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29 May

Sex and the city

Publié par platinoch  - Catégories :  #Comédies

« Ayant un don naturel pour les articles de marque, j’ai privilégié ma quête de l’amour. Mais la contrefaçon est dure à repérer dans ce domaine »

New York. Les années ont passées pour nos quatre célibataires préférées. Miranda et Charlotte sont désormais mariée et mère de famille, Samatha est partie pour Los Angeles afin de s’occuper de la carrière de son amant, un jeune éphèbe de la télé. Quant à Carrie, après plus de dix années d’une relation tumultueuse, elle semble désormais épanouie aux côtés de celui qu’elle a toujours aimé, Big. Décidés à franchir le pas, les deux tourtereaux décident même de s’installer ensemble dans un luxueux appartement de Manhattan. Une chose en appelant une autre, Big demande la main de Carrie qui accepte. Mais celle-ci, aveuglée par ses rêves de petites filles et par la médiatisation dont elle fait l’objet, décide d’organiser les choses en grand contre l’avis de Big qui souhaitait un mariage en toute simplicité. Ebranlé par la crise que traverse Miranda et son mari, Big commence dès lors à se poser des questions et à remettre en cause l’idée du mariage…

« Je ne crois pas au mariage, alors que le Botox, ça marche à tous les coups »

Lancée en 1998, la série « Sex and the city » aura défrayée la chronique et briser certains tabous, en osant parler de manière débridée et décomplexée d’amour et de sexe du point de vue féminin. Un ton résolument moderne qui aura su trouver un large public, là encore essentiellement féminin, qui se sera passionné pour les aventures de la chroniqueuse Carrie et de ses trois amis aux profils bien définis : la célibatante, la working girl, et la mante religieuse croqueuse d’hommes. Inspirée d’un recueil de chroniques signées Candace Bushnell, la série comptera en tout six saisons. Pour les dix ans de la série, il a donc été décidé de lui offrir un épilogue sur grand écran. Côté réalisation, c’est Michael Patrick King qui s’y colle. Si ce dernier était jusqu’ici novice en terme de réalisation pour le grand écran, il a derrière lui une grande expérience de l’écriture et de la réalisation pour la télévision, puisqu’il a écrit et réalisé de nombreux épisodes de la série. Un avantage de taille donc, et choix logique pour ce grand passage.

« Vous êtes fous de vous marier : tout change avec le mariage »

N’étant pas très branché séries, je dois reconnaître que je suis passé largement à côté de celle-ci. Non pas que le ton m’ait déplu, juste que je n’ai jamais vraiment accroché aux mésaventures sentimentales de ces quatre new-yorkaises, qui s’adressent malgré tout essentiellement à un public féminin. La sortie - pourtant très attendue apparemment – de l’adaptation cinématographique ne m’inspirait donc pas plus que ça. Pour autant, le film est dans un premier temps assez plaisant : le résumé proposé pour nous remettre dans le bain est concis et efficace, les premières réparties fusent, et on a la joie de retrouver nos quatre personnages devenus cultes. Mais l’exercice atteint très vite ses limites. Tout d’abord, il y a le problème de la durée : 2h20 pour l’adaptation d’une série de format court, c’est beaucoup trop long. D’autant que de digressions en digressions, le réalisateur meuble comme il peut avec d’interminables scènes d’essayages de vêtements et autres défilés de couture ou séances photos. Un habillage parfaitement inutile, à moins d’être un(e) malade de fringues, de mode, et de fantasmer sur des interminables séances de shopping. Mais plus que tout, on reprochera au réalisateur d’avoir trahi la tonalité initiale qui avait fait le sel et le succès de la série. Exit donc le langage fleuri, et les propos décomplexés et un peu trash sur l’amour et le sexe : le discours est devenu très lisse, d’une mièvrerie hallucinante, et nos héroïnes d'habitude si volontaires ont rangé leur indépendance, leur mode de vie et leur idéaux au placard, rêvant désormais de se trouver un bon petit mari pour fonder un bon petit foyer. Un hallucinant virage à 360° allant à l’encontre de tout ce que vantait jusque là la série ! Difficile dès lors de rentrer pleinement dans ce film où on se sent tromper sur la marchandise, même si quelques scènes (essentiellement celles de Samantha) et autres joutes verbales (le séjour au Mexique) nous arrachent quelques sourires. Une partie comédie largement pénalisée par la tendance du film à partir dans le mélo et dans d’insupportables élans de bons sentiments faciles (la séparation du couple de Miranda, la dépression de Carrie), qui vont à l’encontre de l’esprit de la série.

