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29 Aug

Be happy

Publié par platinoch  - Catégories :  #Comédies

« -  Vous avez quel âge ? 22 ? 23 ?

   -   C’est gentil, ça ! Je vous garde !!! J’en ai 30. Et je suis une vieille fille avec ça !!! »

Institutrice, Poppy est une jeune femme aussi drôle et fantaisiste que rationnelle et déterminée. A l'écoute des autres, elle séduit tous ceux qui l'approchent, adore ses élèves et s'investit complètement dans son travail. Poppy vit en colocation avec une copine, Zoe. Elle sort beaucoup avec ses soeurs cadettes, et s'éclate en prenant des cours de flamenco et de trampoline. Quand elle se décide à apprendre à conduire, sa gentillesse et son sens de l'humour semblent même amadouer son moniteur d'auto-école pourtant peu aimable et très cyclothymique. Tout va donc plutôt bien dans la vie de la positive Poppy, surtout quand elle rencontre, dans le cadre de son travail, Tim avec lequel elle se sent aussitôt sur la même longueur d'ondes.

« Je suis foncièrement heureusement, même si parfois c’est dur. J’adore ma vie, mon boulot, ma liberté. J’ai une chance folle »

.

Bien que relativement peu prolifique (ce « Be happy » n’est que son douzième film en près de quarante ans de carrière), Mike Leigh s’est imposé comme l’un des réalisateurs britanniques majeurs de sa génération. Comme en atteste ses nombreuses récompenses aux BAFTA, ses cinq nominations aux Oscars, et sa Palme d’or obtenue à Cannes en 1996 pour « Secrets et mensonges ». Reste que si le réalisateur a construit sa carrière essentiellement dans le registre dramatique (« Naked », « Vera Drake »), il était plus étonnant de le retrouver dans un registre plus léger, celui à la mode du « Feel good movie ». Bien lui en a pris visiblement, puisque son film a été primé de l’Ours d’Argent lors du Festival de Berlin 2008, tandis que sa comédienne principale, Sally Hawkins (aperçue dans le « Rêve de Cassandre » de Allen) a été récompensée du Prix d’Interprétation féminine.

«  -  Arrête d’être gentille. Tu pourras pas rendre le monde heureux.

    -  On peut toujours essayer ! »

On nous promettait un feel good movie, de ceux, générationnels, qui vous parlent d’une époque, du quotidien le plus commun, mais qui vous collent une banane durable. Sauf qu’ici, c’est tout le contraire. La fantaisie de Poppy, sorte d’Amélie Poulain anglaise, se résume à s’habiller comme une clocharde, à prendre tous les évènements de la vie de manière positive et à se marrer de tout, afin de « rendre les autres heureux ». Le problème c’est que Poppy en fait des caisses à se marrer comme une neuneu pour un rien. D’autant qu’au fond, contrairement à ce qu’elle veut bien affirmer, Poppy est comme les autres, et a toutes les peines du monde pour trouver l’amour. Construit de manière beaucoup trop didactique, avec une succession de saynètes genre « Poppy à l’école », « Poppy avec ses copines », « Poppy au cours de flamenco », le film souffre d’un format clairement trop long (près de deux heures) qui ne sied pas du tout à un scénario finalement aussi creux et niais. D’autant que le réalisateur se complet dans des scènes franchement too much qui n’apportent pas grand chose, comme les interminables scènes de leçons de conduite automobile (qui ne sont même pas drôles !), ou celle de la rencontre de nuit avec un clochard. Au final, Poppy apprendra a ses dépend que son petit jeu euphorique peut aussi rendre les gens malheureux, comme son prof de conduite, qui a pris son comportement pour des avances et qui est amoureux d’elle. Tout ça pour ça. On est d’accord, c’est chiche ! Sur la forme, le film souffre d’une mise en scène dont l’apparence un peu « cheap » est très factice pour mieux coller au standard du cinéma indépendant, avec ses plans au plus proche des personnages et ses éclairages faussement naturels, censés rappeler par certains aspects le documentaire. Reste les interprètes qui se débâtent comme ils peuvent avec leurs personnages caricaturaux à mort. La pétillante Sally Hawkins parvient à développer des trésors de charme afin de compenser l’hystérie maladive de son personnage, tandis que Eddie Marsan, se montre plutôt convaincant en moniteur de conduite mal dans sa peau et raciste. Mais leurs efforts ne suffisent pas : si « Be happy » demeure une petite comédie douce-amère regardable, elle n’en est pas moins bien factice, cucul, et vite agaçante et ennuyeuse.

  



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Bob Morane 31/08/2008 16:45

Pour ma part, je suis de l'avis d'Anna. Ce film, Malgré quelques petites longueurs et la scène du clochard en trop, est plutôt réussit. Il me semble qu'on s'y reconnais plus ou moins, ou qu'on a un proche comme Poppy. Rien à voir avec Amélie Poulain, et loin d'être futil et mineur (n'y a t-il pas là un peu de misogynie ?) Bref ! un film qui ne laisse pas indifférent. A voir celui-ci, autant que "Rien que pour vos cheveux"

Snifff 31/08/2008 12:39

Mais pourquoi vous allez voir ça aussi ? Y a Rien que pour vos cheveux à l'affiche. Courez le voir !

VincentLesageCritique 30/08/2008 09:58

Moi je penche plus de ton côté, Platinoch, que du côté d'Anna. C'est extrêmement futile et mineur.

Platinoch 29/08/2008 10:32

Bien sûr, je suis d'accord avec toi Anna, il y a ce désespoir sous-jacent qui pointe régulièrment pour nous montrer au fond les failles de Poppy. On pense notamment à la scène où sa soeur enceinte lui fait la morale ou celle avec le clochard. Néanmois, j'ai trouvé pour ma part que ces scènes sonnaient franchement faux. Maintenant ce n'est qu'un avis;)
D'autant que j'ai trouvé le moniteur d'auto école facho hyper caricatural...
J'ai vraiment pas accroché du tout à "Be Happy", qui est pour moi un film assez artificiel, hystérique, et quand même un poil niais... désolé!!!

Anna 29/08/2008 09:56

Shit, I really don't agree. Il y a beaucoup de second degré, une distance, une ironie derrière tour ça. Poppy n'est pas Amélie Poulain, sa bonne humeur est sur fond de lucidité, de mélancolie voire même de désespoir.
Si l'héroïne est si exaspérante (surtout au début) c'est justement parce qu'il y a malaise. Elle a un autre rapport à la vie que celui de beaucoup de gens, à commencer par ce moniteur d'auto-école facho qui s'englue dans sa misère parce qu'il a choisi de la montrer et non de l'ignorer comme le fait Poppy.
Ce n'est certes pas la panacée mais c'est tout ce qu'elle a trouvé pour supporter mieux une vie - et une société, car le propos est aussi celui-là - qui ne lui apporte pas que des satisfactions. Mike Leigh n'est pas devenu cucul, merci pour lui !
Le début m'a un peu inquiété, un peu trop hystérique, mais par la suite j'ai trouvé que c'était un bonheur, et franchement hilarant à plusieurs reprises (les cours de flamenco !).

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!