héros perd peu à peu pied, ses personnels étant peu à peu remplacés - sans son accord - par des inconnus, tandis que des inconnus scrutent sa maison, usant des pires stratagèmes pour tenter d’investir les lieux. En la matière, « Les espions » est sans doute le plus hitchcockien des films de Clouzot, qui emprunte même au maître de l’angoisse ses gimmicks (en l’occurrence, il fait sien le principe du McGuffin, personnifié ici par le personnage du scientifique après lequel tout le monde court). Si les enjeux des différents personnages ne sont pas toujours d’une grande lisibilité, il en ressort tout de même un film nerveux, sombre et oppressant à souhait. Cerise sur le gâteau : le film s’appuie sur un casting international des plus luxueux composé notamment de Peter Ustinov, Sam Jaffe ou encore Curd Jürgens. Terriblement diabolique !

 

Les_espions_Daniel_Emilfork

 

***

 

Le blu-ray : Le film est présenté dans un nouveau Master restauré en 2K à partir du négatif original par TF1 Droits Audiovisuels. Il est proposé en version originale française (2.0). Des sous-titres français et français pour malentendants sont également disponibles.

 

Côté bonus, la collection « La séance » propose un formidable concept : celui de reproduire les conditions d’une véritable séance d’époque. En mode « Séance complète », le film sera ainsi précédé des authentiques actualités Pathé de la semaine de sortie du film ainsi que de publicités et bandes-annonces d’époque, le tout en HD. En mode film seul, « Les espions » se lancera directement. Une analyse du film par le dessinateur Jacques Tardi vient compléter cette belle édition.

 

Edité par Coin de Mire, « Les espions » est disponible depuis le 6 mars 2020 dans une très belle édition Digibook, limité à 3000 exemplaires numérotés, comprenant le blu-ray + le DVD du film ainsi qu’un livret reproduisant  des documents d’époque (24 pages), 10 reproductions de photos d’exploitation (15,5 x 11,5 cm) et la reproduction de l’affiche d’époque (29 x 23 cm). Un très bel objet qui ravira tous les cinéphiles.

 

Les_espions_pack

 

Le site Internet de Coin de Mire est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!