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03 Feb

Astérix aux Jeux Olympiques

Publié par platinoch  - Catégories :  #Comédies

« César ne vieillit pas, il mûrit. César est immortel pour longtemps. D’ailleurs, le César du meilleur empereur a été décerné à César ! »

 

Grèce. Brutus, le fils de César, vient pour épouser la belle princesse Irina, fille du roi de Grèce, réputée pour être l’une des plus belle femme de l’Empire. Malheureusement pour lui, cette dernière est déjà éprise d’un gaulois, Alafolix, qui lui écrit des lettres d’amour passionnées. Cherchant, à défaut de ne pouvoir l’annuler, un moyen de repousser l’échéance du mariage avec Brutus, la jeune princesse propose à ses deux prétendants de participer aux Jeux Olympiques, afin de déterminer lequel des deux serait le plus brave et mériterait sa main. De retour dans son village d’irréductibles gaulois que nous connaissons bien, Alafolix, accompagné d’Astérix, d’Obélix, de Panoramix et d’Assurancetourix, part donc relever le défi des Jeux Olympiques. Un défi d’autant plus grand qu’il devra faire face aux tricheries et autres coups bas de Brutus, le tout sous les yeux d’Irina et de César lui-même…

 

« L’Egypte a ses sept plaies. César a son fils. »

 

Et de trois ! Après « Astérix et Obélix contre César » (Zidi – 1999) et « Astérix et Obélix : mission Cléopâtre » (Chabat – 2002), « Astérix aux Jeux Olympiques » est la troisième adaptation cinématographique des aventures de notre petit gaulois. Réalisé et scénarisé par le tandem Thomas Langmann (également producteur) et Frédéric Forestier (réalisateur du « Boulet » dont Langmann était scénariste et producteur), le film est la libre adaptation de l’album « Astérix aux Jeux Olympiques » publié en 1968. Fort du succès des deux premiers opus, qui avaient respectivement réuni 9 et 14 millions de spectateurs, cette nouvelle aventure d’Astérix bénéficie du budget colossal de 78 millions d’euros (soit près de deux fois plus que chacun des épisodes précédent), soit le deuxième plus gros budget de l’histoire du cinéma français derrière « Le cinquième élément » de Luc Besson (90 millions en 1997). Une folie des grandeurs voulu par Langmann, qui avoue ouvertement avoir fait un film moins drôle que le précédent mais qui se veut en contrepartie d’un humour plus consensuel, lui permettant de plaire et de marcher dans un maximum de pays européens. Fort d’un budget de 20 millions d’euros pour la campagne marketing, le film sort donc simultanément dans toute l’Europe (exception faite des pays anglophones) sur 5000 copies dont 1000 pour la seule France et autant pour la Russie. Restait à savoir si Langmann réussirait une bonne comédie populaire ou si son « Astérix » ne serait qu’une fumisterie de plus, sorte de grosse machine de guerre sans autre intérêt que d’amasser du pognon.

 

« Désolé, Papa, je suis en retard. Il y avait des embouteillages. Toi qui dit toujours que tous les chemins mènent à Rome, le plus dur c’est d’en sortir ! »

 

Autant le dire tout de suite, je n’avais pas adhérer aux deux premiers opus (même si le deuxième était quand même largement plus regardable que le premier) : fan depuis tout petit de la série de BD de Goscinny et d’Uderzo, les adaptations cinématographiques qui nous ont été proposées ont toujours, selon moi, manquées cruellement de cet esprit intelligent et malicieux qui faisait le sel de la série. Aussi, c’est avec pas mal d’a priori que j’allais voir ce nouvel opus. Et finalement, ce qu’on pouvait craindre de pire a bel et bien lieu sur l’écran. Certes, il y a des moyens considérables, les décors, costumes et autres effets spéciaux sont plutôt réussis. Certes, il y a de la référence (la course de chars tout droit inspirée de « Ben Hur »). Mais tous ces éléments s’enchaînent sans jamais réellement trouver aucun liant. Le scénario est réduit au maximum (deux camps s’affrontent aux JO pour obtenir la main de la princesse) et tient sur un timbre poste, n’étant prétexte qu’à une succession de gags, souvent feignants et pas drôles. L’ensemble est d’ailleurs très mal écrit, manquant de percussion, de phrases faisant mouche, et de reparties bien senties. D’une manière assez générale, c’est là que pêche le film : un manque cruel de talent, de travail, d’originalité et d’inventivité, au profit d’une certaine facilité, une satisfaction constante dans la médiocrité devant tout juste satisfaire le plus grand nombre.

