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12 Nov

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Publié par platinoch  - Catégories :  #Drames

« Qu’est-ce que tu croyais ? Que ça allait rester une piste de roller toute ta vie ? Cette fois ils arrivent »

Au milieu d'une campagne calme et désertique s'étend à perte de vue une autoroute inactive, laissée à l'abandon depuis sa construction. Au bord du bitume, à quelques mètres seulement des barrières de sécurité, se trouve une maison isolée dans laquelle vit une famille. Une famille paisible, qui semble avoir trouvé dans cet isolement le fondement même de son bonheur et de son bienêtre. Pourtant, la finalisation des travaux de l’autoroute et son ouverture aux automobilistes vont bouleverser leur équilibre définitivement. Dès lors que faire ? Partir chercher un nouveau paradis ailleurs, ou rester dans le lieu du bonheur passé ?

« Tu vas pas nous faire déménager ? C’est chez nous ici. Je ne pourrais pas repartir et recommencer ailleurs. C’est difficile ici, mais c’est chez nous »

Assistante du réalisateur suisse Alain Tanner, Ursula Meier s’était fait remarquer en réalisant une poignée de documentaires et un téléfilm pour Arte en 2002, « Des épaules solides » pour la collection « Masculin-Féminin ». Elle signe avec « Home » son premier long métrage de cinéma. Un long dont elle affirme clairement qu’il est un « anti-roadmovie ». Tourné en Bulgarie à l’été 2007, le film aura permis aux acteurs Isabelle Huppert et Olivier Gourmet de se donner la réplique pour la première fois car bien qu’ayant partagé deux fois l’affiche d’un même film (« Le temps du loup » de Haneke et « L’amour caché » de Capone), les deux comédiens n’avaient jusqu’alors jamais partagé une scène ensemble. Primé dans de nombreux festivals, tels Angoulême et Reykjavik, « Home » a été présenté au 61ème Festival de Cannes, dans le cadre de la Semaine de la Critique.

« On ne partira jamais, il n’y a qu’ici que maman se sent bien »

Imaginez une maison perdue en rase campagne sur le bord d’une autoroute qui n’a jamais été terminée. Toute une famille y vivrait heureuse et comblée (sans qu’on sache trop de quoi !). Jusqu’à ce que l’autoroute ne soit brutalement ouverte à la circulation, privant la petite famille de calme, d’isolement et d’intimité. « L’enfer c’est les autres » disait Sartre. C’est apparemment un avis partagé par la réalisatrice qui pour son premier long nous propose cette petite fable décalée et absurde, traitant des affres du progrès et de l’impossibilité de vivre coupée du monde. Si la réflexion, dans l’air du temps, pouvait se justifier, difficile en revanche de trouver une justification à ce film qui n’en est pas un. Abscons et inutilement prise de tronche, il s’inscrit pleinement dans ce cinéma faussement cérébral et parfaitement élitiste dont nos réalisateurs se sont fait les spécialistes et qui contribue au discrédit de notre production cinématographique. Car sur un synopsis déjà nébuleux et d’une rare vacuité, la réalisatrice parvient à placer tous les clichés inhérents au genre : la famille type « Larzac » dont on ne sait pas trop de quoi elle vit et dont la présence en plein désert de nature a presque quelque chose de militant, le goût pour le côté « naturel » qui les pousse à se balader assez souvent à poil, le petit dernier prenant systématiquement son bain avec sa sœur qui pourrait être sa mère, ou encore la petite fable morale avec son petit discours écolo-bobo (la voiture ça pollue, c’est pas bon pour la santé, il faut manger bio). Le tout agrémenté de sporadiques dialogues aussi vaporeux que creux (on passera sur l’interminable pari de la voiture rouge ou verte mais pas sur le redondant « je vais faire du blanc ») portés par des acteurs hystériques et faussement évanescents (Isabelle Huppert a bien du jouer ce type de rôle une bonne dizaine de fois ces dernières années). Le film trouvant enfin son « apogée » dans une dernière partie interminable et hystérique, aussi ridicule que grotesque, de bunkerisation de la maison. Bien sûr, il y aura toujours des « lumières » pour y trouver des métaphores sur les dérives de nos sociétés, la déshumanisation, l’isolement, la téléréalité ou la paranoïa. A ce titre, il est probable que les critiques ciné de Télérama et Libé s’en masturbent encore de bonheur. Malheureusement, tout le monde ne va pas au cinéma pour briller ensuite dans les diners mondains. La plupart des spectateurs se rendent au cinéma dans l’espoir de voir un divertissement de qualité. A ce titre, et d’autant plus dans cette période de crise où le cinéma devient un luxe, faire payer 9€ pour voir ce vide sidéral, cette énorme bouse boursoufflée et prétentieuse, tient purement et simplement du scandale. Au point de faire affirmer à l’auteur de ce post qu’il préfèrerait largement se tirer une balle que de subir un second visionnage de cette nullité sans nom !

  



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VincentLesageCritique 18/11/2008 07:47

Oula, ça fait mal ! ... Moi qui songeais à débourser 9€ (enfin 6, et oui les étudiants sont de sales nantis !) je viens d'être copieusement refroidi, hihi.

Bob Morane 12/11/2008 18:04

Au même titre que la jeune fille qui se barre de ce merdier, j'en avais autant envie qu'elle, mais bloqué par un petit vieux heureux de voir que la voiture était blue, si si, j'ai eu même droit au rire sénile, j'ai du m"endormir de torpeur face à.... comment appelle t-o,n ça ? du foutage de gueule ? Dites, elle revient la jeune fille ? dont apparement, la réalisatrice semble baver un peu à la façon Chabrol.

pierreAfeu 12/11/2008 13:54

Ah non ! Je ne suis absolument pas du tout d'accord avec toi. Ce film est une fable tragi-burlesque souvent très drôle (la voiture rouge et la voiture verte par exemple) et n'est nullement élitiste ni prétentieuse. pas de discours, pas de métaphore lourde (chacun y voit ce qu'il veut. Pour exemple, l'obsession du Co2 n'appartient qu'à un personnage et est traité de façon ironique), et une réussite formelle rare pour un premier film. Et puisqu'il s'agit de divertissement de qualité, je dois dire que j'ai pris un grand plaisir à voir ce film atypique, pas intello du tout, loin, bien loin du didactisme pesant de certaines de nos réalisations françaises.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!