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11 Jun

A deriva - Un dernier été

Publié par platinoch  - Catégories :  #Drames

A l’occasion de la deuxième cession de l’opération DVDtrafic, lancée à l’initiative de l’excellent site Cinétrafic, il m’a été proposé de critiquer le dvd du film « A deriva ».

« Ce n’est pas parce que tu ne l’aimes pas que tu as le droit de le maltraiter »

Filipa, 14 ans, passe l'été avec sa famille à Buzios, à côté de Rio de Janeiro (Brésil). Ces vacances seront le théâtre d'un passage douloureux à l'âge adulte et de sa première initiation à l'amour. Filipa découvre avec peine l'infidélité de son père, un romancier célèbre qui trompe sa mère avec une belle Américaine vivant près du petit village côtier. Mais cet événement n'est que le premier d'une longue série de réalisations à la fois douloureuses et enchanteresses que Filipa va être amenée à faire sur sa famille et sur elle-même.

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« J’ai pris une photo de Maman pour toi, parce qu’elle est jolie… »

Un père et une fille font la planche dans l’océan, au large d’une plage paradisiaque. Seuls au monde, dans ce paysage de rêve, caressés par le soleil, ils se laissent dériver. Il règne sur cette image idyllique qui ouvre le film une parfaite sérénité, un calme absolu. Pourtant, comme le rappelle le titre – « Un dernier été » - une tempête s’apprête à ravager ce bonheur en apparence si parfait. En effet, le monde tranquille de la jeune Filipa est sur le point de s’écrouler. Brassant pêle-mêle une série de thèmes, allant de l’explosion du noyau familial (les parents sur le point de divorcer) à la remise en cause de l’image du père (de part son infidélité) en passant par l’éveil à la sexualité, le réalisateur brésilien Heitor Dhalia dresse un portrait sensible de ce difficile passage à l’adolescence, synonyme de perte d’innocence. Le problème, c’est que le canevas scénaristique s’avère tout de même un peu éculé (la partie d’action/vérité pour illustrer l’éveil à la sexualité) et maladroit (notamment quand le film enfile les poncifs comme par exemple le livre écrit par le père de Filipa qui est une mise en abîme de son propre couple). Même si le réalisateur évite certains pièges en jouant avec les faux semblants (l’infidélité du père n’est pas forcément la cause de la séparation mais sa conséquence), ce qui évite au film de tomber dans le manichéisme facile (pour le coup, il n’y a pas de salaud dans l’histoire).

« Toutes les bonnes choses ont une fin »

Pour autant, si « A deriva » pèche parfois côté scénario, force est de constater que sur sa forme, la mise en scène de Heitor Dhalia se révèle d’une esthétique fascinante. Doté d’un sens du cadre incroyable, le réalisateur use des longues focales, d’une photographie aux couleurs chaudes presque irréelles et de musiques aux sonorités nostalgiques pour créer une étrange atmosphère, où l’hédonisme ambiant est constamment traversé par des fulgurances de mort (l’assassinat de la voisine, l’accident de voiture). Impression renforcée par le parti pris de ne pas ancrer son film dans une quelconque réalité (abstraction totale de la pauvreté et de la violence au profit d’un Brésil de carte postale) ou temporalité (aucun indice ne permet de définir la décennie dans laquelle se déroule le film), qui lui confère des accents à la fois oniriques et élégiaques. Dommage toutefois que Dhalia abuse un peu des symboliques faciles. A l’image du rôle omniprésent de l’eau, symbole de pureté (dans tous les sens du terme), qui sépare le monde des enfants (le monde sous-marin, abrité des bruits de l’extérieur) de celui des adultes. Difficile au final d’être totalement convaincu par ce « A deriva ». Malgré son goût d’inachevé, le film n’en demeure pas moins une œuvre visuellement très belle et très aboutie (à l’image de la scène finale, visuellement magnifique). Elle révèle au grand public un réalisateur à l’esthétique très sûre et offre à Vincent Cassel (qui trouve là son premier rôle après sa cure d’amincissement suite au tournage de « Mesrine») l’occasion de révéler une nouvelle facette de son talent dans un rôle inhabituel.

Bonus DVD : L’édition DVD propose le film en trois langues : la version originale portugaise (recommandée) ainsi que les versions française et anglaise. Petit problème de l’édition presse, les sous-titres anglais demeurent incrustés dans l’image du film, quelque soit la version choisie. Côté bonus, un intéressant making-of est proposé dans lequel l’équipe du film (réalisateur, chef opérateur, comédiens) reviennent sur la genèse du projet, son tournage et le choix de la jeune comédienne Laura Neiva, repérée sur un réseau social Internet brésilien. A noter toutefois, toujours sur l’édition presse, qu’il est – hélas ! – impossible de zapper les bandes-annonces des prochaines sorties en dvd.

A Deriva

Un film de Heitor Dhalia avec Vincent Cassel et Debora Bloch.

Distribution : Universal Pictures

Fiche produit Boutique Universal

Date de sortie : 25/05/2010

  



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Bob Morane 15/06/2010 23:40

Film très médiocre, peu crédible, mal joué, très long avec une musique pénible, et certaines scènes sur les gamines extrêmement limite.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!