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23 Mar

Le déjeuner du 15 août

Publié par platinoch  - Catégories :  #Comédies

« - Ta mère te bloque tout le temps et tu ne sais plus quoi faire ? Tu sais on a tous nos problèmes : moi j’ai de l’eczéma !  - Mais l’eczéma c’est pas grave ! »

Gianni, 50 ans et des poussières, vit avec sa maman dans un grand appartement au cœur de Rome, où il s'occupe de tout : cuisine, ménage et courses. Acculés par les dettes, l'ensemble de la copropriété menace de les expulser car ils n'ont pas payé leurs charges depuis plusieurs années.
Le syndic d'immeuble, Alfonso, propose alors à Gianni un marché insolite : garder sa mère pendant le week-end du 15 août, contre l'effacement de cette dette. Le jour dit, Gianni voit arriver non seulement la mère d'Alfonso, mais aussi sa tante... Victime d'un malaise, Gianni appelle son ami médecin, qui lui demande à son tour un service...

« La Tante Maria est un peu fatigante : elle radote tout le temps ! »

Lauréat du Grand prix du Festival de Cannes 2008 pour le scénario de « Gomorra », Gianni Di Gregorio est un scénariste reconnu en Italie. Avec « Le déjeuner du 15 août », il signe ses grands débuts de réalisateur. Bien que cette petite chronique soit purement fictionnelle, le réalisateur rappel avec malice qu’il y a malgré tout une part de son vécu dans ce film puisque suite à son propre divorce il s’est retrouvé à vivre quelques années seul avec sa mère. Pas étonnant donc de le voir cumuler également les casquettes de scénariste et de comédien principal. A noter également que la plupart des autres comédiens, à commencer par les quatre octogénaires, sont des acteurs amateurs et totalement novices. « Le déjeuner du 15 août » a été récompensé du Prix du meilleur premier film à la Mostra de Venise 2008.

« On aura plus trinqué au 15 août qu’au nouvel an ! »

Petite chronique satyrique sociale et familiale, « Le déjeuner du 15 août » était vendu comme la nouvelle perle du cinéma italien, s’inscrivant dans la lignée des films populaires des années 70 signés par les maitres Scola ou Comencini. La chute et la déception n’en sont que plus dures. Car le film ne vole tout de même pas bien haut. Certes, le personnage de Gianni – quinqua tranquille, désinvolte et porté sur le vin blanc – demeure plutôt attachant. De même pour les mamies qui derrière leur(s) caractère(s) affirmé(s) se révèlent finalement touchantes car débordantes de vie, retrouvant le temps d’une journée et d’une nuit la possibilité de rompre la solitude et une liberté adolescente devenue trop rare du fait de l’autorité des enfants qui imposent désormais les horaires, les régimes alimentaires et les médicaments. Ainsi, l’une se lèvera de nuit pour s’empiffrer d’un gratin de pattes qui lui est interdit pendant qu’une autre se paiera une fugue nocturne dans les rues de Rome. Le problème, c’est que ça ne va jamais beaucoup plus loin et que l’ensemble manque cruellement de mordant et d’enjeu scénaristique. Comme si le scénario n’avait jamais vraiment été terminé. En dépit de quoi le film se fait répétitif (Gianni fait les courses, Gianni boit des verres de blanc, Gianni traine avec son pote le Viking, Gianni fait la cuisine, Gianni fait le médiateur entre les mamies) et devient vite assez chiant, malgré son format vraiment court (il n’excède pas 75 minutes). Bien loin de la vivacité des classiques des années 70, faits de grandiloquence chaleureuse et de douce amertume, ce « Déjeuner du 15 août » se révèle au final trop peu consistant, et bien trop maladroit et soporifique pour tenir la comparaison et pour convaincre. Grosse déception.



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Bob Morane 23/03/2009 22:48

Je ne sais pas ce qui ce cache derrières les mots que tu as aligné, mais j'y trouve une immense poésie dans ce film que je nai pas vu et pourtant, ta critque, bien que négative dans l'ensemble, me donne envie d'aller le voir.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!