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29 Mar

Fievel et le nouveau monde

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films d'animation-Dessins animés

Un grand merci à Rimini Editions pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Fievel et le nouveau monde » de Don Bluth.

 

Fievel_et_le_nouveau_monde

« En Amérique tu verras il n’y a pas de chats ! »

 

Persécuté par les chats en Russie, Fievel embarque avec sa famille pour le Nouveau Monde : l’Amérique. Au cours du voyage en bateau, Fievel tombe à l’eau pendant une terrible tempête et échoue dans le port de New-York. Désormais seule, la jeune souris, aidée par de nouveaux amis, va braver tous les dangers pour retrouver sa famille…

 

« Fievel, c’est la dernière fois que je t’emmène en Amérique ! »

 

Fievel_et_le_nouveau_monde_Don_Bluth

Dessinateur de formation, le nom de Don Bluth est d’abord intimement associé au Studio Disney pour lequel il officie pendant près de vingt ans, d’abord en qualité de simple animateur (« La belle au bois dormant », « Merlin l’enchanteur », « Robin des bois ») puis comme directeur de l’animation (« Bernard et Bianca », « Peter et Elliot le dragon »). Mais en quête d’émancipation artistique, alors même que le marché du dessin-animé est plutôt en berne, il auto-produit et dirige un moyen-métrage remarqué, « Banjo le chat malicieux » (1979), qui lui permet de trouver des financements pour développer ses propres projets. Il quitte donc au début des années 80 la firme aux grandes oreilles pour voler de ses propres ailes. Si son premier long-métrage, « Brisby et le secret de NIMH » (1982) ne rencontre qu’un succès d’estime, il est cependant remarqué par Steven Spielberg qui lui propose de produire un dessin-animé centré sur l’émigration des juifs d’Europe de l’est tentant la traversée vers l’Amérique pour fuir la misère et les persécutions.  Un sujet qui touche d’autant plus les deux hommes que leurs grands-parents respectifs ont vécu ce difficile exode. Porté par une critique enthousiaste, le film rencontrera un important succès commercial (84 millions de dollars de bénéfices) qui lancera définitivement la carrière de réalisateur de Don Bluth qui multipliera dès lors les projets (« Le petit dinosaure et la vallée des merveilles », « Rock-O-Rico », « Poucelina », « Anastasia »…).

 

« L’argent n’est rien si on n’a pas la liberté. Et c’est pour ça qu’on est venu en Amérique ! »

 

Fievel_nouveau_monde

Bien ancré dans la fin du dix-neuvième siècle, « Fievel et le nouveau monde » nous invite à une grande aventure qui conduira le héros et sa famille des confins de la Russie tsariste jusqu’aux rives de la côte est de la toute jeune Amérique. Un voyage entre deux mondes alors pleinement antagonistes (un monde féodal ancien et hivernal d’un côté, une jeune démocratie moderne de l’autre) et d’autant plus difficile que le jeune héros perdra accidentellement la trace de ses parents au cours de la traversée. Ce qui donnera lieu à une folle et touchante aventure initiatique – d’inspiration clairement Dickensienne – ponctuée de rencontres marquantes, tantôt bienveillantes et parfois  dangereuses. Sur fond de construction de la Statue de la liberté, Don Bluth réussit l’exploit de raconter aux jeunes spectateurs une réalité historique (les persécutions des minorités en Europe, les traversées de l’océan dans des conditions miséreuses, l’entrée à Ellis Island) en en simplifiant intelligemment les enjeux. En second plan, le film est aussi une réflexion pleine de lucidité sur le monde, présentant la société comme étant finalement menacée des deux côtés du globe par la violence et la corruption. A ceci près qu’en Amérique (c’est le film qui le dit !) souffle un vent de liberté et de justice qui offre même aux plus faibles l’espoir de se bâtir une vie meilleure. Un grand et beau conte historique, dont le seul défaut demeure sans doute ses parties chantées, qui ont un peu mal vieilli. Pour le reste, le film est toujours aussi touchant trente-cinq ans après. A noter que Fievel et sa famille auront l’honneur de connaitre une suite (« Fievel au far west »), cinq ans plus tard, toujours produite par Spielberg mais cette fois sans Don Bluth, qui était alors déjà engagé sur d’autres projets.

 

Fievel_Don_Bluth

 

***

Le blu-ray : Le film est présenté (pour la première fois en France) dans un Master Haute-Définition, en version originale américaine (5.1 et 2.0) ainsi qu’en version française (5.1 et 2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné d’une Interview de Xavier Kawa-Topor, spécialiste du cinéma d’animation (32 min.) ainsi que d’une bande-annonce.

 

Édité par Rimini Editions, « Fievel et le nouveau monde » est disponible en combo blu-ray + DVD (incluant également 5 cartes postales du film) depuis le 17 mars 2021.

 

Fievel_et_le_nouveau_monde_Rimini_Editions

 

La page Facebook de Rimini Editions est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!