Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 Nov

49ème parallèle

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films de guerre

Un grand merci à Cinetrafic ainsi qu’à Carlotta pour m’avoir donné la chance de découvrir et de chroniquer le blu-ray de « 49ème parallèle » de Michael Powell, dans le cadre de l’opération « Dvdtrafic ».

« Le 49ème parallèle. La frontière de l’amitié, entre le Canada et les Etats-Unis. La seule au monde qui ne soit pas gardée »

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/36/19/26/18460555.jpgPendant la Seconde Guerre mondiale, un sous-marin allemand coule un navire près des côtes canadiennes.

Aussitôt, il tente un repli stratégique vers la baie d'Hudson mais il est repéré et bombardé.

Six marins allemands survivants se retrouvent seuls sur le gigantesque territoire canadien. Ils doivent traverser le pays, rejoindre les États-Unis encore neutres, et espérer ainsi s'échapper du continent pour retourner en Allemagne.

« La guerre est accidentelle mais l’art est eternel »

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/36/19/26/18889768.jpgAprès « L’espion noir » (1939) et « Espionne à bord » (1940), « 49ème parallèle » marque la troisième collaboration du mythique tandem britannique composé de Michael Powell (réalisation) et de Emeric Pressburger (scénario). L’originalité de ce film tient en grande partie au fait qu’il s’agit d’un film de propagande, entièrement financé par le gouvernement britannique, qui, en sa qualité de dernier état d’Europe occidentale à résister aux Nazis, encouragea alors les productions de ce type. Entièrement tourné au Canada, le film nous conte les péripéties d’une escouade de nazis, seuls survivants d’un U-boot coulé dans la baie du Saint-Laurent, livrés à eux-mêmes en territoire ennemi et dont le but est de franchir le 49ème parallèle afin de gagner les Etats-Unis, encore neutres à cette époque. A l’évidence, toute l’intelligence et l’originalité du film reposent sur le parti pris des réalisateurs de placer les ennemis au centre de leur récit, qui plus est sur un territoire éloigné des combats. Des antihéros qui se transforment rapidement en envahisseurs menaçant tout ce qu’ils approchent. Cette chevauchée, mortelle, donne lieu à de nombreuses confrontations (souvent mortelles) avec la population canadienne, qui fait courageusement face, à l’image du trappeur québécois joué avec malice par le grand Lawrence Oliver ou de l’ethnologue esthète, campé par un Leslie Howard qui sera quelques mois plus tard l’une des victimes de ce conflit. Mais le véritable moment de bravoure du film se déroule lors de l’arrivée des nazis dans une communauté agricole d’origine germanique. Et notamment lors du discours du chef de la communauté, qui se lance dans un magnifique éloge de la liberté et de la tolérance. Alors bien sûr, le film souffre parfois de son côté « propagande », montrant des nazis exaltés par leur idéologie, incapables le plus souvent de la discrétion nécessaire pour se fondre dans la masse. Même si, au détour de leurs péripéties, les réalisateurs prennent le soin de nuancer les personnalités de leurs personnages (le boulanger notamment), préambules annonciateurs de l’humanisme qui habitera quelques années plus tard leur « Colonel Blimp ». De même, on pourra s’étonner de la présentation faite du peuple canadien, résolument soudé contre l’ennemi (de l’anglophone au québécois en passant par les eskimos), alors même que l’antisémitisme était fleurissant en Amérique du Nord et que les idées des nazis avaient aussi des partisans. Reste que Powell et Pressburger signent là un film engagé et courageux, dont le but était d’effrayer l’Amérique et de l’amener à s’engager au côté du Royaume-Uni. Peut-être y-a-t-il contribué à sa mesure. Quoi qu’il en soit, il mérite largement d’être redécouvert. A noter également qu’il fut récompensé de l’Oscar du meilleur scénario original.

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/36/19/26/18815399.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/36/19/26/18815387.jpg

 

Le Blu-ray : Après « Les chaussons rouges », « Colonel Blimp » et « Le narcisse noir », « 49ème parallèle » est le quatrième film du duo Powell/Pressburger a faire l’objet d’une restauration et d’une réédition par Carlotta. Comme à chaque fois avec cet éditeur, l’édition qui nous est proposée est particulièrement riche et soignée. Tout d’abord, comme pour l’ensemble des titres précités, il faut souligner la qualité du méticuleux travail de restauration qui a été fait et qui permet d’avoir un visuel incroyablement propre pour un film vieux de plus de 70 ans. Disponible en VOST, le film est également accompagné de bonus particulièrement rare et attrayant, « The volunteer », un moyen métrage de propagande signé en 1943 par le même duo.

Le film est disponible dans les bacs en dvd et blu-ray depuis le 23 octobre 2013.

Retrouvez sur Cinefrafic le meilleur des film dans la catégorie par ici et films qu’il faut avoir vu.

 

Commenter cet article

Bob Morane 18/11/2013 07:24


En effet, un très beau film qui a le mérite d'être subtile, sensible, émouvant et d'une incroyable force politique mêlant le drame avec l'humour comme la scène finale. Superbe réalisation, script
intelligent e des interpèretes excellents. Un pur bonheur à voir, nous frappellant les heures sombres.

yetaland 14/11/2013 17:00


Revu il y a pas longtemps avec un ami, c'est vraiment un film a voir !

Archives

À propos

Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!