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11 Aug

Ca commence à Vera Cruz

Publié par platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers

« - Vous cherchez quelque chose ?

   -  Juste 2 ou 300.000 dollars »

-      Vera Cruz, Mexique. Le lieutenant Halliday est à la poursuite de Jim Fiske, responsable du vol de la solde de l’armée dont il avait la garde. Pourchassé par son supérieur le capitaine Blake, qui le croit à l’origine du vol, Halliday se retrouve au Mexique sur les traces du malfrat. Là il rencontre l’ex-fiancée de Fiske et l’embarque dans ses pérégrinations. La course-poursuite commence…

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« - Etes-vous toujours aussi chevalresque avec les femmes ?

-          Peut-être que je vous répondrais un autre jour »

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La société RKO, financée par Howard Hughes, qui aura produit un certain nombre de chef d’œuvres (les premiers Welles dont « Citizen Kane » et « La splendeur des Amberson »; « King Kong », « Nous avons gagné ce soir »), se sera également (et surtout) spécialisée dans la production de films de série B, au potentiel artistique limité, au tournage rapide, et à la rentabilité facile. Fort du succès de « La griffe du passé » de Tourneur quelques mois plus tôt, la RKO décida de produire plusieurs « petits » films noirs, dont ce « Ça commence à Vera Cruz », sorti en 1949. Réalisé par le tout jeune Don Siegel (à qui l’on devra plus tard « L’inspecteur Harry » ou « Le dernier des géants ») qui signe là son troisième film, il a longtemps été dit que ce projet n’avait pour but que de sortir Robert Mitchum de ses problèmes judiciaires (possession de stupéfiants), le tournage justifiant auprès de la justice que l’acteur avait un contrat à respecter.

« - Je dois récupérer ce fusil. La nuit commence à tomber et je ne veux pas la passer à attendre ici avec un simple révolver vide

-          Je ne compte pas moi ? »

Une intention qui ne suffit malheureusement pas à faire un grand film. Car dans le genre, « Ça commence à Vera Cruz » est particulièrement léger. Plus film d’aventure que film noir à proprement parler, ce dernier nous offre une intrigue assez classique et prévisible d’une course poursuite à trois. Mais plus que tout, c’est sa mise en scène qui ne permet pas à Siegel de tirer profit de ce très mince scénario, qui manque cruellement de vivacité et qui s’appuie sur des scènes d’action sans envergure (comme avec cette course poursuite automobile particulièrement désuète – le point d’orgue du film – dont les images ont été accélérées au montage pour leur donner un peu plus de punch). Cette bien pâle aventure exotique finit par toucher le fond et à avoir raison de notre indulgence en raison de son humour décalé et second degré qui repose sur un cocktail lourdingue de références un peu raciste (les mexicains passent pour des gentils cons admiratifs des bons américains) et machiste (Mitchum passe son temps à jouer les papas auprès d’une Jane Greer déjà trentenaire et à lui refuser toute initiative, comme de prendre le volant). Du coup, la consolation vient des interprètes, qui sans livrer ici la plus grosse performance de leur carrière, assurent l’essentiel. Le toujours brillant Robert Mitchum excelle une nouvelle fois dans son eternel personnage de macho décalé, tandis qu’à ses côtés, la pétillante Jane Greer abandonne le costume de femme fatale vénéneuse propre à tout film noir (qu'elle campait dans « La griffe du passé ») pour un rôle ici plus dans la séduction et la complémentarité. Insuffisant cependant pour relever pleinement le niveau de ce film sans prétentions qui a semble-t-il souffert des affres du temps. En bon cinéphile, Eddy Mitchell chantait « Tout commence à Vera Cruz » (clin d’œil au film dans sa chanson « Rio Grande »). Tout. Même l’ennui.  



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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!