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29 Jul

Nos 18 ans

Publié par platinoch  - Catégories :  #Comédies

« La dernière seconde du dernier jour de quinze ans de scolarité : t’as qu’une envie, rendre ce moment historique encore plus historique ! »

A quelques jours du bac, un lycéen décide de régler ses comptes avec le professeur le plus vache du lycée. Pas de chance, celui-ci est membre du jury aux oraux ! Pire, il est le père de la jeune inconnue dont notre héros est tombé amoureux au détour d'une soirée...

« - Le bac aujourd’hui ça veut plus rien dire. Si je l’ai, je sais même pas ce que j’en ferai !

  - Obtiens-le déjà, ce sera déjà ça de pris ! »

Réalisateur venu de la télé, Frédéric Berthe revient au cinéma et signe avec ce « Nos 18 ans » son deuxième long, après le raté et indigeste « Alive » (2004). Deux films qui ont en commun de traiter de la jeunesse, de ses tourments, de ses incertitudes et de ses désirs. Reste qu’à notre plus grande surprise, ce « Nos 18 ans » est le remake d’un film italien, « Le jour de l’examen » (Fausto Brizzi – 2006), véritable carton en Italie (le film a été nommé à pas moins de 11 Davide de Donatello) resté inédit chez nous, malgré ses projections très remarquées dans de nombreux festivals de l’hexagone.

« Toi ? Tu veux faire des études ? Des études de quoi ? T’es con comme une bille ! »

Avec sa bande-annonce franchement rasoir, son synopsis pas bien novateur, et sa galerie de personnages plus cons que méchants, ce « Nos 18 ans » sentait le divertissement bien lisse et ringard, dégoulinant de bons sentiments à plein nez, le genre de divertissement gentillet qu’il valait peut-être mieux fuir ou laisser à nos grands-parents pour les soirs de pluie. Et ce d’autant plus que les remakes de films italiens débouchent très souvent sur des crottes (on pense notamment au ratage total de « Last kiss », qui s’inspirait du génial « Juste un baiser »). Il faut dire que la chronique lycéenne s’avère toujours un exercice casse-gueule dans lequel il est difficile de sortir des sentiers battus (premières amours, premiers coups de gueule, relation difficile avec l’autorité parentale et institutionnelle). Et comme pour confirmer nos craintes et nous donner raisons, le film s’ouvrait de la manière la plus catastrophique qui soit, avec une scène sans saveur et totalement ratée où le jeune héros insulte son prof. Totalement bateau. Une impression confirmée un bon quart d’heure plus tard, lorsque le réalisateur réussit à enchainer les scènes nunuches et déjà-vus (la grosse soirée), les personnages caricaturaux (le premier de la classe), et les références au cinéma ringard à papa (« La boum », « Les sous-doués », « Les recalés du dernier rang »). Le film pouvait tranquillement se diriger vers la catastrophe annoncée… C’était sans compter sur une certaine lucidité du réalisateur Frédéric Berthe, capable de voir honnêtement les défauts de son film et de changer son fusil d’épaule en cours de route. Car dès lors, contre toute attente, au fur et à mesure que l’histoire allait se décanter, il fallait bien reconnaître que le réalisateur réussissait à insuffler quelques bouffées de fraicheur salvatrices à l’ensemble. Ainsi, à défaut d’originalité ou de créativité, le réalisateur parvient néanmoins à faire fonctionner quelques scènes comiques (le beau gosse de la bande qui se tape la sœur de sa copine), et quelques passages plus touchants (le prof qui avoue ne pas se remettre du départ de sa femme). Mieux, Berthe nous surprend lors d’un clin d’œil flagrant aux mythiques « Bronzés », rejouant la scène où Blanc/JC Dusse se fait arracher son maillot sur la plage. Une amélioration substantielle qui ne saurait cependant occulter totalement les nombreux défauts du film, qu’il s’agisse de scènes trop clichées (la bande de copains venu soutenir Maxime sous la pluie demandant le pardon de sa copine), inutiles (le départ de la copine pour l’Allemagne), ou les personnages pas assez fouillés (la grand-mère).

« A quoi ça sert qu’on se fasse chier à passer le bac ? Qu’on l’ai ou qu’on l’ai pas, dans 20 ans on sera grosse avec trois gamins débiles et on sera cocue jusqu’à l’os »

Du coup, on en vient à regretter que le réalisateur n’ai pas su donner plus d’envergure à son film, dont le visuel franchement laid ne dépasse pas la qualité d’un téléfilm. On pourra toujours se consoler avec la bande musicale très eighties, avec entre autres réjouissances The Cure ou la Mano Negra. Mais plus que tout, la réussite est clairement à mettre au mérite des comédiens. On retrouve ainsi avec beaucoup de joie un Michel Blanc trop rare, qui se montre toujours aussi impeccable dans son interprétation, aussi à l’aise dans le registre comique que dans celui de l’émotion. Mais le vent de fraicheur du film vient surtout de ses jeunes comédiens. S’ils apparaissent souvent comme étant trop vieux pour jouer des lycéens, on retiendra cependant la belle performance du prometteur Arthur Dupont, qui crève l’écran dans son rôle de beau gosse con la lune, ainsi que celle du héros Théo Frillet. Alors bien sûr au final, « Nos 18 ans » n’égalera pas la joyeuse révolte du « Péril jeune » ni la belle et aérienne authenticité de « A nous les petites anglaises ». Mais contre toute attente, Frédéric Berthe parvient à nous livrer une chronique adolescente plutôt rigolote, aussi maladroite que fraiche, faisant de ce « Nos 18 ans » un film plutôt fréquentable. C’est déjà pas si mal.

  



Commenter cet article

Snifff 31/07/2008 14:31

Et après c'est moi qui suit généreux avec Broken English. Non c'est nul, pas désagréable mais nul quand même. Seul Michel Blanc apporte un peu qualité à ce film...

dasola 31/07/2008 12:15

Bonjour, par ces temps de chaleur, ce film est plein de fraîcheur et j'ai apprécié le fait qu'l ne soit ni vulgaire ni niais et puis Michel Blanc est très bien. Bonne journée.

Bob Morane 30/07/2008 23:21

Ce n'est pas un navet, mais de peu. C'est n'est pas grace au réalisateur mais au talent d'un Michel Blanc génial et de quelques jeunes acteurs qui y croient. Je suis très pressé de voir la version originale italienne en m'attendant à être définitivement déçu de la version made in France. Ou pas...

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!