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25 Feb

Le code a changé

Publié par platinoch

« Mon Dieu : donnez moi la force d’aller à ce diner qui me fait chier »

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Un dîner, c'est la dictature de l'apparence : on se fait beau, on rit, on raconte, on frime, on partage souvenirs et projets. Les angoisses sont cachées sous l'humour et les chagrins étouffés par les éclats de rire. Et pour quelques heures, on y croit ! C'est ça le principal...
Si on a le bon code et que l'on respecte les autres, cordialité, hypocrisie, bonne humeur, on risque de passer une bonne soirée... Mais les masques tombent dès le chemin du retour.

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« C’est une malédiction, je suis toujours en retard quand je vais chez eux »

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Scénariste de renom (« Cousin, cousine », « La grande vadrouille », « La boum », « La reine Margot »), Danièle Thomson s’est lancée dans la grande aventure de la réalisation il y a dix ans, avec « La bûche ». Après « Décalage horaire » et « Fauteuil d’orchestre », « Le code a changé » est sa quatrième réalisation. Comme pour ses réalisations précédentes, « Le code a changé » a été écrit à quatre mains avec son propre fils, Christopher Thomson. Un projet qui est né dans l’inspiration de la réalisatrice peu de temps avant la sortie de son précédent long, « Fauteuil d’orchestre », et qui lui permettait de revenir à un univers plus « réaliste ». Néanmoins, le tournage a été marqué par quelques morceaux de bravoure, comme la scène du dîner, tournée en quatre semaines.

« C’est pas les trompes qui faut lui ligaturer à elle, c’est les cordes vocales »

« J’veux pas aller à ce dîner (…) on s’en fout on y va pas » disait la chanson de Bénabar, que les radio ont matraqué jusqu’à l’écœurement. Il n’empêche, bien nous aurait pris d’écouter ce conseil sage et avisé tant ce « Code a changé » est d’un ennui profond. Pourtant, avec sa distribution pléthorique et plutôt prestigieuse, le film était – forcément – alléchant. C’était sans compter sur l’incapacité de la réalisatrice à se renouveler. Car contrairement à ce que le titre pouvait laisser croire, le code n’a pas tellement changé, la réalisatrice semblant refaire à chaque fois le même film. Traitant toujours des mêmes thèmes (la comédie sociale du paraître dans laquelle tout le monde triche et ment, l’impossibilité de communiquer avec les autres), on y retrouve les sempiternels mêmes personnages de bourgeois, issus des mêmes sempiternelles professions libérales forcément "intelectualisantes"  (avocats, artistes, médecins/chercheurs). Sauf que cette fois, plus encore que dans « Fauteuil d’orchestre », la mayonnaise ne prend pas. Serait-ce l’effet de la crise ? Toujours est-il que les préoccupations futiles et nombrilistes de cette pseudo élite totalement déconnectée des préoccupations du peuple (il n’y a qu’à voir la maison du couple Viard/Boon en plein Paris), ne passionnent jamais. Pire, cette surenchère de fric et de privilèges (qui peut se permettre aujourd’hui de prendre une année sabbatique pour réfléchir à la suite qu’il veut donner à sa vie ?) ôte toute possibilité d’empathie envers ces personnages pédants. De plus, le film de Danièle Thomson souffre d’un scénario bâclé, prévisible, et manquant surtout de folie et d’originalité. Construit à la manière d’un vaudeville bien franchouillard (autrement dit, tout le monde couche avec tout le monde, ou presque), la réalisatrice ne parvient jamais à faire fonctionner les situations comiques (Laurent Stocker et ses phrases à double sens) ni les situations plus émouvantes (la relation DanyBoon/Emmanuelle Saigner ; l’annonce de la guérison de la prof de flamenco), alourdissant l’ensemble de détails inutiles (l’accident de Marina Foïs) et de poncifs sur la mort (l’histoire de la mère décédée) et l’amour. De même, la temporalité décousue, faite d’allers-retours incessants entre le dîner un an plus tôt et le temps présent, complique inutilement un récit déjà dépourvu de toute tension et de tout enjeu dramatique. Reste une brochette de comédiens réputés mais visiblement pas au mieux de leur forme (à part peut-être Marina Foïs ?). En ce sens, on notera les contre performances de Emmanuelle Saigner, Christopher Thomson, Laurent Stocker, Marina Hands ou encore de l’inénarrable Pierre Arditi, qui semblent tous à côté de leurs pompes. Alors certes, ce n’est (et ce ne sera à coup sûr) pas le pire film français de l’année, mais le résultat demeure tout de même aseptisé et très décevant, à l’image d’un cinéma français qui peine à se renouveler et à nous surprendre depuis de nombreux mois. Voilà donc clairement un dîner chiant et sans saveur qu’on aurait pu éviter. A moins de vouloir faire une bonne sieste.

  



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Bob Morane 25/02/2009 10:58

Pathétique, minable, pénible, interminable... C'est vrai que je sais plus qui couche avec qui et on s'en fout tellement c'est inintéressant. Pas la daube de l'année ? non, sans doute qu'il y a déjà eu pire et que d'autres nous guettent, mais il est bien placé. Je rajouterais qu'il y a un côté révoltant dans ces débiltés comme dans LOL, comme un parfum de foutage de gueule...

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!