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04 Feb

Les chemins de la liberté

Publié par platinoch  - Catégories :  #Drames

« Ce ne sont pas nos fusils, nos chiens ou nos barbelés qui vous retiennent. C’est la Sibérie toute entière qui est votre prison »

En 1940, une petite troupe de prisonniers décide de s’évader d’un camp de travail sibérien.
Pour ces hommes venus de tous les horizons, s’échapper de cet enfer ne sera que le début de l’aventure…
Ensemble, ils vont parcourir plus de 10 000 kilomètres, à travers la toundra sibérienne glacée, traversant les plaines de Mongolie, les fournaises du désert de Gobi puis les sommets de l’Himalaya pour franchir la Grande Muraille de Chine. Certains s’arrêteront en chemin, d’autres ne survivront pas aux épreuves. L’Inde - alors sous contrôle anglais - est le but ultime. Mais la route est longue, les rencontres risquées, les conditions physiques épouvantables, et chacun a ses secrets…

« La bonté peut tuer ici. Mais cette faiblesse me servira : si je me blesse, tu me porteras ! »

Cinéaste prolifique, Peter Weir connût d’abord le succès dans son Australie natale durant les années 70, signant notamment des succès comme « Pique-nique à Hanging Rock » ou « La dernière vague », qui allaient lui ouvrir progressivement les portes d’Hollywood. Il traversera ainsi les années 80 avec faste et succès, signant entre autres le magnifique « Gallipoli », « L’année de tous les dangers », « Mosquito Coast », « Le cercle des poètes disparus » ou encore « Green card », collectionnant au passage les nominations aux Oscars. Se faisant beaucoup plus rare à partir de la décennie suivante, signant seulement trois films en vingt ans, Peter Weir renoue toutefois avec le succès en 1998 avec « The Truman show ». Huit ans après le médiocre et historiquement très douteux « Master and commander », il nous revient avec « Les chemins de la liberté », adapté du roman plus ou moins fictionnel et très controversé de Slavomir Rawics, « A marche forcée », paru en 1956. Si les droits du film avaient été achetés dès les années 60 par le comédien Lawrence Harvey, jamais de film n’avait à ce jour été réalisé, en dépit de nombreux projets (dont un porté par Burt Lancaster). Un demi-siècle plus tard, c’est donc Peter Weir qui mène à bien ce projet. Reconstituant les paysages de Sibérie, du désert de Gobi et de l’Himalaya entre la Bulgarie et le Maroc. C’est ce qu’on appelle la magie du cinéma !

« Merci Russie pour ton hospitalité mais je te dis adieu ! »

Véridique aux dires de Rawicz, aucun élément n’a jamais permis de prouver si l’histoire de cette folle évasion était authentique ou non. Mais au fond peu importe. Le récit de ces prisonniers du goulag, poussés par le désespoir et l’instinct de survie, se lançant dans une évasion hasardeuse qui débouchera sur une marche de plus de 11.000 km de la Sibérie à l’Inde via le désert de Gobi constituait en soi le socle d’une formidable aventure humaine. Peter Weir nous promettait ainsi un film fort où la quête intérieure, le dépassement de soi, n’avait d’égale que l’immensité des paysages naturels traversés. Une ode à la liberté et aux sacrifices qu’il faut parfois (souvent ?) faire pour la gagner. Retranscrivant plutôt bien l’atmosphère des procès staliniens et la violence des goulags, il nous proposait ainsi une réflexion sur la condition humaine : capable du meilleur comme du pire, l’Homme est à la fois un loup pour l’homme, alors qu’il est en même temps capable de bonté, de générosité et de solidarité, qualités nécessaires à sa survie. Malheureusement, cette fable humaniste et naturaliste souffre de quelques baisses de régimes notables qui alourdissent véritablement l’ensemble. Comme si ces « Chemins de la liberté » empruntaient trop souvent des chemins de traverses hasardeux qui rallongent fortement l’ensemble, à l’image de cette interminable traversée de la Mongolie. Aussi talentueux soit-il, Peter Weir n’a toutefois pas les qualités d’un Terrence Mallick pour se risquer à faire de longs plans naturalistes silencieux. Le film souffre aussi d’un casting inégal : si Ed Harris et Saoirse Ronan sont, comme à leur habitude, excellents, Jim Sturgess, le héros du film, manque, lui, cruellement de charisme pour son rôle de meneur. Soulignons aussi au passage que l’idée farfelue d’affubler les comédiens d’un accent slave pour parler l’anglais n’arrange pas vraiment les choses. Malgré cela, force est de constater que « Les chemins de la liberté », sans être le meilleur film de Weir, se situe tout de même plutôt dans le haut du panier de la production actuelle. De quoi justifier ses trois (petites) étoiles.

  



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Christophe 07/03/2011 12:16

Pour ma part, j'en ai mis 2 (étoiles). Car, même si, comme tu le dis, le savoir faire de Weir permet à ce film de figurer au-dessus du panier, il manque tout de même de souffle. Je trouve qu'il a zapé des scènes essentielles, comme l'évasion ou la tempête dans le désert, qui ne sont pas assez développées.

Bob Morane 05/02/2011 09:57

Tout a fait d'accord avec toi. In&gale en acteurs, en qualité narrative, un peu trop long, malgré ça je ne me suis pas ennuyé, juste que j'aurais voulu que ce fut mieux.

ffred 04/02/2011 23:13

Oui 3 étoiles : généreux ! Et en effet on est loin de Malick... Je me suis bien ennuyé...

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!