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26 Aug

La fiancée errante

Publié par platinoch  - Catégories :  #Drames

« Pourquoi me dis-tu que me regarder dans les yeux est devenu une véritable torture ? »

 

Mar De Las Pampas, Argentine. Dans le car qui les amène de Buenos Aires jusqu’à la station balnéaire, un couple se dispute. Au moment de descendre du car, Inès descend la première pensant que Miguel, son compagnon, va la suivre. Mais lorsqu’elle se retourne, le car repart et Miguel a préféré rester à l’intérieur et ne pas la suivre. Désemparée, elle se rend à l’hôtel où ils avaient réservé afin de passer quelques jours au bord de la mer. Mais dans une ambiance hors-saison d’une région qu’elle ne connaît, Inès, dans un état second de flottement, ne peut se résoudre à la séparation inéluctable qui se présente à elle…

 

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« J’ai l’impression que pour toi, un couple, c’est deux personnes assises à côté l’une de l’autre et rien de plus »

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.Ana Katz. Bodega Films

Présenté en Sélection Officielle au dernier Festival de Cannes, dans la catégorie « Un Certain Regard », « La fiancée errante » est le second long d’Ana Katz. Si, depuis quelques années, on assiste à un renouveau assez surprenant et spectaculaire du cinéma argentin, Ana Katz fait déjà, du haut de ses deux films (sélectionnés tous les deux dans des Festivals prestigieux), figure de personnalité importante de cette nouvelle génération. Malgré cela, la sortie du film sur nos écrans s’est faite dans une certaine confidentialité.

 

« Tu me laisses seule le soir au bord de la route, et tu veux que je me taise ? »

 

Ana Katz. Bodega FilmsOn est frappé en premier lieu par la belle sincérité d’Ana Katz. Sincérité dans l’écriture du scénario, qui ressemble à un instantané très naturel d’une rupture sentimentale à laquelle on ne veut pas faire face. Entre une flopée de coups de téléphone, qui la mène entre dépossession blessante et mesquineries, et entre combat pour garder l’autre et pour préserver sa propre dignité, Ana Katz nous livre une jolie palette des sentiments de la rupture sentimentale, avec un côté naturel qui fleure bon le vécu. Mais de la sincérité, on en trouve aussi dans l’interprétation parfaite de l’actrice réalisatrice, qui dans un rôle central et omniprésent nous offre une prestation d’une rare justesse, sans artifices ni effets. Même constat pour la réalisation, qui cherche toujours à être au plus près de l’interprète principale, et qui joue énormément sur le côté étouffant et impersonnel du vide et du calme de la station balnéaire, un endroit où il ne se passe quasiment rien, pour encore mieux nous faire ressentir l’absence de cet autre. Un autre qui n’apparaît visuellement que dans les premières minutes, et dont l’absence est omniprésente durant tout le reste du film.

 

« Je me dis que si tu étais là avec moi, on serait en train de faire la fête, de trinquer »

 

Bodega FilmsSi ce travail de mise en scène est totalement défendable et pertinent, il peut être, à mon sens, l’objet également des principaux reproches que l’on peut faire à ce film. Car cette mise en scène minimaliste, qui repose également sur un dépouillement des dialogues et donc de grandes plages de silences contemplatifs, est assez déroutante. Ainsi, et ce malgré la relative courte durée de ce film (1h25), on regrettera un manque évident de rythme, un aspect contemplatif beaucoup trop présent, pour un résultat finalement très peu passionnant. Certaines scènes, comme celles où le personnage principal reste sans parler à écouter le silence de son compagnon dans le téléphone, sont symptomatiques de ce film pénalisé par de réelles longueurs. De même, le jeu de mouvements d’Inès, qui revient inlassablement sur ses pas, pour mieux nous montrer son agitation psychologique et ses doutes, pour finir par une grande scène de calme, d’apaisement après l’acceptation de la séparation, repose quand même sur un symbolique un peu facile et lourdingue.

 

« Ça me rend très triste ce qui se passe »

 

Ana Katz. Bodega FilmsMalgré cela, cette « Fiancée errante » remplie son objectif, qui était de réaliser un film personnel, intime et sensible. A ce titre, on saluera le gros travail d’Ana Katz, scénariste, réalisatrice et actrice principale du film. Mention particulière pour la sincérité de son scénario et surtout pour sa très grosse performance de comédienne. En revanche, on sera moins convaincu par la forme de ce film, trop minimaliste et trop lent, pour nous plonger complètement dans cette banale histoire de rupture sentimentale.



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Fritzlangueur 28/08/2007 16:50

Critique à faire des envieux effectivement... lol Tu as tout dit. Moi je me suis laissé bercer par cette joile errance, parce que c'était un film type pour l'été, dépaysant, simple, sensible et au finish aussi bizarre que cela paraisse ben j'ai accroché... A voir !

Bob Morane 27/08/2007 07:08

Belle critique, qui elle révéle des défauts à ce film, n'en montre pas moins suffisament de qulités pour me donner envie d'aller le voir.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!