« Quelle différence y a t’il entre les sales gars et les braves gars ? Les sales gars te baisent, les bravent gars te baisent aussi. Et les autres te baisent mal »

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 Dommage car derrière, on ne peut que saluer la qualité du scénario – du moins sur la forme – puisque celui-ci arrive à faire exister de manière égale les quatre protagonistes principales, en les dotant chacune d’une intrigue propre. Ceci dit, avec un résultat final dépassant les 2h20, le contraire eut été particulièrement lamentable. Dommage que le réalisateur n’ait pas su faire quelques coupes franches dans les nombreux gras du film (par exemple, le coup de l’assistante de Carrie n’apporte pas grand chose, tout comme celui du Réveillon). La réalisation de King n’est pas non plus fantastique : utilisant les mêmes techniques que sur le format court de la série télé, sa mise en scène s’essouffle assez vite, manquant notamment de rythme. Néanmoins, on restera clément face à la mise en scène du film, ce genre de comédie n’étant pas faite pour proposer une mise en scène inspirée ou innovante, mais pour proposer un divertissement comprenant des éléments familiers afin de satisfaire les aficionados. De même, côté interprétation, difficile de juger les actrices, tant celles-ci sont fidèles à la série et aux personnages à qui elles ont contribué à donner vie. A noter cependant la prestation convaincante de Jennifer Hudson, oscarisée pour « Dreamgirls », et dont le naturel fait ici merveille. Très attendue, cette adaptation sur grand écran de la série à succès « Sex and the city », film de nanas par excellence, devrait faire des entrées et satisfaire les fans et autres spectatrices frustrées fantasmant de jouer les femmes libérées tout en rêvant secrètement au prince charmant. Pour les autres, dont je suis, le film s’avèrera assez décevant, trahissant le ton plus acide de la série, et s’embourbant dans un flot de mélo et de mièvrerie facile. Exercice vain, « Sex and the city » reste un divertissement en mode mineur. Finalement, sur un thème assez proche, « Diamants sur canapé » s’avère être encore aujourd’hui beaucoup plus moderne, réussi et plaisant. A vous de voir…

  



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Bob Morane 14/07/2008 23:22

Extrêmement déçu ! Je viens enfin de le voir, et j'attendais autre chose que ce version de "27 robes" ou autres comédies ratées. Apparemment, le ton de la série n'y est pas, alors pourquoi avoir fait ce navet ? Ta critique représente exactement ce que je ressent. C'est long pour ne rien dire. Il n'y a rien, c'est creux. Pauvres petites femmes riches... Grosse décéption donc. Dommage !

goodfeles 25/06/2008 11:35

bonne analyse ! Je suis un peu du même avis. D'ailleurs j'y ai mi la même note. Cependant, comme tu n'as pas vu la série... je te la recommande vivement car le film est largement moins bon. Moi aussi en général je déteste ces films à l'eau de rose ou sentiments se mélangent à pelle mêle mais Sex and the city est une exception car elle a un charme unique propre à la série que le film a presque totalement enlevé pour plaire à un public plus large. et puis mes autres séries références sont loins d'être comme sex and the city dans le genre... voilà ! Bonne continuation.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!