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16 Nov

Bouquet final

Publié par platinoch  - Catégories :  #Comédies

« C’est mon 2000ème enterrement aujourd’hui. C’est sûr que j’aurai préféré Notre-Dame. Mais on ne choisit pas ses morts ! »

Jeune musicien un peu rêveur, Gabriel vivote en donnant des cours de musique et essayant de percer dans l’univers artistique. Issu d’une famille d’artistes un peu ratés, on lui a inculqué dès son plus jeune âge l’importance de la créativité artistique, qui prime sur celle du travail de bureau, intellectuellement déshonorante. Pour autant, ayant démissionné de l’école de musique où il enseignait pour un projet finalement tombé à l’eau, Gabriel se retrouve obligé de trouver un emploi rapidement. Répondant à une annonce, il se voit offrir le poste de Directeur Commercial Paris d’une entreprise de pompes funèbres. Poste que convoitait Gervais Bron, sinistre et cynique responsable d’agence pourtant fort d’une quinzaine d’années de métier. Ironie du sort, c’est dans sa succursale et à son insu que Gabriel devra effectuer son stage terrain de trois mois qui doit le former à son futur métier. Les ennuis commencent pour lui, puisqu’il devra apprendre un métier qu’il déteste, faire face à un collègue jaloux, et cacher sa profession à ses parents et surtout à sa nouvelle petite amie, Claire, dont il a – sans le savoir – escroqué le grand-père…

« Ton boulot, c’est de changer les pépins en pépites »

Si « Bouquet Final » demeure la première réalisation de Michel Delgado, ce dernier n’est pas pour autant un perdreau de l’année dans le milieu du cinéma français, puisqu’il est l’auteur depuis près de 15 ans de nombreux scénarii de comédies à succès, souvent portées par Christian Clavier L’enquête corse », le remake de « L’auberge rouge », « Les sœurs soleil », « La vengeance d’une blonde »). Scénariste de ce « Bouquet final », il n’était d’ailleurs pas prévu initialement que Michel Delgado en assure la réalisation. Une « promotion » due essentiellement à l’insistance de son ami Didier Bourdon, qui s’était d’entrée engagé dans le projet, et à la productrice, Sylvie Pialat.

« Au début, moi aussi je n’assumais pas mon boulot. Je disais aux gens que je bossais dans une agence de voyage. Je ne faisais que les allers simples ! »

A priori, la comédie macabre et funèbre est un genre pleinement anglo-saxon, qui trouve son épanouissement dans le flegme et l’humour so british. Une vérité que ne contestera pas ce « Bouquet final ». Car avec son humour réchauffé, banal, et ses situations convenues, le film se situe à mille lieues de l’humour féroce et de l’univers loufoque de films comme « L’amour six pieds sous terre » et « Joyeuses funérailles », ou encore d’une série comme « Six feet under ». Il faut dire que d’un point de vue scénaristique, le réalisateur ne s’est pas trop foulé en nous ressortant tous les poncifs archi usés du genre (le traditionnel personnage du croque-mort un peu poussiéreux et beauf, une profession qui se réjouit des décès synonymes d’affaires et qui exploite toute sorte de combine). Sans parler des jeux de mots fastoches (la mort subite planquée dans les frigos de la morgue), des quiproquos pas franchement neufs ni légers (le rencontre fortuite à un enterrement et le mensonge sur sa profession du jeune héros à celle qu’il aime), et de la sempiternelle scène de cuite, devenue un grand classique de la comédie franchouillarde populaire. Heureusement, quelques scènes plutôt marrantes sortent du lot (la famille qui s’empresse de faire main basse sur l’héritage du défunt, la panne d’ascenseur, les scènes avec la thanatopractrice), mais sans toutefois parvenir à faire oublier les scènes calamiteuses (la partie chez les gitans, avec l’intégrale de Benny Hill) de cette comédie un peu lourdingue et poussive. Reste heureusement les savoureuses performances du toujours génial Didier Bourdon et de Valérie Bonneton, qui permettent à ce « Bouquet final » de maintenir la tête hors de l’eau. Cruelle désillusion cependant pour Gérard Depardieu et Marthe Keller, dont on se demande encore ce qu’ils sont venus faire dans ce film, ainsi que pour Michel Galabru, qui livre une prestation ridicule et indigne de son rang, et pour Marc-André Grondin, qui en fait vraiment des caisses (en sapin, ça va de soi !).  Au final, loin de ce que son titre nous promettait, « Bouquet final » ne dépasse pas le statut de petite comédie divertissante un peu poussive et longuette. Sympatoche, mais pas de quoi se retourner dans sa tombe !

  



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Bob Morane 16/11/2008 09:58

Tu oublies de parler de ma belle Bérénice Béjo toujours aussi... savoureuse ! Sinon, oui, une grosse bouse réchauffée qui sans Bourdon qui ne force pas trop son talent, aurait été un navet de plus du cinéma français qui décidément, soit fait du très bon peu souvent et du très mauvais très très souvent.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!