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06 Apr

Le dernier présage

Publié par platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers

Dans le cadre de la quatrième édition de l’opération Dvdtrafic, le très bon site Cinetrafic m’a permis de visionner le dvd du « Dernier Présage », édité par Metropolitan, sorti dans les bacs le 1er avril.

« Cette route c’est toi qui t’y ais engagé. Précisément cette nuit là. C’est toi qui a fais ce choix. Les hommes forgent leur propre destin, pas vrai ? Rien ne fait autant rire les Dieux… »

Lorsqu'un voyant apprend à Jimmy Stark qu'il mourra peu après la première neige, cet ambitieux voyageur de commerce du Nouveau-Mexique, est en état de choc.

Et pour cause : certaines des précédentes prédictions du medium se sont avérées exactes.

De plus, un de ses collègues ne lui pardonne pas de l'avoir trahi et son ex-complice dans une magouille qui a mal tourné vient de sortir de prison. Lorsque tombe enfin la première neige, Jimmy décide de tout tenter pour renverser le sort...

 « On est toujours là à croire qu’on a le contrôle de notre vie mais en fait on fait peut-être juste ce qu’on devait faire » 

Il n’aura fallu que quelques années à Mark Fergus pour parvenir à se faire un nom à Hollwood. Il faut dire que le bonhomme a signé les scenarii de quelques gros succès, comme le « Iron man » de Jon Favreau (ainsi que son prochain film « Cowboys et envahisseurs » qui sortira sur nos écrans cet été) et surtout des « Fils de l’homme », film de SF signé Alfonso Cuaron que certains considèrent comme culte, et qui lui valut une nomination à l’Oscar du meilleur scénario. Pourtant, ce que l’on sait moins, c’est que ses débuts dans l’industrie cinématographique se sont fait derrière la caméra. En effet, il réalise en 2006 « White snow » - « Le dernier présage » en français – film resté inédit dans nos salles.

 « Le passé c’est comme les sables mouvants : plus t’essayes de t’en sortir et plus tu t’enfonces »

A première vue, ce « Dernier présage » avait surtout l’air d’un mauvais présage. Ou plutôt d’une mauvaise série B, mi-paranormale mi-violente, comme l’Amérique sait les produire à la pelle. D’autant que le réalisateur prenait un malin plaisir à compiler les clichés inhérents au genre. A l’image de ce héros exagérément détestable, de sa rencontre au fin fond du désert avec un medium sorti de nulle part, ou encore de ce décor de Texas poisseux, poussiéreux et sinistre comme ses rades désertiques et ses banlieues sans vie. Seulement voilà, Fergus est un scénariste plus malin qu’il n’y parait. Du genre qui adore prendre ses spectateurs à contre-pied. Renonçant assez vite au trip ésotérique façon série télé du pauvre, il oriente ainsi son film vers quelque chose de plus intimiste et de plus réfléchi. Thriller psychologique doublé d’une quête métaphysique, « Le dernier présage » s’interroge ainsi sur la notion de destin : celui-ci est-il écrit à l’avance de manière immuable et inéluctable ou au contraire se construit-il au gré des actes de chacun ? La question ne cessera de hanter le héros, déterminé à déjouer par tous les moyens les funestes plans que le destin semble lui réserver. Son cheminement passera ainsi par une longue descente aux enfers : sombrant dans la peur et la paranoïa, il devra affronter ses vieux démons et exorciser ses fautes passées pour pouvoir faire face, sereinement, à l’adversité. Avec un tel sujet, Mark Fergus abordait son premier film de manière résolument ambitieuse. Car pour tout dire, il s’aventurait en terrain particulièrement miné. Et si le résultat n’est pas forcément déplaisant, force est de constater qu’il souffre tout de même de quelques maladresses (grosses baisses de régime et manque d’action, notamment, de même que le scénario est parfois un peu confus) qui le rendent quand même un peu bancal. Un premier film pas mal donc, mais pas totalement abouti.

 

Le dvd : Le film est disponible en VF et en VOST et est accompagné de sa bande-annonce (là aussi en VF et en VOST) et de deux courtes interviews des deux acteurs principaux (4 minutes chacune). Si l’interview de Pipper Perabo est purement anecdotique, celle de Guy Pierce se révèle un peu plus intéressante, notamment lorsqu’il évoque sa préparation et son interprétation du scénario.



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Laurent 01/10/2011 10:37



Très beau billet, sur ce film mal "vendu" lors de sa sortie DVD...je lui ai consacré un petit billet sur mon blog aussi (oui, c'est de l'auto-promotion )....


Au plaisir de relire !



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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!