Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
04 Aug

Les aventures du Capitaine Wyatt

Publié par platinoch  - Catégories :  #Westerns

« Détruisez ce fort et nous vivrons en paix sur tout ce territoire »

1840. A l'apogée de la guerre, l'armée des États-Unis tente de réduire les derniers groupes d'Indiens Séminoles vivant en Floride. Pour l'aider, elle fait appel au taciturne capitaine Wyatt. Ce dernier a pour mission de détruire un fort dans lequel les contrebandiers entreposent les armes qu'ils livrent aux Indiens.
Leur mission accomplie, les Américains rebroussent chemin après avoir libéré quelques prisonniers, dont une jeune femme, Judy Beckett, dont Wyatt tombe amoureux. Mais faute de pouvoir suivre leur plan à la lettre, ils devront pour regagner leur camp traverser les marais sauvages des Everglades avec les Séminoles à leurs trousses…

« Je tiens à tous les hommes qui sont ici. Autant que vous tenez à retourner à Savannah ! »

Grande figure du cinéma de l’âge d’or hollywoodien, Raoul Walsh aura mené une prolifique carrière de réalisateur s’étendant de l’époque du muet (dès les années 10) jusqu’au milieu des années 60. Période durant laquelle il réalisera plus d’une centaine de films. Touchant un peu à tous les genres, du film d’aventures (« Gentleman Jim », « Barbe Noire le pirate ») au film de gangsters (« Les fantastiques années 20 », « Victime du destin », « La grande évasion ») en passant par les films historiques (« Capitaine sans peur », « L’esclave libre ») ou encore les films de guerre (« Aventures en Birmanie », « Convoi vers la Russie »), c’est surtout dans le genre du western que le réalisateur borgne s’illustrera, avec des films tels que « Les implacables »,  « Une corde pour te pendre », « Bataille sans merci », « La charge de la huitième brigade » ou encore « La rivière d’argent ».

« Est-ce qu’on peut vivre en ne songeant qu’à se venger ? »

Réalisé en 1951, « Les aventures du Capitaine Wyatt » se distingue avant tout des autres westerns par son décor inhabituel. Délaissant en effet l’ouest sauvage, théâtre traditionnel du western classique, le film de Walsh s’intéresse aux guerres indiennes de Floride où l’armée mena de rudes combats contre le peuple Séminole dans les marais tropicaux des Everglades. Un sujet intéressant en soi, puisque peu de films évoquent ce passage méconnu de l’Histoire américaine. Peut-être parce que les Séminoles demeurent l’un des rares peuples amérindiens invaincu, puisque ne s’étant jamais soumis d’aucune façon à l’armée fédérale américaine. Cependant l’originalité du film s’arrête ici puisque le scénario des « Aventures du Capitaine Wyatt » est un copié/collé de celui d’ « Aventures en Birmanie », film de guerre réalisé six ans plus tôt par le même Walsh et porté à l’écran par Errol Flynn. Transposant l’action de la jungle birmane aux marais tropicaux et remplaçant l’armée impériale nipponne par les guerriers Séminoles, le scénario s’appuie sur les mêmes éléments, de la prise d’une position fortifiée à la course poursuite avec l’ennemi aux trousses à travers un territoire luxuriant et hostile. A mi-chemin entre le film d’aventures et le western, « Les aventures du Capitaine Wyatt », en dépit de quelques clichés inhérents au genre (la part d’ombre du valeureux héros, son amour naissant pour la belle ingénue qu’il délivre), réserve quelques bonnes séquences d’action, à l’image de la prise du fort des contrebandiers. Toutefois, l’intérêt du film est gâché par les relents racistes et anti-indiens qu’il dégage constamment. A l’image de Gary Cooper (par ailleurs pourtant très bon dans ce rôle), tout en habits de trappeur, qui les traite notamment de « macaques ». Ou encore de la représentation qui en est faite, les Séminoles apparaissant alors à la fois comme des êtres fourbes (les guerriers qui viennent poignarder les soldats dans la nuit) et cruels (les soldats qu’ils ont donné à dévorer aux alligators(!)). S’il présente sans nul doute une réelle curiosité dans l’univers du western, « Les aventures du Capitaines Wyatt » n’en demeure pas moins un film anachronique, symbole de l’Amérique raciste des années 50, et est à ce titre, assez dispensable.

  



Commenter cet article

clode 17/09/2010 20:50

:)avez vous vu "l'odysee du docteur wassel" ... ?

SUPERBE

vous devriez aimer

Bob Morane 04/08/2010 23:29

Alors que je l'ai vu il y a très longtemps, gamin, j'en ressens encore aujourd'hui toute la colère que ce film m'avait alors inspiré, tant la haine, le mépris et le racisme en est imprégné.

Archives

À propos

Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!