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26 Jun

Blue Valentine

Publié par platinoch  - Catégories :  #Drames

« Je pense que les hommes sont plus romantiques que les femmes : elles passent leur vie à rêver au prince charmant et finissent par épouser le premier qui a un bon job et qui restera »


Dean et Cindy, la trentaine, sont mariés depuis quelques années. Ensemble, ils ont une petite fille. Pourtant, leur couple bat sérieusement de l'aile. Traversant une période de turbulences, ils doivent prendre la décision de continuer ou de se séparer.

A travers une galerie d'instants volés, passés ou présents, l'histoire d'un amour que l'on pensait avoir trouvé, et qui pourtant s'échappe… Dean et Cindy se remémorent les bons moments de leur histoire et se donnent encore une chance, le temps d'une nuit, pour sauver leur mariage vacillant.


« Essaye de réfléchir à ce que tu dis plutôt que de dire ce que tu penses » 


Le cinéma américain se laisserait-il « Sundanciser » ? Chaque année, c'est la même rengaine : le festival de Sundance promeut un ou deux films qui font le tour des grands festivals internationaux avant de finir auréolés d'une ou deux nominations aux Oscars. Certains le méritent incontestablement (« Little miss sunshine », « Half Nelson », « Winter's bone ») mais la plupart de ces films paraissent tout de même très surestimés (« Juno », « (500) jours ensemble », « Precious »). Outre « Winter's bone », l'autre film révélé cette année à Sundance était donc « Blue Valentine », le deuxième long du documentariste Derek Cianfrance. S'inspirant du divorce de ses propres parents, le réalisateur a gardé cette histoire en gestation pendant une dizaine d'années, rédigeant pas moins de 57 versions du scénario. « Blue Valentine », dont le titre renvoie à une chanson de Tom Waits, a concouru au Festival de Cannes dans la catégorie « Un certain regard ». Il a également obtenu des nominations aux Golden Globes (meilleur acteur et meilleure actrice) et aux Oscars (meilleure actrice pour Michelle Williams).


« Je ne rêvais pas d'être un mari ni un père. Mais au fond, c'est que je voulais sans le savoir. Et je travaille tous les jours pour rendre cela possible »


« Blue Valentine », c'est avant tout le portrait d'un couple au bord de la rupture. L'autopsie d'une histoire d'amour qui fut autrefois passionnée et qui a laissé la place à un champ de ruines. Sur la base d'un récit éclaté, alternant temps présent et passé par le biais de nombreux flashbacks, Derek Cianfrance tente de sonder l'intimité de ce couple afin de comprendre comment il en est arrivé au point de rupture. Autant le dire, il s'agit là d'une vraie fausse bonne idée tant le sujet et le procédé ont été en vogue ces dernières années. Difficile en effet pour ce film de tenir la comparaison avec des films aussi brillants que le très touchant « Before sunset », le magnifique « Conversation(s) avec une femme », « Les noces rebelles » ou encore « 5x2 » de Ozon. Si « Blue Valentine » réserve quelques moments de grâce (notamment la scène de la rencontre dans la maison de retraite ou celle de la deuxième rencontre, dans le bus, qui doivent tout à la sincérité et à l'émotion de Ryan Gosling), on peine toutefois à y adhérer pleinement en raison du personnage de Cindy (on a toujours autant de mal avec le jeu de Michelle Williams), mal dégrossi et mal écrit, qui rend l'ensemble bancal. En outre, on peine à comprendre réellement son mal être et ses intentions (pourquoi annoncer à Dean qu'elle a croisé son ex dans le supermarché ? Pourquoi ne pas lui dire que son travail nécessite de déménager ?). Sur la forme, le film est pénalisé par un montage un peu trop facile, jouant un peu trop sur les oppositions (enchainement d'une scène où le sexe est triste avec une scène de sexe joyeux, le mariage avec la scène de la séparation, etc…). L'ensemble, beaucoup trop long et trop lent, souffre également des tics inhérents au ciné indé américain : photographie particulièrement terne et desaturée, accumulation de détails faisant le portrait d'une Amérique profonde particulièrement glauque, ambiance dépressive. Reste l'interprétation de Ryan Gosling, toujours extraordinairement à fleur de peau, et la belle bande musicale. Trop peu pour sauver ce film de l'ennui profond qu'il suscite.

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Ben 06/07/2011 12:24

J'ai adoré la simplicité et la sincérité du jeu des acteur. Aussi cette histoire d'amour contre toute raison est vraiment finement écrite, c'est assez brillant bien qu'imparfait.

heavenlycreature 27/06/2011 18:58

Bah mince alors... je l'ai tellement aimé moi ce film!

Bob Morane 27/06/2011 09:59

J'aurais bien aimé aller le voir, mais au vu de ta crique j'hésite un peu... tant d'autres à voir !

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!