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05 May

Les hommes préfèrent les blondes

Publié par platinoch  - Catégories :  #Films musicaux

« Tu es le seul être vivant capable, avec une lumière dans les yeux, d’apercevoir un diamant caché dans une poche »

Lorelei et Dorothy sont chanteuses de cabaret. Bien qu’étant les meilleures amies du monde, elles se distinguent pas leur personnalité diamétralement opposées. Ainsi, la blonde Lorelei cache son côté croqueuse de diamants en jouant les douces et naïves ingénues. A l’inverse, la brune Dorothy qui n’accorde que peu d’importance à la fortune, cache son côté romantique derrières des allures de croqueuse d’hommes. Embraquant à bord d’un paquebot en route pour la France où le futur et riche mari de Lorelei doit les rejoindre ultérieurement, les deux femmes multiplient les rencontrent masculines. Mais contre toute attente, Lorelei est épiée dans chacun de ses gestes par un détective privé, embauché sur les ordres du père de son richissime courtisan, prêt à saisir le premier prétexte venu pour faire capoter toute éventuelle union…

« Dorothy ne sait pas s’attacher aux hommes riches. Uniquement aux hommes beaux. Elle dit que si un homme est beau, elle en oublie l’essentiel »

Adaptation d’une pièce à succès de Broadway, « Les hommes préfèrent les blondes » est réalisé par Howard Hawks – dont ce sera l’unique comédie musicale – en 1953. Si initialement il était prévu que le duo principal serait composé de Jane Russell et Betty Grable, c’est finalement Marilyn Monroe qui coiffa le rôle à cette dernière, profitant de son nouveau statut acquis par le récent succès de « Niagara » (Hathaway – 1953), et des cachets exorbitants de Grable. Ainsi, bien qu’ayant le rôle central du film, Marilyn Monroe sera payée dix fois moins que sa partenaire Jane Russell. Mais les économies ne seront pas celles espérées par les studios, qui reprocheront à Marilyn ses exigences, ses caprices, et une certaine forme de manque de confiance en elle, exigeant en outre de refaire un nombre incalculable de scènes, prolongeant ainsi conséquemment la durée du tournage. Ce film marquera sa seconde et dernière collaboration avec le réalisateur Howard Hawks, avec lequel elle avait tourné l’année précédente dans « Chérie je me sens rajeunir » aux côtés de Cary Grant. A noter qu’étant peu à l’aise pour tourner les scènes chorégraphiées, Hawks laissa le soin au célèbre chorégraphe Jack Cole de tourner ces passages.

« Une femme qui passerait son temps à manquer d’argent, quand aurait-elle le temps d’aimer ? Pour être heureuse, il faut cesser de s’amuser »

Classique parmi les classiques, « Les hommes préfèrent les blondes » est l’une de ces comédies américaines si légères des années 40-50. A mi-chemin entre la comédie classique et la comédie musicale (5 chansons seulement mais les passages musicaux représentent quand même un bon tiers du film), Hawks nous surprend par son sujet – le sexe et le pouvoir – traité avec une réelle modernité pour l’époque, et dont la tonalité fait de l’ensemble une grosse satire sociale et de mœurs de l’Amérique puritaine. Cela est d’autant plus fort que les deux actrices et leur rapport avec la gente masculine sont constamment empreints d’une forte sexualité. Avec une infinie légèreté, tant dans les mots que dans les situations cocasses, il tisse ainsi un récit finalement assez simple, où tout l’humour et l’efficacité repose sur l’opposition et la complémentarité des deux protagonistes principales, qui rivalisent de séduction et de talent notamment dans les magnifiques scènes chantées et chorégraphiées, dont la plupart des chansons sont depuis devenues cultes. Tout juste pourra-t-on reprocher au réalisateur un parti pris un peu machiste, atténué par le côté caricatural et pas avantagé des personnages masculins (le vieux beau riche un brin pervers, le riche héritier franchement benêt). Mais encore une fois, l’intelligence du propos et la légèreté du ton confèrent à cette petite comédie le charme pétillant d’une bulle de Champagne.

« Etre riche pour un homme, c’est comme être belle pour une femme. On n’épouse pas une fille pour sa seule beauté. Mais ça aide »

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 D’autant que Hawks, avec toute sa classe et son intelligence, a la bonne idée de mettre en scène son film à la manière d’une comédie musicale de théâtre. Cela se sent tant dans les chorégraphies (pleines de figurants et avec une manière d’occuper l’espace propre à la scène), que dans le côté burlesque de la chose (mimiques, jeu exagéré façon vaudeville). Age d’or des studios oblige, on notera également le soin formidable apporté à la lumière, aux costumes, et à la photographie (formidable Technicolor), qui donnent toute sa dimension classieuse au film. Mais celui-ci ne serait rien sans ses interprètes. A commencer par la pétillante Jane Russell, formidable de charme, aussi à l’aise dans les parties chantées que dans le registre de l’humour. Tantôt séductrice sûre d’elle tantôt fragile, elle est la véritable star du film. Avec pour couronner le tout une excellente scène où elle parodie de manière jouissive Marilyn Monroe. Cette dernière se montre également plutôt à son avantage même si elle semble moins à l’aise que sa partenaire. A sa décharge, ce rôle de blonde nunuche n’est pas si facile à tenir et lui aura probablement collé un peu trop à la peau. Côté masculin, on retiendra la prestation délirante du grand Charles Coburn, ainsi que celle de Tommy Noonan, sorte de nerd avant l’heure, plus que celle du trop lisse Elliott Reid. Pour conclure, « Les hommes préfèrent les blondes » est une réjouissante petite comédie musicale. Jamais prétentieuse, d’une belle légèreté, elle s’avère cependant beaucoup plus fine et intelligente que ce qu’elle veut bien laisser croire. Portée par un duo d’actrices épatant, le film ravira tous les nostalgiques de l’âge d’or hollywoodien et des beaux films en Technicolor. Un très bon film, à défaut d’être un chef d’œuvre.

  



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VincentLesageCritique 06/05/2008 11:19

Le classique des classiques ! Superbe !

(et encore Bravo pour le ? Mystère, c'était bien Jérémie Rénier ! Tu as encore le droit à un spitch :D )

Bob Morane 05/05/2008 08:12

Je l'ai vu il y a très longtemps, et il est vrai qu'il m'en reste encore beaucoup de légèreté. j'avais adoréle jeu subtile des actrices et les décors. A revoir donc au plus vite.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!