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10 Apr

Blanc comme neige

Publié par platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers

« Jusque là, j’avais fait les bons choix aux bons moments »

Maxime a tout pour être heureux : gérant d'une concession florissante de véhicules hauts de gamme, il est marié à une délicieuse jeune femme et vit dans une confortable villa.

Tout bascule le jour où Simon, son associé, est assassiné par une bande de malfrats.

Tenu de rendre des comptes à ces derniers, Maxime appelle à l'aide ses frères, habitués des petites combines. Mais leur intervention vire au fiasco et Maxime et sa famille plongent dans une situation de plus en plus inextricable...

« Tu me mets du poison dans les veines. Si je replonge, je te tiendrais pour seul responsable »

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Le cinéma est un univers impitoyable où les échecs se payent cash. L’insuccès de son premier long, « Une femme d’extérieur », semble avoir couté cher au réalisateur Christophe Blanc. En l’occurrence, ce dernier aura disparu de la circulation pendant près de dix ans. Dix longues années durant lesquelles il aura un peu travaillé pour la télé (il réalisa entre autre un téléfilm et un épisode de la série « PJ ») et donné des cours à la prestigieuse FEMIS. Dix années surtout durant lesquelles il tentera de monter son deuxième long, « Blanc comme neige », dont il cosigne le scénario avec Roger Bohbot, scénariste entre autres du « Rois et reine » d’Arnaud Desplechin.  

« Je ne cherche pas à me mesurer à eux. Je cherche à gagner du temps. »

Le retour derrière la caméra de Christophe Blanc se fait donc sous le signe du film du genre. Un pari audacieux tant l’exercice s’avère souvent périlleux et casse-gueule. Et ce même en dépit du beau panel d’acteurs réunis autour du réalisateur (François Cluzet, Olivier Gourmet, Jonathan Zaccaï). Néanmoins, sans révolutionner le genre, force était de constater que ce « Blanc comme neige » démarrait de manière plutôt efficace. On s’amusait presque – toute proportion gardée – à trouver quelque chose d’Hitchcockien dans ce personnage a priori sans histoires plongé malgré lui dans un dramatique engrenage qui le dépasse. Et puis, alors qu’elle semblait s’emballer, l’intrigue échappe progressivement au réalisateur. Pour se faire de plus en plus nébuleuse. Outre un manque évident de crédibilité, on regrette ainsi que les motivations des personnages soient aussi obscures autant que les ellipses hasardeuses (dans quels trafics baignent les étranges frangins du héros ? Pourquoi ne tuent-ils pas le gros finlandais ? Pourquoi l’épouse le libère-t-elle ? Que signifie cette étrange dernière image de l’épouse sur un balcon ?) qui plombent franchement le récit. Surtout, on regrette que le réalisateur n’ose pas aller jusqu’au bout de son envie. Car là où un Peckinpah aurait pris un malin plaisir à faire de cette descente aux enfers une ballade hantée par la mort, Christophe Blanc rechigne à faire couler ne serait-ce qu’un peu d’hémoglobine. La palme revenant à cette drôle de fusillade chez les frangins où seul un chien est abattu. Scène d’autant plus étonnante que quelques minutes plus tard, Cluzet réussit un parfait tir de sniper, à plusieurs dizaines de mètres de distance. Dommage donc que ce film, qui dégage tout de même une belle tension tout du long,  ne parvienne pas à tenir ses promesses.

  



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Bob Morane 11/04/2010 20:26

J'en suis resté avec ce désarroi mêlé d'incompréhension et d'attente déçue. Pas nul, pas bien...

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!