« Alafolix ! Soit sans craintes, je t’inviterais à mon mariage avec la princesse ! J’espère que tu auras la délicatesse de m’inviter à ton enterrement ! »

 

Les défauts du scénario se retrouvent globalement dans la forme du film. La mise en scène est assez médiocre, sans aucune notion de rythme. La direction d’acteur est, elle aussi, assez mauvaise. A quoi sert d’avoir des talents comiques comme Poelvoorde ou Dubosc si c’est pour leur faire faire exactement ce qu’ils font d’habitude ? Pour autant, Poelvoorde, le  vrai héros du film, même s’il peut paraître agaçant par moment, est l’un des rares acteurs à tenter de tirer le film vers le haut. Delon surprend aussi à jouer d’autodérision dans un rôle pour le coup taillé sur mesure pour lui. Cornillac n’a aucun mal à surpasser un Clavier qui ne correspondait par au personnage d’Astérix, pour autant, les scénaristes n’arrivent toujours pas à donner au petit gaulois la personnalité et l’importance qui est la sienne dans la BD. Derrière, Depardieu cabotine toujours autant jusqu’à l’écœurement, Stéphane Rousseau se montre particulièrement lisse et sans saveur, et trop de personnages au potentiel comique important ont été sacrifiés. Que retenir ainsi des apparitions quasi inutiles de Elie Seimoun ou José Garcia ? Et ce ne sont pas les clins d’œil indigestes et souvent inutiles de people qui vont changer les choses : de Zidane à Mauresmo, en passant par Schumacher, Todt, Parker, ou dans un autre registre Lalanne et Dany Brillant, ne manquerait presque que quelques marques pour faire un peu de pub à l’écran. Consternant. Reste les gros effets visuels, éclairages particulièrement flashy, décors en carton pâte façon Parc Astérix, et course de char dont la subtilité et la qualité n’a d’égale que les scènes bien bourrines de la saga « Taxi ». Avis aux amateurs…

 

« Que le sable du stade rougisse du sang des perdants ! Avé ! »

 

Mal écrit, mal réalisé, humour mou du genou, ce troisième épisode cinématographique d’Astérix réalise le sans faute en accumulant tous les ratages possibles. Bien que doté du second plus gros budget pour un film français, la paire Langmann- Forestier ne parvient jamais à insuffler assez d’humour, d’intelligence, ou de souffle à cette aventure, privilégiant trop son aspect commercial et marketing. Dommage, car il y avait sur le papier les moyens financiers et techniques, ainsi que de bons comédiens, pour faire un vrai grand film d’aventures et d’humour populaire. Mais de l’aveu même du réalisateur producteur, le film a été construit de manière à optimiser son exportation et devra tabler sur plus de 12 millions d’entrées France pour être rentable… On est décidément bien loin de l’esprit si léger et subtil de Goscinny et de son petit guerrier gaulois. Avis donc aux amateurs. Pour les autres, cette grande foire à la connerie, ou l’art de prendre les gens pour des cons, est hautement dispensable.

    



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Bob Morane 04/02/2008 17:37

En fait, plus qu'une daube, et c'est une ! c'est surtout une super arnaque. Prétexte à se faire un max de fric et ça en fera, tellement tous les médias le glorifie à outrance que ç'en devient scandaleux de complicité et de matraquage et d'acharnement. On avait eu les sous bronzés, il nous manquait le sous astérix. Oui, pauvre Goscinny !

Melissa 03/02/2008 23:23

Pauvre Goscinny ! Et dire que ce héros national n'est plus qu'une marque... Je préfère encore aller voir Astérix dans son parc !

Non, très sincérement, je ne ferais que me répéter, mais je suis outrée par ce film. Par dans le fait de faire un grand divertissement populaire, mais plutôt dans le discours marketting qui vise à dire que le film a couté... Si le cinéma est un art, qu'est-ce que ce film ? En tout cas, merci à toi et à tous ceux qui ont vu ce film pour nous dégouter encore plus !

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!